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Comme vous l’avez sûrement remarqué, je n’ai pas beaucoup posté ici ces derniers temps. Je cumulais malheureusement une période d’examens assez intense avec en plus une préparation au concours d’assistant des bibliothèques qui a eu lieu mardi 22 janvier.
Qu’est ce qu’un assistant des bibliothèques?
Selon le Ministère de l’Education Nationale on peut le définir comme suit :
Les assistants des bibliothèques exercent leurs fonctions dans les services techniques et les bibliothèques relevant du ministère chargé de l’enseignement supérieur ou d’autres départements ministériels.
Les assistants des bibliothèques effectuent des tâches de caractère technique dans le domaine du traitement documentaire des collections ainsi que dans celui de leur gestion.
Ils peuvent en outre être chargés de la gestion des magasins, des lieux accessibles au public et des matériels, notamment des matériels d’accès à l’information. Ils ont vocation à encadrer les personnels chargés du magasinage. Ils participent à l’accueil, à l’information, ainsi qu’à la formation du public. Ils peuvent se voir confier des fonctions touchant à la sécurité des personnes, des locaux et des collections.
De biens belles phrases pour dire simplement en gros qu’assistant des bibliothèques est ce que le commun des mortels associe à la fonction de bibliothécaire.

Le concours se composait d’un questionnaire et d’une note de service accompagnée d’un planning.
Si le questionnaire était lui tout à fait faisable dans le cadre de ma formation (même si j’avoue avoir séché sur “archives ouvertes”), la note était elle plus compliquée. Je n’en avais pour ma part jamais vraiment fait bien que j’ai pu m’y entrainer par moi-même. Cela diffère de l’exercice de la note de synthèse vu qu’il faut y injecter des connaissances personnelles pratiques (argh…) et que, disons le franchement, les documents qui l’accompagnent sont plus là pour faire joli qu’autre chose.

Ceci dit, je ne suis pas mécontente de moi. Pour une première fois, je me suis bien débrouillée à priori. Je doute que cela suffise vu qu’il n’y a que 9 postes de disponibles et que nous étions quelques 4000 candidats mais l’important c’est d’essayer n’est-ce pas ?
Les résultats sont dans quelques mois et en attendant et bien il ne reste plus qu’à réviser pour Bibliothécaire de catégorie A et Conservateur!

A force de tous les passer, je vais bien finir par en avoir un, non ?

C’est quand on se rend compte qu’on est en train d’essayer de cataloguer une crême vanille et que ça nous fait bien rire intérieurement qu’on sait qu’on est atteind par : l’humour du bibliothécaire de base.
Il n’y a pas à avoir honte, il n’est pas pire que celui des chirurgiens, des ouvriers du bâtiment, des profs ou de n’importe quelle autre profession. Il est tout aussi obscure par contre.

Pour un peu il donnerait presque l’impression d’appartenir à une communauté à part ; des privilégiés en quelque sorte. Et puis bon, ça fait du bien aussi de rire de temps en temps.

Voici un petit lien vers un de ces blog “pour rire” sur le sujet.
Couv.Ill.en coul. (celui qui n’a jamais rédigé de notice ISBD manuellement ne peut pas comprendre la saveur de ce titre)
le blog BIBLIOTHECO(no)MIQUE de Melvil Dewey et Jean-Philippe Rameau
Quand on connait un petit peu le milieu c’est jouissif. :)

La bibliothèque de Mériadeck de Bordeaux (la très grande pour ceux qui ne situeraient pas) organise plusieurs conférences sur le thème de la censure en bibliothèque et a invité plus ou moins dans ce cadre l’écrivain Pascal Quignard jeudi dernier pour promouvoir son dernier livre La nuit sexuelle.

