Ce week-end (enfin, depuis jeudi déjà), j’étais aux Imaginales à Epinal avec Célia (voir son compte rendu aussi pour la complémentarité) et Anne, une autre amie qui nous a rejoins là-bas ! J’attendais avec impatience ces quatre jours pour pouvoir profiter pleinement de ce festival dédié aux littératures de l’imaginaire.
Pour expliquer un petit peu, il s’agit avant tout d’un ensemble de petites conférences sur des thèmes variés qui permettent de rencontrer des auteurs et d’entendre parler de leurs œuvres (on peut ensuite aller les acheter et se les faire dédicacer). Pour vous faire une idée de la programmation, vous pouvez aller là.
J’avoue être une grande fan de ce genre de conférences ! Sans doute que ça me rappelle la fac, sans l’obligation de prendre des notes avec le partiel à la fin. Du coup, j’ai assisté à pas mal d’entre elles.
Petit compte rendu :
Le jeudi :
- 16h : Histoire de filles
Cette conférence avait pour but de parler de l’écriture au féminin et des personnages féminins en général. Je n’ai personnellement rien appris de vraiment nouveau (pour certaines c’est plus dur d’écrire des femmes et pour d’autres non et ça n’a pas véritablement d’explication rationnelle), mais j’ai été séduite par la personnalité et la présentation du roman de Maïa Mazaurette (son blog qui parle plus de choses liées au sexe et à l’érotisme que de fantasy et de science-fiction, mais qui reste très intéressant) que je compte bien lire (Dehors, les chiens, les infidèles).
- 17h : Il était une fois une autre galaxie, la science fiction, fait-elle toujours rêver
L’avenir de la science-fiction aujourd’hui. Déjà nettement plus intéressant pour moi. Je ne suis pas spécialement au fait de l’histoire de la SF et cette conférence m’a appris des choses. Le débat sur qu’est-ce qui fait rêver en SF entre les auteurs (entre autre Pierre Bordage, qui est un très bon orateur) était facile à suivre et à soulevé des questions cruciales pour le renouveau du genre. Affaire à suivre ?
- 18h : Nations, communautés, tribus et castes
Découverte de l’auteur : David Anthony Durham et de son livre Acacia (son blog ) ! Je ne l’ai pas acheté, mais je compte bien le lire dans un futur plus ou moins proche. Sinon, la conférence en elle-même m’a fait réfléchir sur ma propre écriture (oué, des fois j’écris) et j’ai maintenant un nouveau clan et cinq nouveaux personnages… Wouhou !
Le vendredi
- 10h : Les maîtres de la peur
Découverte de Sire Cédric. Alors, oui, j’avoue, j’avais de gros à-priori à cause de son look (son site officiel) et du personnage en lui-même. Mais, je dois avouer avoir été très agréablement surprise. C’est un bon orateur, très humble et accessible et très intelligent dans son discours (il a beaucoup de références et sait être cohérent). Il refuse les étiquettes et sait très bien se vendre. Je n’ai pas lu ce qu’il écrit, donc je ne peux pour l’instant pas juger, mais dans un sens, je trouve que c’est déjà un bel exploit de sa part de m’avoir donné envie d’essayer.
- 11h : L’imaginaire européen
Découverte de deux auteurs pour moi totalement inconnus ! Adriana Lorusso et Andrzej Sapowski.
La première est d’origine italienne, mais parfaitement francophone. Célia a acheté le premier tome de son roman Ta-Shima présenté aux Imaginales, qui est un space Opéra. Très accessible aussi et vraiment très gentille avec nous lorsque nous sommes allée la voir. Je ne l’ai pas encore lue, mais je fais relativement confiance aux goûts de Célia et vu comme elle était plongée dedans… j’ai peu de doutes sur la qualité du roman.
Le second est polonais et c’est un spectacle vivant à lui tout seul. Plein d’humour et de franchise, c’est le premier dans ce festival à m’avoir fait franchement rire. Il a parlé de ses expériences et de son vécu d’écrivain avec une sincérité sans doute tintée d’exagération qui mettait du baume au cœur. Il m’a donné envie d’acheter au moins un de ses recueils de nouvelles alors que je ne suis plus trop dans une période fantasy.
14h : Rencontre avec Andrzej Sapkowski
Encore plus drôle et très agréable ! Chapeau d’ailleurs au traducteur !
15h : A ne pas mettre entre toutes les mains : quand l’imaginaire bouscule
Les livres qui choquent et les auteurs qui cherchent (ou non) à choquer, ce qui leur pose parfois des problèmes. Bien sûr, Ayerdhal était là ce qui a rendu tout de suite la conférence très vivante.
18h : Comment se faire éditer
Sans doute intéressant pour de jeunes auteurs ne connaissant rien du monde de l’édition. Je n’ai par contre rien appris de neuf et sommes toute c’est resté relativement déprimant (mais bon, on le savait que se faire éditer c’était une sorte de chemin de croix).
21h : Slowing Apocalypse : Un hommage musical à J.G Ballard.
