Archive pour la catégorie 'meta'

Apportez-moi le futur sur un plateau…

… mais réfléchissez-y avant.

En ce moment sur le forum de CoCyclics, (c’est beau, c’est bien, mangez-en!) il y a pas mal de fils intéressants auxquels je participe plus ou moins activement (je lis en fait beaucoup ce qui s’y passe, mais je commente peu).

Un des récents sujets à polémique concerne un article publié par le Boston Globe (en anglais) reportant le cas d’un CDI de lycée s’étant débarrassé de tous ses livres pour y installer un centre d’apprentissage fourni en ordinateurs et en ressources électroniques (apparemment une large offre documentaire numérique téléchargeable et des TV diffusant des informations en temps réel) ainsi qu’en e-books (18) et une cafétéria.

Ce concept de bibliothèque sans livres fait scandale, mais il n’est pas nouveau pour les bibliothécaires, loin de là. Je vous livre donc ici la petite analyse que j’ai pu faire sur le forum et fruit de nombreuses lectures et discussions sur le sujet.

Pour ma part, je suis donc plutôt partagée et en faveur d’une bibliothèque hybride (proposant les deux supports ou au moins une offre diversifiée de livres à télécharger sur e-book/clef usb/support X.)

La dématérialisation du support est une réalité et il faut savoir que les bibliothèques nordiques et anglo-saxonnes ont en général toujours une longueur d’avance sur nos bibliothèques. En France, on a un attachement au support livre qui ne se retrouve pas forcément dans d’autres pays (c’est culturel) et on a toujours un peu trainé les pieds concernant le numérique, ce qui explique en partie le retard des bibliothèques dans ce domaine aujourd’hui à l’échelle mondiale. Pour nous, il est inconcevable que le contenu existe sans l’objet. Or, cette notion est en train de changer.
Ce n’est pourtant pas la première révolution en matière de support (et sûrement pas la dernière) et il y a eu les même controverses lors du passage du rouleau au codex. Et n’oublions pas l’imprimerie.
De plus, les jeunes “nés avec une souris dans la bouche et un portable dans la main” ont des habitudes de lectures maintenant différentes (là où nous avons mal à la tête eux développent une forme de résistance).

Ce lycée prend les devants et passe à l’ère du tout numérique. En soit, ce n’est pas une mauvaise idée MAIS j’émets des doutes sur sa mise en place.
- la fracture numérique et la fracture sociale sont bien présentes et ce qu’importe le pays. Tout le monde ne saura pas se servir d’un livre numérique et encore moins faire une recherche probante. Tout le monde ne possédera pas non plus un ordinateur personnel (ou même un ordinateur tout court), Internet ou une clef usb/un e-book.
Par là certains élèves seront désavantagés. Je suis donc pour le prêt de clef usb !  (et la location d’ordinateurs portables personnels par les établissements)
- la bonne utilisation d’Internet et des ressources électroniques passent par une bonne médiation des bibliothécaires/documentalistes qui ne sont pas forcément formés eux-même. Dans un lycée cette tâche est également assez ardue (les élèves n’écoutent pas, soyons francs) ce qui peut aboutir à de la désinformation (Internet, c’est bien, mais on y trouve beaucoup de conneries aussi).
- L’article ne précise pas quel sera l’offre en livres numériques fournis par le CDI (et il y a confusion en e-book contenant et e-book contenu. Ils fournissent 18 e-book en durs, mais l’offre que l’on peut ramener chez soi par d’autres moyens n’est pas évoquée en chiffres) et comme Célia, je trouve dommage de limiter un CDI à un lieu d’apprentissage pur. A voir donc.

En bref, je suis plutôt pour dans l’idée générale, mais je pense qu’elle n’a pas été assez réfléchie par l’établissement.
Il faut prêter des ordinateurs/clefs-usb et former des bibliothécaires compétents en matière d’informatique (parce qu’en France, ça craint de ce côté là ; une épreuve du concours de bibliothécaire spécialisée est quand même encore du catalogage sur FICHES !).

