Grave question.
On me dit souvent deux choses :
-
De toute façon toi tu aimes tout.
-
Tu ne te mouilles jamais
Les premières fois ça me fait sourire et je tente de m’expliquer. Après, ça commence à m’énerver.
Pour une fois, je vais donc sortir de ma réserve et faire un vrai bon billet polémique puisque c’est ça qu’on semble me demander.
Donc : Oui, je n’aime pas critiquer les choses et oui, je suis bon public et je revendique le droit de l’être. Pour être plus claire, je ne vois pas du tout l’intérêt de dire que je n’aime pas telle ou telle chose. Je n’aime pas le faire et je ne vois pas ce que ça apporte. Au mieux mon lecteur sera d’accord avec moi, au pire ça va le vexer ou alors le décourager. Personnellement, je préfère développer ce que j’aime pour pousser les gens à aller jeter un œil que de blablater sur des trucs que je déteste.
Parce que OUI, je déteste certaines choses en littérature. Je hais Proust de toute mon âme et je ne vois pas comment un mec qui met deux pages à écrire une phrase sur des bourgeois prétentieux a pu seulement avoir du succès. Rousseau me donne la nausée et je n’approcherai pas à 20m des Bienveillantes de Littel parce que j’ai lu un passage et que ça me suffit. Je n’aime pas la Chick-litt, je trouve que ça donne une image dégradante de la femme (exception faite des Bridget Jones, allez comprendre), je n’aime pas les romans d’amour dégoulinants (mais j’aime les grandes passions et les fresques romanesques), je n’aime pas la violence gratuite, ni les policiers dépressifs, je n’aime pas les livres d’horreur 70% du temps, les bouquins d’humours ne me font pas rire, la seule vision d’un livre de philo m’endort, la sociologie me « saoule grave » pour parler jeune, une écriture trop alambiquée m’ennuie (d’ailleurs Tolkien, j’ai failli abandonner plusieurs fois) et si une couverture est moche, il y a de grandes chances pour que je dédaigne un bouquin dans une librairie. Ah et j’aime pas les romans du terroir non plus parce que je trouve qu’il ne s’y passe rien. Et ne parlons pas des mangas où plus je vieillis plus je deviens difficile.
Voilà. Maintenant, ce qui m’ennuie encore plus que tous les livres cités ci-dessus, c’est de vous en parler. Lorsque je surfe sur Internet et que j’arrive sur une page où le contenu ne m’intéresse pas et bien j’appuie sur la petite flèche retour et je continue ma route. En matière de littérature c’est pareil pour moi, quand je n’aime pas, et bien je passe et je n’y reviens pas. Je ne vois vraiment pas l’intérêt de perdre mon temps à re-préciser à qui me lira que je n’ai pas aimé quelque chose ou que je n’aime pas tel ou tel genre. Les gens qui me connaissent savent ce que j’aime et ce que je n’aime pas et Internet en général n’en a par contre rien à faire. Je ne suis pas une bonne critique et je ne veux pas le devenir, ça ne m’intéresse pas.Première chose.
Seconde chose : j’aime quasiment tout et tous les genres. Je lis plus de 40 livres par ans, je ne me limite certainement pas à un genre précis et, je peux m’enorgueillir d’avoir à peu près lu tous les genres existants et d’aimer au moins un livre y appartenant. Je lis énormément, beaucoup plus que la moyenne et peut-être même plus que la moyenne des gros lecteurs. J’en suis fière et pour ce domaine là, je ne tiens pas à faire ma modeste. Et, ceci va sans doute vous surprendre (ou pas) mais J’AIME 95% de ce que je lis. Bah oui. Je ne referme JAMAIS un livre ; je vais toujours au bout. J’aime la fantasy, la science-fiction, le réalisme, la poésie, le théâtre, les romans fleuves, les micro-nouvelles, les contes, les romans pour adultes, les livres pour enfants, les trucs classés sous « young adult », la littérature érotique, les bouquins d’Histoire, les livres de cuisine, les critiques de littérature (si je n’aime pas en faire, ça ne veut pas dire que je n’aime pas en lire), les best-sellers, les prix littéraires, les lectures dites faciles, les mangas, les BD, les comics et si vous voulez que je lise quelque chose il n’y a qu’à me dire que c’est trop difficile pour moi.
