Archive pour la catégorie 'stage'

De la nécessité de savoir échouer

En ce moment, je cogite beaucoup. Déjà en temps normal, j’aime particulièrement à mettre les choses en perspective et à réfléchir à leur pourquoi et à leur comment, mais en ce moment, j’y passe sans doute encore plus de temps que d’habitude. Conséquence sans aucun doute d’une période riche en évolution personnelle et en changements (aahh l’entrée dans le monde du travail et le dilemme de la fin des études).
Qui suis-je ?
Où vais-je ?
Dans quel état ère-je ?
Et, c’était quand même bien plus facile à la maternelle, pourquoi donc doit-on devenir adulte alors que c’est tellement difficile ?
etc…

Bon, j’avoue, cette dernière question existentielle est surtout motivée par le fait que dans un laps de temps relativement court je me sois fait refusée sans un seul entretien à plusieurs offres d’embauches tout en apprenant que j’avais raté un énième concours où je n’avais de toute façon que très peu de chances.

Je n’aime pas échouer. Personne n’aime échouer. Après, il y a les personnes qui savent prendre l’échec avec philosophie et celles qui le prennent à cœur plus que de raison. Jusqu’à il y a peu j’appartenais plutôt à la seconde catégorie. J’aime être bonne dans ce que je fais, j’aime faire du bon travail et qu’il soit reconnu comme tel, j’aime me sentir utile… Il m’a fallu un certain temps avant de comprendre que rater un examen ne me remettait pas forcément en cause en tant que personne, ni ne signifiait que je n’étais pas bonne dans le métier que j’ai choisi. Je me rappelle même d’une époque où une simple mauvaise note en classe me mettait dans tous mes états et me plongeait dans des abîmes de stress qui me font un peu honte aujourd’hui. Pourtant, ce n’était pas la première fois que je ratais quelque chose et certainement pas la dernière.

Apprendre à rater et à continuer, s’acharner jusqu’à y arriver, franchement, ce n’est pas facile. On a beau savoir que “Non, ce n’est pas grave.” et qu’il suffit de savoir remonter en selle, parfois on a quand même envie de tout envoyer bouler et de se rouler en boule dans une bonne couverture d’auto-apitoiement parce que bon “de toute façon, c’est l’époque qui veut ça.”, “C’est pas facile pour vous les jeunes.” etc…

Mais bon, en attendant ce n’est pas ça qui va me donner du travail ni m’empêcher de me faire du mauvais sang sur mon devenir une fois septembre venu. Du coup, je vais continuer à répondre à toutes les annonces que je vois passer, continuer à passer les concours jusqu’à ce que j’en ai un et sans doute continuer à douter de moi par la même occasion pendant un petit bout de temps.

Et puis, après tout, tous ces gens qui ne me veulent pas… et bien ils ne savent pas ce qu’ils ratent ! :p

Pour finir encore sur une note positive, j’ai fini mon dernier stage avec une très bonne appréciation et j’ai passé la 50ème page de mon mémoire ! Wouhou ! Après avoir changé 36 000 fois d’arrangements de plans et m’être posé de graves questions existencielles, genre : Quand est-ce qu’on développe les nombres et quand est ce qu’on les laisse en chiffres ??? (si vous avez une réponse…).

Gestion de crise

La Bibliothèque Universitaire des Arts où j’effectue une partie de mon stage a été inondée dans la nuit du jeudi 13 au vendredi 14 mars. Il semblerait qu’une canalisation se soit bouchée, ce qui a provoquée une grosse fuite dans les murs. La bibliothèque étant située au sous-sol du Palais Universitaire de Strasbourg (donc pas spécialement en zone inondable), ça m’a pour le moins surprise le matin d’arriver et de voir de grosses flaques ainsi que plusieurs dizaines de livres trempés.

 

Toute la partie architecture a été endommagée ce qui est une catastrophe, pour une bibliothèque aussi petite que celle-ci mais contenant tout de même des ouvrages rares et chers. Une des premières choses qu’a fait la conservatrice après avoir séparé dans un premier temps les ouvrages secs des ouvrages mouillés a été de téléphoner pour voir si l’assurance pourrait couvrir les dégâts. A ma grande surprise ça n’est pas le cas. Je n’ai pas très bien compris pourquoi, mais il semblerait que ça ait avoir avec le fait que l’Etat soit son propre assureur.

 

Nous avons donc entrepris (à 4) de sauver le maximum de livres avec les moyens du bord qui comprenaient : quatre sèche-cheveux, une chaufferette, du sopalin (a intercaler entre chaque pages) et des étudiants volontaires. Il fallait être assez rapide et efficace pour éviter que les pages ne collent entre-elles en séchant ou ne gondolent trop mais nous avons réussi à « sauver » une vingtaine d’ouvrages sur les quarante qui avaient été mouillés. Ils ont malheureusement doublé de volume mais mis sous presse devraient dégonfler rapidement.

Le reste sera racheté vraisemblablement s’il est possible de le faire.