De l’importance de différencier l’écrivain de ses écrits et de ses personnages

Aujourd’hui, parlons un peu de la censure !
Ces deux dernières semaines, je suis tombée sur la toile sur deux commentaires anodins qui m’ont pourtant passablement énervés.
Tous deux remettaient en question l’œuvre d’Orson Scott Card à la lumière de ses convictions et de sa confession mormone.
Ceci, ajouté au débat qui avait agité, il y a quelques mois, biblio.fr (RIP) concernant Dan Simmons, dont on nous incitait à boycotter l’œuvre car il aurait tenu des propos misogynes et homophobes, m’a fait réfléchir.

On a tendance à confondre l’écrivain avec son œuvre et, si cela peut se comprendre pour le tout un chacun, les personnes travaillant dans le monde du livre n’ont aucune excuse. C’est d’ailleurs une des premières choses que l’on apprend : l’écrivain en tant que personne est à dissocier de son œuvre et de ses personnages.
Ainsi :
- Ce n’est pas parce qu’un personnage tient des propos racistes, misogynes, homophobes que l’on doit assumer que c’est l’ écrivain qui parle par sa bouche.
- Et, de même, les convictions politiques/religieuses/sociales d’un auteur ne se retrouvent pas forcément dans son œuvre.

J’insiste sur le « pas forcément ». Il arrive que cela soit le cas et, il est vrai que lorsqu’on lit Twilight par exemple, il est difficile de passer à côté des chapitres entier consacrés aux convictions mormones de Stephenie Meyer (et quand on lit ça *il faut plisser les yeux, c’est petit* ça fait même sacrément peur).
Cependant, cela reste des cas isolés (du moins je l’espère) et je veux croire en l’esprit critique du lecteur qui saura faire de lui-même la part des choses.

Je n’ai pas lu Dan Simmons, donc je ne sais pas si ses convictions douteuses se retrouvent dans son œuvre (je ne pense pas, d’après ce qu’on m’en a dit) mais j’ai par contre lu tout le cycle d’Ender d’Orson Scott Card. Je ne dis pas qu’on y retrouve pas certains thèmes (chasteté etc…) mais ils ne nous sont pas donnés en exemple ou imposés. Je suis très sensible à ce genre de choses et je n’ai jamais eu l’impression en lisant le cycle que l’auteur s’en servait pour faire de la propagande. D’ailleurs je ne savais même pas qu’il était mormon avant d’entamer le troisième volume. Pourtant, je ne cautionne pas du tout ce qu’il peut dire dans ses articles et la plupart de ses opinions affichées vont totalement à l’encontre de mes convictions, mais comme c’est un grand écrivain (ce qu’on ne peut pas lui enlever) il a su faire la part des choses, tout comme devrait en être capable le lecteur et surtout le bibliothécaire.

Cela n’a aucun sens de boycotter un ouvrage sous prétexte que son auteur est raciste/xénophobe/antisémite/homophobe/misogyne/violent/ou même juste con. Si c’était le cas, les bibliothèques verraient leur volume réduit de moitié (au moins). Prenez Céline… a t-on déjà seulement songé à le censurer ? Non. Bon. Et pourtant c’était un vrai connard si vous me passez l’expression.

De plus, peut-être suis-je biaisée mais j’ai l’impression que le problème se pose moins lorsqu’il s’agit d’acteurs ou de chanteurs… Ceci dit, le pouvoir des livres et de leurs contenus « subversif » à toujours fait peur, plus je crois que le cinéma ou la chanson.
Enfin, ça m’attriste toujours un peu qu’on ne reconnaisse le plus souvent le pouvoir de la littérature que comme subversif.