Quand on connait l’œuvre de Ballard (Crash, L’Empire du soleil, Millenium People…) ne serait que parce qu’on en a entendu parler, on sait qu’un spectacle qui lui est dédié ne pourra qu’être un peu particulier. Ce fut le cas, mais en tant que novice à l’univers, j’ai trouvé le tout très accessible mine de rien et vraiment bien fichu. Une vraie performance pour les musiciens et la personne lisant les textes.
Ah et puis, ça m’a convaincu qu’il fallait que je vois Alien aussi.
Samedi
10h : Tous les sorciers ne s’appellent pas Harry
Là non plus, rien de vraiment neuf, à part que j’ai vraiment envie de lire Acacia de Dhuram.
11h : 1984 : George Orwell a 60 ans
Sachant que 1984 est un de mes livres cultes, il fallait que j’y aille. Il y a bien sûr eu des parallèles avec l’actualité (Hadopi ? Qui a dit Hadopi ?) et des débats très intéressants autour de l’actualité de l’œuvre justement.
15h : Leur toute première fois, lorsqu’un éditeur leur a dit oui !
Bien plus intéressante que la conférence sur se faire éditer ! Enfin du ressenti d’auteurs et des expériences personnelles ! Enfin un peu d’espoir au bout du tunnel ! J’ai aussi particulièrement apprécié qu’il y ait une illustratrice présente lors de cette table et qu’elle partage son vécu un peu différent de celui des romanciers.
Et, comme le dit si bien Jean-Claude Dunyach, les premières fois, sont rarement les meilleurs, ce sont celles qui suivent qui comptent !
16h : Salut les monstres
Une conférence qui m’aura fait acheter mon premier livre : une anthologie sur le thème de l’Identité (et y a un texte d’Orson Scott Card dedans, alors aussi, forcément…). C’est le texte de Sylvie Miller lu en partie pour nous qui m’a décidé. Une histoire pleine d’humour, mais aussi d’une réalité qui n’a rien de drôle. Finalement, comme cela a été dit et répété, nous sommes tous le monstre de quelqu’un.
17h : Utopod
Utopod est une initiative originale qui m’a beaucoup plu et beaucoup inspirée pendant ces Imaginales (to be continued). Il s’agit d’un podcast gratuit auquel on peut s’abonner pour entendre des textes d’auteurs publiés lus et mis en scène vocalement.
J’adore et admire le concept !
Et je le recommande chaudement !
18h : L’histoire, c’est du sang et des larmes
Là, je commençais à fatiguer sévèrement, mais j’ai un petit faible pour les romans utilisant l’histoire ou des faits historiques. J’ai donc résisté à l’envie de m’endormir sur ma chaise. Au final, je n’ai retenu que l’analyse sur le choix de la langue d’écriture en fonction de l’époque du roman. Une des auteurs (je n’ai pas retenu son nom) a ainsi écrit tout son récit en vieux français retravaillé… Je ne pense pas lire son livre, mais je salue l’effort !
21h : Farenheit 451 : Spectacle théâtral d’après Ray Bradbury
Une adaptation d’un de mes livres cultes ! Forcément, je me devais d’y aller ! Je voulais absolument voir ce que cela pouvait donner et je n’ai pas été déçue. Bien entendu, tout n’était pas parfait, mais le texte était bien rendu et j’ai maintenant très très envie de relire le livre !
Dimanche
11h : Et Dieu dans tout ça ? Foi, (in)tolérance et fanatisme
Très très interessant, surtout si comme moi le sujet vous fascine ! La place de Dieu et des croyances dans la fantasy et dans la SF est très importante et entendre les auteurs s’exprimer la dessus m’a littéralement captivée. D’ailleurs, j’ai acheté deux livres en sortant de la conférence ! (dont un de Pierre Bordage qui m’a fait une très gentille dédicace).
15h : L’imaginaire c’est aussi la BD
Alors, forcément, une conférence où il y a Boulet, on y va ! Très chouettes interprétations sur le rôle de l’image et de la représentation graphique !
16h : Le grand retour des anthologies
Je n’avais pas prévu de faire celle là, mais finalement, j’avais la flemme de bouger mes fesses pour aller faire un tour du côté des mythologies. Et bien, en fait, ce fut une des conférences les plus instructives en matière de fonctionnement et de mécanismes de l’édition.
Quelques 19 conférences en quatre jours… Autant vous dire que mon cerveau en bouillonne encore ! Et d’ailleurs, il en ressortira sûrement quelque chose !
Ceci dit, même si ça a l’air difficile à croire comme ça, j’ai aussi fait d’autres choses ! Si, si. J’ai entre autre récupéré une dédicace très très jolie de Boulet, mais surtout, j’ai rencontré les gens de CoCyclics, ce qui fut non seulement très sympathique, mais aussi instructif !
Tout d’abord, qu’est ce que c’est que CoCyclics ? Et bien, c’est un forum de beta-lecture de SF/Fantasy/Fantastique qui est tenu et animé par tous ses membres. Il existe depuis 3 ans maintenant je crois et fait vraiment un travail formidable, si bien que l’action combinée de toutes ces personnes permet non seulement de rendre les textes meilleurs, mais est en train également de devenir un gage de qualité dans le milieu de l’édition. Bien sûr, ça n’en est qu’aux débuts, mais quels débuts prometteurs !
Bref, un festival très forts en tout point de vus ! Vivement l’année prochaine qu’on y retourne !