 

J’ai eu quelques cours sur la gestion d’une inondation et on nous avait entre autre parlé d’un lyophilisateur (une grosse machine qui congèle puis assèche totalement les livres). La BNF en a un et dispose d’un service d’aide en cas de sinistre (je crois) et je me suis du coup demandée si la BNUS n’avait pas le même genre de dispositif (il faudra que je demande lors de mon stage). Ce qui est certain c’est que la BU d’Art n’avait certainement ce genre de chose à sa disposition (trop petite, pas de budget, pas « assez » de dégâts).

De toute façon, elle ne devrait pas se trouver en dessous des canalisations. C’est un non-sens… Un déménagement est prévu sur le long terme, mais en attendant, faute de moyen, elle reste là où elle est, et est en plus bien trop étroite pour envisager un réaménagement de l’espace pour protéger les livres.

 

Je suis peut-être un peu polémique mais je me demande si la même chose se serait produit d’une telle façon, s’il ne s’agissait pas d’une bibliothèque d’Art mais d’une bibliothèque de sciences dures… Parce que force est de constater qu’à Strasbourg, ces dernières possèdent un bâtiment qui leur est dédié, spacieux et certainement pas perclus de canalisations passant juste aux dessus des étagères…

Stage

Le stage que j’effectue actuellement est ma première véritable expérience en bibliothèque si on excepte le stage de 3 mois fait en bibliothèque associative l’an dernier. Je suis donc pour trois semaines en BU sur Strasbourg et la fin se rapproche déjà… J’ai pu voir pas mal de choses et faire des liens entre théorie et pratique ce qui n’est déjà franchement pas si mal, mais je n’ai pas vraiment pu faire de choses à fond, mais je suppose que ça viendra.

Ma semaine se divise entre deux bibliothèques. Je fais le début à la bibliothèque de la MISHA qui vient d’ouvrir et le reste à celle des Arts au Palais-Universitaire (sur le campus). Cela me permet d’étudier deux bibliothèques et d’apprendre plus de choses d’un seul coup, ce que je trouve très bien.

La M.I.S.H.A est la Maison des Sciences Humaines (MSH – Réseau MSH : http://www.msh-reseau.fr/ ) de Strasbourg. La bibliothèque de la M.I.S.H.A dépend du Service Inter-établissements de Coopération Documentaire de Strasbourg (résultat de la fusion des Services Communs de Documentation des trois Universités strasbourgeoises en janvier 2007 dans le cadre du projet d’Université unique) et réunit dans un même espace les collections spécialisées :

  • · de huit bibliothèques d’instituts d’histoire ancienne et d’archéologie située jusqu’à présent au Palais universitaire (histoire romaine, histoire grecque, papyrologie, art et d’archéologie de Byzance, histoire et d’archéologie de l’Orient ancien, archéologie classique, antiquités nationales, égyptologie)
  • · les fonds de l’UMR 7044 Etude des civilisations de l’Antiquité
  • · le fonds de l’UMR 7012 PRISME (Politiques, Religions, Institutions et Sociétés du Monde Européen)
  • · le fonds de l’UMR 7043 Cultures et sociétés en Europe

Je m’y occupe principalement de la réserve qui contient beaucoup de documents patrimoniaux encore dans des cartons suite au déménagement récent (septembre). J’ai ainsi pu avoir entre les mains des ouvrages très rares et très anciens (entre autre un daté de 1534), visiter le service de la numérisation ainsi que l’institut d’études scandinaves qui dispose d’une grande quantité d’ouvrages précieux, non catalogués et malheureusement mal conservé (il reste là un énorme chantier).

Cette partie de mon stage me permet d’être en contact avec le côté conservation patrimoniale de la profession alors que ma fin de semaine est plus tournée vers la gestion, le travail interne et le service public.

La Bibliothèque Universitaire des Arts de Strasbourg est une toute petite bibliothèque à tout petit budget, mais elle est très agréable et il y a une véritable relation entre étudiants et bibliothécaires qui la plupart du temps se connaissent. La conservatrice m’a expliqué cependant qu’ils observaient une baisse de la fréquentation depuis 5 ans. Le personnel essaye d’y remédier en augmentant entre autre les heures d’ouverture.

Jusqu’ici, j’ai pu faire du catalogage, de l’indexation, des acquisitions, du service public, de l’équipement et assister la conservatrice dans ses taches quotidiennes. J’ai même eu l’occasion de rencontrer un colporteur de livres d’artistes avec qui je vais garder contact bien évidement dans le cadre de mon mémoire.

J’ai aussi eu l’occasion de distribuer mon CV un peu partout ce qui disons le clairement est appréciable vu que je vais entrer sur le marché du travail en septembre !

Bref, pour l’instant tout se passe très bien, même si hier la BU d’art a été inondée et qu’il a fallu gérer la crise, mais ceci sera l’objet d’un prochain post. :)


Introduction

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Je tiens également à préciser que les opinions avancées ici n’engagent que moi et moi seule et que je suis bien sûre ouverte à la discussion dans les commentaires.

 

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