J’y suis allée sur les recommandations de plusieurs de mes professeurs (je ne connaissais pas du tout Pascal Quignard avant) et j’ai trouvé son intervention très interessante.
Son livre porte sur l’image originelle de la conception qui selon lui manquerait à notre âme et y créerait une part de nuit dont souvent nous n’avons pas conscience. Il a ainsi regroupé des peintures/estampes/dessins dites “indécents” traduisant cette part de nuit présente dans chaque individu. Chaque pièce est accompagné d’un texte original ou du commentaire d’un texte classique (les peintures que nous avons vu représentaient souvent des scènes de la mythologie qu’Ovide a relaté dans les Métamophoses).

Je vous remets ici son petit texte d’introduction.
Quand on sonde le fond de son coeur dans le silence de la nuit on a honte de l’indigence des images que nous nous sommes formées sur la joie. Je n’étais pas là la nuit oùj’ai été conçu. Une image manque dans l’âme. On appelle cette image qui manque ‘l’ origine’. Nous cherchons cette image inexistante derrière tout ce qu’on voit. Je cherche à faire un pas de plus vers la source de l’effroi que les hommes ressentent quand ils songent à ce qu’ils furent avant que leur corps projette une ombre dans ce monde. Si derrière la fascination, il y a l’image qui manque, derrière l’image qui manque, il y a encore quelque chose : la nuit’. (source : Evene)

Sur un thème proche, la BNF organise du 04/12 au 02/03 une exposition intitulée : L’Enfer de la bibliothèque, éros au secret. (interdite aux moins de 16 ans)
extrait de la page concernée : Pour le grand public contemporain, l’Enfer de la Bibliothèque s’entend comme une légende, un fantasme, le territoire majeur de l’interdit qui alimente en retour toutes les curiosités. Mais l’écart est grand entre ce mythe et la réalité. Aussi l’ambition de l’exposition que la BnF consacre à cette part obscure de ses collections consiste-t-elle à lever le voile sur la vérité de l’Enfer. Il convient d’abord de retracer l’histoire, pleine de surprises, de la constitution de ce lieu abstrait, mental – une « cote », un numéro de classement qui le désigne à la consultation « réservée » – où sont rassemblés textes et images réputés contraires aux bonnes mœurs. L’exposition propose un double parcours. L’un concerne l’histoire : comment l’Enfer s’est-il constitué au département des Imprimés et au département des Estampes ? Comment a-t-il évolué ? Le second propose une déambulation à travers le contenu de l’Enfer : quels sont les livres, les documents, les images que l’on a classés là ? Ces parcours à travers la littérature telle qu’elle n’est pas enseignée vont à la rencontre d’un monde imaginaire où les personnages obéissent à toutes les fantaisies du désir, où l’excès de la parole devient pamphlétaire et le discours politique, pornographique.

Comme je serai à Paris en janvier pour passer le concours de catégorie B, j’irai certainement y faire un tour. (vous pourrez lire mon compte rendu ici.)

A partir de maintenant le concours de conservateur sera basé sur une programme.
Les épreuves d’amissibilités :
- une dissertation portant sur un programme (5h *avant c’était 3 je crois)
- une note de synthèse (4h)

Les épreuves d’admission : (extrait du site de l’enssib)

  • Épreuve de langue. L’épreuve se déroule en deux parties.
    La première partie consiste en la traduction écrite en français d’un texte en langue vivante étrangère ou d’un texte en langue ancienne (2h)
  • La deuxième partie consiste en la traduction orale en français d’un texte court en langue vivante étrangère. Cette langue doit être différente de celle qui a été choisie pour la première partie de l’épreuve. L’utilisation d’un dictionnaire unilingue est autorisé pour la préparation. (30mn)
  • Conversation avec le jury sur une question de culture générale
  • Entretien avec le jury sur la motivation professionnelle

Le programme dont il est question :

  • Culture et société depuis le 19ème siècle en europe

Les grandes évolutions de la société.
Les courants littéraires, philosophiques, et artistiques.
Les transformations techniques et esthétiques des moyens d’expression audiovisuels.
Notions sur les principales théories économiques.
L’évolution des sciences et des techniques.
L’éducation. École et société : les défis de l’enseignement de masse. Famille, école et société aujourd’hui. L’enseignement supérieur et la recherche.
Économie, sociologie et droit de la culture.