Les livres qui marquent 3/3

Passage à l’âge adulte
Bon, alors là, forcément, il y en a bien moins, vu que je suis en plein dedans (ho, ho, je fête mes 24 ans dans moins d’un mois), mais il faut bien en parler quand même !

Le métier de bibliothécaire
Ah bah oui. Ce livre a été mon livre de chevet durant des années voire carrément mon oreiller et, j’irais même jusqu’à dire que je l’ai quasiment appris par cœur. Mon exemplaire est tellement surligné et annoté de partout que je ne pourrais jamais le revendre, même si je le voulais.
Je pense de toute façon que je le garderai toute ma vie. Il a une valeur sentimentale. C’est le premier vrai bouquin sur les bibliothèques que j’ai jamais acheté et il a marqué le début de mon apprentissage du métier et de mes révisions pour les concours (je cherche d’ailleurs toujours une titularisation sympa sur un poste de bibliothécaire… Hum.).

La route (Cormac McCarty)

J’en ai déjà parlé ici et ceux qui me connaissent et m’ont entendu en parler savent que ce livre, que j’ai attendu pendant plusieurs mois, a été pour moi une véritable claque. Je ne sais plus où j’en ai entendu parler en premier… Peut-être dans Mad Movies ou sur The Best Place lorsque j’ai commencé à le suivre, mais alors où que ce soit, je leur en suis incommensurablement reconnaissante.
J’ai tout aimé de ce livre. L’écriture haché et fractionnée, haletante, qui sert magnifiquement le rythme très fort de l’histoire, la puissance de la voix des personnages, le fol espoir qui côtoie l’horreur la plus totale d’une humanité retournée à la barbarie la plus primaire… J’en suis déjà à ma seconde relecture et c’est toujours aussi fort !
Je pense donc que celui là restera longtemps dans ma liste de livres cultes.

Le cycle d’Ender (Orson Scott Card)

Mon gros gros coup de cœur de l’année 2008 ! Recommandé chaudement par Anne avec qui je partage beaucoup de préférences au niveau de la lecture, je l’ai commencé l’année dernière alors qu’elle m’accueillait gentiment chez elle en juillet ! J’ai trouvé dans ce livre – spécialement dans le premier volume – tout ce que je recherchais en science-fiction (en genre très nouveau pour moi à ce moment là ; ça l’est toujours un peu d’ailleurs). J’ai depuis lu pas mal de choses du monsieur et mon admiration pour lui n’a fait qu’augmenter et bon… je ne dirais pas non plus que je célèbre chacune de ses paroles mais… un petit peu quand même.
Je n’avais pas ressenti autant de respect et d’admiration pour un auteur depuis Patrick Süskind et Ray Bradbury ! Ce qui remonte à bien 10 ans quand même.
Fort heureusement, il m’en reste pas mal à lire de lui, donc j’ai encore de la marge avant de m’être fait son entière bibliographie.

Les livres qui marquent 2/3

Adolescence
Ha ! Ha ! Lorsque j’ai commencé à me faire un vrai goût littéraire.

Jonathan Livingston le goéland (Richard Bach)


C’est pour moi, ce que le Petit Prince est à beaucoup d’autre. Jonathan Livingston m’a appris que, même quand tout indique que quelque chose est impossible, si on le veut vraiment et qu’on se défonce assez, on finit par l’avoir. Je suis extrêmement reconnaissante à ce bouquin pour cette leçon  qui me sert toujours.
Je l’ai relu récemment et j’ai été frappé par la dimension un peu mystico-religieuse de la fin (accession à l’au delà, blablabla, le vol comme une religion etc…). Je pense être passée totalement à côté lorsque je l’ai lu pour la première fois à 12/13 ans.
Ce que j’ai retenu par contre, c’est une ligne philosophique dont je ne déroge pas encore aujourd’hui : Exigez la liberté comme un droit, soyez ce que vous voulez être.