J’aime Anna Gavalda, ça me détend et ça me fait chaud au cœur. J’ai lu du Levy, j’avais 15 ans et j’ai adoré et, si j’avais lu du Musso ou Twillight à cet âge là j’aurais probablement aimé aussi. D’ailleurs, pour Twillight il est même probable qu’en le lisant maintenant je déteste certes l’héroïne et son petit copain parfait qui brille dans la nuit, mais parvienne au bout quand même parce qu’un personnage secondaire va me plaire. A côté de ça, j’ai lu et aimé sans doute plus de classiques que vous, donc je vous défie de juger mon niveau de lecture.
Je ne vois pas lorsqu’un livre est mal écrit, ou alors il faut qu’il soit vraiment très mauvais. Ca n’a donc pas d’importance pour moi. Je ne vois pas les trous de scénario et même si je les vois, je les pardonne aisément si les personnages sont bien construits. Peut-être que ça fait de moi une mauvaise lectrice, j’en sais rien et je m’en fiche. Je prends mon pieds en ouvrant chaque livre qui peut me passer entre les mains et cette notion de plaisir est pour moi extrêmement importante. Je m’en tape de savoir si le livre à de bonnes critiques ou si des gens le trouve nul, ce qui m’importe c’est ce que moi, lectrice seule avec mon livre je vais ressentir.
Bien évidement, il y a des choses que j’aime plus que d’autres, certains livres que je vais retenir et relire alors que d’autres seront des lectures en passant et finalement anecdotiques et c’est des premières que je vais parler ici, pas des secondes même si elles ont de l’importance parce qu’elles me permettent de me vider la tête. Alors ouais, je lis sûrement ce que certains appellent de la merde et bien, je le revendique. Laissez moi la lire en paix et je viendrais pas mettre mon nez dans votre exemplaire de Frederic Beigbeder (que je n’aime pas soit dit en passant) caché sous vos Essais de Montaigne (que j’ai vraiment lus, moi).
Rien ne me gonfle plus qu’une personne venant me dire : Mais tu lis ça toi ? Bah ouais, je lis ça et je vous emmerde. Du coup, forcément je ne vais pas aller critiquer les personnes qui lisent des choses du même genre. Elles aussi elles en ont marre de se voir montrées du doigt parce qu’elles lisent le dernier Gavalda et pas le dernier Goncourt (qui est chiant).
Je n’ai pas la prétention d’éduquer les gens ou de les faire mieux lire. Je vais vous dire, je bosse dans une bibliothèque de campagne et bah moi je suis déjà contente quand les gens lisent. Point barre. Et, quand une lectrice arrive au bout des Higgins Clark (j’en ai lus) et bien je la dirige vers les Elizabeth Georges et les Fred Vargas et ensuite vers les Stieg Larsson. Si une gamine de 13 ans me demande quoi lire après Harry Potter, je vais lui donner Twillight et après je la dirigerais vers les Anne Rice si ça lui a plu. Et, rien ne me rend plus heureuse qu’une lectrice qui comme aujourd’hui vient me dire que la bibliothèque l’a aidé à se remettre à la lecture. Elle avait quoi dans son cabas : du Daniel Steel, le dernier Musso et un Mary Higgins Clark. Ca fait 6 livres qu’elle va lire en un mois. Perso, je m’estime contente. Mon travaille me permet de faire lire les gens, mes chroniques ici, j’en doute ou en tout cas pas au même niveau.
Donc, oui, je suis bon public et je ne critique pas. Ca me rend peut-être sans relief et, si vous le pensez c’est que vous ne me connaissez pas. Ca fait peut-être de moi une mauvaise lectrice et d’une part je m’en tape et d’autre part, je vous défie de venir me le dire en face. MAIS, ça fait de moi une bonne professionnelle et il est incontestable que mon goût de la lecture vient du plaisir qu’elle me procure. Or, en n’étant pas difficile, j’ai sans doute beaucoup plus de facilité à prendre mon pieds que des personnes ayant un goût littéraire tranché.
En résumé, je n’ai peut-être pas de goût, mais je m’en fous.