  • La France dans le monde contemporain

La France dans le monde contemporain. Évolution politique, économique et sociale du monde depuis la révolution industrielle.
Équilibres géostratégiques et conflits.
Formes et développements de la démocratie dans le monde : socialisme et société. Les expériences totalitaires. Colonisation et décolonisation.
Les Institutions internationales spécialisées. Les différents aspects de la mondialisation

  • Organisations politiques et territoriales

L’Union européenne. Les institutions. Étapes de la construction européenne : aspects institutionnels de l’Union économique et monétaire. Le fonctionnement et les processus décisionnels. Les politiques communes.
Le régime politique français. L’État La constitution. Les collectivités territoriales.
Fonction publique d’État, fonction publique territoriale, fonction publique hospitalière. Statut général des fonctionnaires de l’État.
Administrations centrales et services à compétence nationale, services déconcentrés, les établissements publics. Administration et ressources des collectivités territoriales.
Politique régionale et aménagement du territoire.
La libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux.
L’administration et les nouveaux types de relations avec les administrés

… autant pour ceux qui pensent que devenir bibliothécaire/conservateur est facile et à la portée du premier venu.
(ceci est un concours type science po’ pour référence).

Si vous me connaissez un peu, vous savez sûrement que je n’aime pas trop m’engager politiquement ou en tout cas pas prendre parti publiquement. Je préfère garder mes opinons pour moi, ça m’évite de me prendre la tête avec la moitié du pays et puis de toute façon, je pense que ce genre de choses ne regarde que les intéressés.
J’ai une sainte horreur des discussions portant sur la politique tout simplement parce que ça débouche le plus souvent sur des conflits et que plus la discussion se poursuit plus les opinions se tranchent et s’extrêmisent. Chacun campe sur ses positions et rare sont ceux qui acceptent de se remettre en question.
Ca m’énerve. Je n’aime pas les extrêmes, qu’ils soient de droite comme de gauche. Je suis pacifiste et adepte des compromis (certains diront que c’est de la mollesse ; je ne suis pas d’accord, j’appelle ça être raisonnable), parce que, c’est bien beau de râler sur tout et sur rien, mais en attendant des propositions de solutions, on en voit pas souvent.

Bref, tout ça pour dire que je déteste les Assemblés Générales, parce que c’est un cumul de tout ce que je n’aime pas. Cependant, je n’en loupe pas une seule tout simplement pour pouvoir voter et que les gens qui ne se bougent pas les fesses pour aller en AG et râlent après ça me met hors de moi. Donc, quand il faut, oui, je prends parti. D’ailleurs j’ai des opinions assez tranchées et ça en étonne souvent plus d’un.

Revenons-en aux facs et aux blocages ayant lieu actuellement.
Je suis résolument contre le blocage. Je trouve que ces dernières années on utilise un peu toutes les raisons possibles et inimaginables pour bloquer. Régulièrement ça finit avec de la casse et ça décrédibilise souvent certains mouvements étudiants. De plus, je ne pense pas que ça soit réellement une solution. Les bloqueurs disent que c’est leur seul moyen de faire la grève sans être pénalisés. L’argument est un peu faible. Dans le service public, quand on fait grève, on perd une journée de salaire et jamais, au grand jamais on ne force les autres à faire grève s’ils n’ont pas envie. Et bien ici, si on fait grève, on perd une journée de cours, c’est une question de choix et de priorités et chacun devrait être libre de faire ce choix sans qu’on nous l’impose.
Après, chacun a des arguments et il y en a des recevables et des moins recevables des deux côtés. Il ne doit pas y avoir de solution miracle de toute façon.