Lola et quelques autres (Regine Deforges)

Hu. Mon premier livre érotique nostalgie. Bref, j’avais 13 ans et je venais de finir la Bicyclette bleue où et bah, y avait des passages cochons quand même (pour la gamine que j’étais en tout cas). Du coup, à la bibliothèque, je lorgnais sur les autres livres de l’auteur. Seulement voilà, en lisant le résumé, nul doute ne s’offrait à moi : c’était bien là des livres érotiques. Je voulais les prendre, mais plusieurs problèmes se posaient à moi :
Premièrement, il était impensable que mes parents le sachent (la honte quoi!)
Deuxièmement, mais comment j’allais faire passer ça devant la bibliothécaire ?!
J’ai hésité longtemps et puis, j’ai glissé ce livre là sous mon pull, j’ai rentré le ventre et j’ai quitté la médiathèque le rouge aux joues. Et là, vous êtes tous : Haaaaaannnnnn t’as volé à la médiathèque !! Et là, je réponds : NON ! J’ai toujours tout ramené et rangé consciencieusement dans les rayons ! Beaucoup d’autres ont suivi après, ce premier moment de transgression garde toujours une saveur particulière. Maintenant, quand j’achète un bouquin de ce genre, je regarde la caissière droit dans les autres et parfois nous échangeons un regard entendu.
Oh et puis, à la médiathèque, c’est moi qui les achète. La boucle est bouclée ! (maintenant j’attends l’ado qui va les cacher sous son pull aussi… je regarde toujours!)

Farenheit 451 (Ray Bradbury)

Le livre qui est à l’origine de ma vocation et de mon amour pour les mondes post-apocalyptiques. Je pense aussi que c’est bien ma première incursion dans le monde de la science-fiction/anticipation. Ce roman m’a énormément marqué et je l’ai relu plusieurs fois. Il m’a mis un tel coup de poing dans l’estomac qu’encore maintenant, à chaque fois que j’en parle, j’ai envie de le relire.

Le parfum (Patrick Süskind)

Relu également de multiples fois. Au niveau style, ce livre représente pour moi un idéal. C’est un des premiers livres où j’ai pu me dire : Wow, c’est vachement bien écrit ! Il y a de la musicalité dans les mots de Süskind, mais aussi beaucoup de sensualité et de métaphore. C’est également un grand conteur qui nous tient en haleine constante sur le fil ténu séparant le merveilleux/horrible de la réalité crue. La scène finale du livre a été un énorme choc. J’ai été incapable de réfléchir à autre chose pendant plusieurs jours après ça et il me semble qu’après ça, j’ai commencé à écrire.

La nuit des enfants rois
J’en ai déjà parlé ici il y a peu, alors je ne vais pas m’étendre de nouveau. J’ai adoré ce livre pour son histoire qui rassemblait un peu tous les thèmes que j’aime voir abordés dans un roman et même dix ans plus tard, il n’a rien perdu de sa magie.

Harry Potter (JK Rowling)

Parce que c’est le livre qui m’a donné assez envie pour que je me mette à l’anglais et m’a fait découvrir tout un monde sur Internet que je ne soupçonnais pas (les fandoms taadaaaaaaa) !
On peut dire ce qu’on veut de Rowling, de son écriture, de sa caractérisation, de son épilogue etc… mais cette femme a quand même réussi à tenir en haleine plusieurs millions de personnes, quelque soit leur âge ou leur milieu social, sur 7 volumes. Son monde se tient, ses personnages sont construits, sa langue, sans être exceptionnelle est abordable par tous et fluide.
J’ai commencé à lire Harry Potter au collège et, je me souviens bien avoir lu les 4 premiers tomes en français, en trois nuits. Après ça, j’étais bien embêtée parce qu’il fallait attendre ! Lorsque le 5 est sorti en anglais quelques mois plus tard, je l’ai acheté. J’ai mis presque un an à le lire en entier. Ce fut donc laborieux. J’ai lu le 6e volume en 3 mois et le 7e en 3 jours et ce uniquement parce que je me forçais à aller lentement.
Harry Potter m’a fait rêver et je prends toujours autant de plaisir à relire certains volumes. Parce que bon, maintenant je les ai tous en anglais bien sûr. (je me referais peut-être un marathon HP cet été d’ailleurs…)