Ceci dit, au début, je soutenais le mouvement étudiant. Le blocage m’ennuyait, mais comme il avait été décidé « démocratiquement » en AG, je n’ai pas trop râlé.
J’ai lu la loi Pecresse (24 pages qu’on trouve facilement sur le net), quelques articles la commentant (dans des journaux de droite comme de gauche), ainsi que tous les tracts étudiants possibles dont on nous bombarde avant de prendre position contre la loi ou plutôt certains points la composant.
Le désengagement de l’Etat parce qu’il n’a pas assez de moyens me laisse pensive. L’Etat a des sous, simplement les facs ne sont pas sa priorité (mais augmenter le salaire du Président de 170% par contre…), pas plus que la condition plus que précaire de certains étudiants.
Ensuite pour ce qui est d’introduire des entreprises dans le financement général et bien, c’est une solution comme une autre, mais elle risque fortement de favoriser les sciences « dures ». On peut donc se demander ce que vont devenir les facs de lettre, philo, art etc… La France est connue pour son penchant pour les sciences dures, il n’y a qu’à voir à l’échelle du lycée combien est mise en avant la filière scientifique « qui mène à tout ». Les sciences molles ne sont vues que comme des usines à intellectuels précaires. Ce qui est une vision très simpliste. La culture est indispensable. Même si beaucoup n’en voient pas l’utilité, nous avons besoin de philosophes, de lettrés et d’artistes et OUI, ce sont de vrais métiers et il doit pouvoir être possible de les exercer et de faire les études y menant.
Cependant, je ne pense pas qu’introduire les entreprises en université soit totalement une mauvaise chose, si c’est fait correctement et que c’est encadré par l’Etat. Il FAUT professionnaliser les facs, c’est une nécessité. J’ai fait une licence de lettre et, laissez moi vous dire qu’avec ça en poche, c’est très très dur de trouver du travail ou même un stage dans votre domaine. Si les entreprises mettent un pied dans les universités, ça permettra aux étudiants de sortir de leur cocon intellectuel protecteur pour se former sur le terrain et ça permettra également de voir que NON les étudiants de facs ne sont pas que des glandeurs, mais qu’ils peuvent être compétents.

Donc, pour résumer, je suis contre la loi en l’état actuel des choses, mais je pourrais être pour si elle était modifiée.
Je suis donc allée manifester lors de la journée nationale (la toute première manifestation où il y avait étudiants, fonctionnaires et cheminots) parce que même si je n’étais pas d’accord avec certaines choses demandées par les étudiants, je voulais montrer mon soutien et également manifester contre le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite dans des domaines comme la santé ou l’éducation et les bibliothèques ! Zut, moi je compte sur les départs en retraite pour trouver du boulot ! et la stigmatisation des fonctionnaires justement (non, ce n’est pas parce qu’on est fonctionnaire qu’on ne fait rien et que ce n’est pas difficile !! Allez faire Aide-soignante pendant une semaine, on verra si vous revenez après avec ce discours.).
Par contre, le discours des étudiants se radicalisant de plus en plus, je n’ai pas été aux manifestations uniquement étudiantes même si j’ai continué à assister aux AG.

J’ai ainsi pu constater que plus le mouvement se prolonge moins l’AG est « démocratique ». Ca ressemble de plus en plus à de la propagande, les discours sont simplistes et, visiblement les ¾ des gens n’ont même pas lu la loi, ce qui est quand même lamentable. Les votes sont mal comptés, certaines personnes sont interrompues… bref, ça devient de plus en plus n’importe quoi.

Le pompon a été décroché lors de la dernière AG à laquelle j’ai assistée où c’est vraiment parti en sucette de façon affligeante.
Tout d’abord, un jeune homme est venu présenter les résultats obtenus par l’UNEF lors de leur entretien avec Valérie Pecresse. L’UNEF a obtenu des garanties sur quasiment tous les points de la loi portants à controverse. Alors, je ne suis pas spécialement copine avec l’UNEF (en général c’est même plutôt le contraire) mais pour l’instant ce sont les seuls qui ont apporté des solutions concrètes. Parce que c’est bien joli de vouloir l’abrogation sans concessions, mais ça ne va pas changer l’état des facs qui sont au plus mal actuellement. Le jeune homme s’est fait littéralement huer par toute une partie de l’assemblée, sous prétexte que l’UNEF n’a rien à voir avec ça et qu’on ne fait pas de concession, que c’est tout ou rien, que l’UNEF c’est des traîtres etc… Je suis restée sans voix. J’ai trouvé ça d’un puéril…
Ensuite, il a été question d’ouvrir les revendications à d’autres sujets. Evidement, les sujets présentés étaient importants et touchaient certaines cordes sensibles toutes prêtes à réagir. Cependant, rien de pire pour décrédibiliser une revendication que de lui en rajouter d’autres sur le dos. Ca commence par de petites choses et ça finit comme il y a deux ans lors du CPE où le débat portait 5mn sur le dit CPE et continuait avec la faim dans le monde, les ours polaires, les sans-papiers et la construction d’un potager à la place du parking en face de la fac (véridique).

Donc… et bien je ne soutiens plus le mouvement étudiant. Je ne m’y reconnais plus et je le crois de toute façon destiné à se tuer lui-même.
… dommage.

http://www.ritournelles.fr/
Ritournelles est un petit festival de poésie contemporaine ayant lieu tous les ans à Bordeaux (cette année du 10 au 16 octobre). Le thème abordé était cette fois ci “la poésie contemporaine dans sa relation avec la musique, les univers sonores et multimédias”. Performances, lectures, installations, concerts étaient au menu de cette manifestation que beaucoup ont qualifié d’hybride.
Grace à l’IUT qui cherchait des étudiants pour interviewer certains intervenant, j’ai pu assister au festival et converser avec trois des artistes (Patrick Bouvet, Julien Blaine et Eddie Ladoire) chose que je n’aurais peut-être pas fait naturellement vu que je n’y connais presque rien en art contemporain et qu’il s’agissait là de textes/musiques loin d’être accessibles par tous.
Ce fut pourtant extrêmement instructif et j’en garde un excellent souvenir vu que certaines discussions m’ont fait m’interroger sur plusieurs sujets dont celui de mon orientation professionnelle. De plus, j’ai particuliairement aimé les livres de Patrick Bouvet que j’ai pu lire lors de toute la période de préparations des interviews.

Bon… j’avais tapé beaucoup d’autres choses sur ce festival et il se trouve que ma clef usb m’a tout avalé par je ne sais quel prodige.
D’une part c’est très frustrant et d’autre part, je ne vais pas avoir le temps durant cette semaine de stage de taper à nouveau un compte rendu complet donc je vais essayer de résumer en une ou deux phrases la conclusion à laquelle j’étais arrivée :
“Il est important de savoir se confronter à des choses différentes de ce qui fait notre ordinaire ; on est parfois surpris de ce qu’on arrive à découvrir et à en retirer malgré la montagne d’a priori qu’on pouvait avoir au départ.”
[ce qui fait très cliché et pompeux quand on le sort des deux pages de réfléxion qui accompagnait tout ça auparavant]

“il voit
les premières lueurs de l’aube
la courbure de la Terre
il inspire
il expire
l’espace
il veut atteindre
le bien-être absolu
il va se torturer
jusqu’au coucher du soleil” (p. 11 - Client Zéro - Patrick Bouvet).

[PS] : le festival ainsi qu’une note de synthèse faite en cours m’a également fait réfléchir sur les “intellectuels” et leur rôle dans la société actuelle mais c’est encore trop frais pour que j’en tire un raisonnement au moins un peu structuré.

Les commentaires sur la note précédente ainsi qu’une discussion animée sur les bibliothèques universitaires et leur état de délabrement m’ont amené à réfléchir à tout ce qu’il reste à faire dans le petit (en fait pas si petit que ça) monde des bibliothèques.

Il y a beaucoup à faire, c’est indéniable et beaucoup d’entre nous en sont conscient. C’est vrai, que dire à l’heure de la numérisation de masse et de bibliothèque numérique européenne quand on se trouve face à une bibliothèque dont le catalogue est encore sur minitel alors qu’elle est située dans une ville de 10000 habitants ? Et ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

La formation que je suis souligne ce genre de chose et nous oblige à y réfléchir.

- Et si on ouvrait les BU la nuit comme aux Etats-Unis, en Angleterre et au Danemark ?

- Et si on ouvrait le dimanche ?

- Et si on distribuait aux premières années des fascicules leur donnant par filières les banques de données et les périodiques en ligne auxquels ils ont accès grâce à leur BU (qui paye des fortunes pour les dits-abonnements qui ne sont que peu utilisés) ?

- Et si on rendait obligatoire la formation à la recherche documentaire en BU ?

- Et si on diversifiait les taches du bibliothécaire en en faisant ainsi un médiathécaire ?

- Et si on rendait tout gratuit ?

- Et si on pouvait autoriser XX documents empruntés plutôt que seulement X et pour une durée plus longue ?

- Et si on rendait possible dans tous les établissements la réservation et la prolongation par mail ?

- Et si on organisait plus d’animations ?

- Et si on améliorait la communication (désastreuse) autour des évènements pour attirer plus de monde ?

- Et si on développait tel réseau pour donner accès aux documents à tel public ?

- Et si…

Les idées ne manquent pas et elles sont quasi toutes bonnes et appliquées ailleurs ou dans certains grands établissements.

Cependant pour que de telles améliorations soient possibles cela demande des moyens matériels et humains. C’est justement là que le bas blesse. Cette année encore le budget alloué aux BU a baissé de plusieurs millions. Au régime sec les BU.

Ensuite, il est question de ne pas remplacer les bibliothécaires partant à la retraite. Personnellement je trouve du coup difficile le renouvellement et la modernisation des structures. La moyenne d’âge des bibliothécaires était de 47 ans en 2004 je crois… Et, sans faire de généralités, mais pour y avoir assisté en tant ne serait ce qu’usager, je peux vous dire que beaucoup de bibliothécaires de petits établissements et atteignant un certain âge se désintéressent de l’informatisation et des efforts à faire dans certains domaines. Certains même ne voient pas plus loin que le livre et n’ont pas l’envie ou le courage d’aller argumenter auprès de leur élu pour réclamer plus de moyens et rendre leur établissement plus attractif (alors que c’est ce qu’il faudrait faire en ce moment ! Avec les élections, les élus sont beaucoup plus souples tout d’un coup.). Le personnel n’est souvent pas ou peu formé quand il ne s’agit pas de bénévoles sans formation du tout qui font avec les moyens du bord.

Il est vrai aussi qu’il est extrêmement facile de se perdre dans toutes les innovations technologiques qui nous tombent dessus mois après mois. A peine a-t-on compris à quoi servait un « blog » qu’on doit se pencher sur les « widgets » et autres « fils rss ». J’ai 22 ans et j’ai du mal parfois alors j’imagine ce que cela doit être pour des personnes atteignant la 50aine et n’ayant pas d’intérêt particulier pour l’informatique…

Les possibilités sont là mais il est extrêmement difficile de les mettre en œuvre même avec toute la meilleure volonté du monde car à moins d’être un gros établissement aux moyens conséquents et au personnel « tournant » (il est connu que rester dans une même bibliothèque trop longtemps est très mauvais pour la motivation et l’innovation *cf. Les Bibliothécaires face au public d’Anne Marie Bertrand*) il n’est pour l’instant pas possible de mettre tout cela en œuvre. Et même… si vous demandez à la BNF ou à la BPI on vous répondra que le budget est insuffisant. Le budget est toujours insuffisant (dixit ma professeur de Gestion).

Faut-il se plaindre après si la culture a une mauvaise image ? Elle n’a que peu de moyens de se vendre.

(Ceci dit et pour terminer sur une note positive : Nous sommes beaucoup à vouloir faire changer les choses et on observe depuis deux ou trois ans un rajeunissement du personnel de direction… A suivre.)

Tout d’abord, qu’est ce que Lire en fête ? Et bien, c’est l’équivalent de la Fête de la musique mais pour la lecture.

Le seul petit souci c’est que c’est une manifestation bien moins médiatisée et qu’elle n’atteint au final qu’un petit nombre d’individus (et c’est assez dommage selon moi). D’ailleurs, quand j’étais encore à Strasbourg, je n’en avais jamais entendu parler ce qui est tout de même étrange vu que je fréquentais assidument les bibliothèques qu’elles soient universitaires ou municipales pour préparer mes concours.

Enfin bref, toujours est-il qu’à Bordeaux, la communication s’est mieux faite (bon, il faut dire qu’être dans un IUT des métiers du livre qui distribue un programme aide aussi considérablement) et j’ai donc pu participer dans ce cadre à la « Nuit de l’écrit » au musée d’Aquitaine.

La « Nuit de l’écrit » c’est en très résumé une ballade dans le musée la nuit (entre 20h30 et minuit), le parcours étant agrémenté d’animations, de lectures et d’ateliers. Le petit groupe d’étudiants dans lequel j’étais n’a bien sûr pas pu tout voir, mais nous avons quand même déambulés jusqu’à la clôture entre les collections en nous arrêtant régulièrement quand nous n’étions pas tout simplement alpagués par les organisateurs qui nous guidaient vers certaines choses que nous ne serions peut-être pas allés voir de nous même.

Nous avons donc pu participer à un atelier de calligraphie, écouter des contes africains, voir la création d’une planche de BD en direct (sur écran géant) au rythme de tam-tam (qui se sont accordés sur une danseuse improvisée jaillissant de l’assistance), rencontrer une conservatrice qui nous a parlé des albâtres de St Michel (elles ont été volés en 1984 et personne ne s’en est aperçu pendant 10 ans) et assister à une adaptation théâtrale d’un livre sur les femmes du monde entier (Elles disent…).
C’est une des manifestations culturelles que j’ai le plus appréciée pour l’instant et le concept du musée ouvert la nuit m’a personnellement beaucoup plu ; le bâtiment et tout son contenu prennent tout de suite une autre dimension vers minuit. Le tout restant en plus très convivial et très accessible (ce qui n’est pas forcément le cas partout, mais je parlerai de Ritournelles un autre jour.)

A faire donc, un jour si vous en avez l’occasion. Je tiens d’ailleurs à dire que Lire en fête s’étale sur tout le week-end et que si vous habitez dans une grande ville, des activités sont forcément organisées.

Bienvenue sur Intercal{Air}e.
Ce blog est un blog à vocation professionnelle. Par là, j’entends qu’il parlera principalement de sujets ayant trait à ma formation de bibliothécaire/médiathécaire. Vous trouverez ici des réactions à l’actualité culturelle, des comptes rendus de manifestations, des observations, éventuellement des critiques de livres et même l’état d’avancement de mon futur mémoire.
Je tiens également à préciser que les opinions avancées ici n’engagent que moi et moi seule et que je suis bien sûre ouverte à la discussion dans les commentaires.

Pour me présenter simplement :
Prénom : Marie.
Etudes : En cours d’Année spéciale d’un DUT métiers du livre et des bibliothèques à Bordeaux (IUT Michel de Montaigne). Déjà détentrice d’une licence en lettres modernes.
Projet de mémoire : Etablir un parallèle entre le phénomène du colportage avant sa disprition au 19ème siècle et les actions des bibliothèques actuelles vers les personnes n’ayant pas accès à leur établissement.
Projet professionnel (sur le très long terme) : Développer les réseaux et partenariats entre les bibliothèques et les hôpitaux

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