Sang d’encre/ Contes de la fée verte/Self made man (Poppy Z. Brite)

Comme toute ado basique, j’ai eu ma période pseudo-gothique vers 15 ans. Je m’habillais en noir, je portais du vernis à ongle noir, j’écoutais Nightwish, j’apprenais Baudelaire et Rimbaud par cœur et un de mes rêves était de posséder des super boots à sangles et une jupe de style victorien. Bon, ça m’a passé, mais cette période m’a fait plongé un petit peu dans le monde de la littérature underground. J’ai trouvé ça fascinant. Je n’avais jamais lu de chose aussi décadente avant ! :D Oh, bien sûr, j’ai lu les Anne Rice, mais bizarrement, à l’époque, ça a eu moins d’impact sur moi.
Par contre, même si je possède ces livres, je ne sais pas si je les relirais. Ils ont accompagné une partie de mon adolescence et j’en conserve pour eu une affection particulière, mais j’ai peur d’être déçue à la relecture. Par contre, je me relirais bien les Anne Rice.

Les livres qui marquent 1/3

Contrairement à Célia, je n’ai été influencée par le cinéma que sur le tard. Tout simplement parce que nous n’y allions pas beaucoup et que j’ai véritablement commencé à me faire culture ciné qu’après 18/20 ans.
Petite, je me suis construite avec les livres. J’ai toujours lu plus que la moyenne et il y a plusieurs ouvrages qui ont participé à me faire devenir ce que je suis maintenant.
Comme c’est un peu long, je vais diviser ça en trois posts : enfance, adolescence, âge adulte

Enfance

Ratus et l’edelweiss/Ratus aux sports d’hivers

Comme beaucoup de monde né au milieu des années 80, j’ai appris à lire avec Ratus au CP et au CE1.
J’aimais bien ça, mais que je ne faisais pas non plus de trop gros efforts. Pour je ne sais plus quelle raison, il m’arrivait de rester après l’école avec la maîtresse dans la salle de classe. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de ça, mais je me rappelle très bien que ma place était près de la bibliothèque au fond de la classe et que si j’étais sage j’avais droit à des pâtes de fruits.
Dans les étagères, il y avait beaucoup de livres, mais je n’y prêtais pas vraiment attention, je préférais me raconter des histoires et puis, un jour, l’air de rien, la maîtresse m’a dit :
« Tu vois Marie, les livres à droite, c’est les livres pour les petits, tu peux te servir, n’hésite pas. Par contre, ceux à gauche, c’est pour les grands, c’est trop compliqué pour toi. »
Ca m’a profondément vexé. Du coup, j’ai bien évidement cherché à gauche et j’ai pris un Ratus Rouge (7/9 ans). Je l’ai lu et je me suis dit : Pfff, trop facile.
Au final, j’ai fini par lire à peu près toute la bibliothèque du fonds de la classe. C’est à ce moment là que j’ai développé mon goût de la lecture, mais aussi mon esprit de contradiction.

Les filles de Malory School (Enid Blyton)


Le livre que j’ai du relire le plus de fois dans ma jeune existence. Je pense même qu’on doit encore l’avoir à la maison au grenier.
Malory School est en fait une série de la bibliothèque rose, mais je n’ai jamais lu que le premier. En gros, c’est une sorte de club des cinq, sauf que ça se passe dans un pensionnat pour filles.  J’ai lu plus tard qu’il y avait eu toute une controverse en Amérique autour des rapports entre les jeunes filles de Malory  qui avait aboutit à ce que certaines écoles préférèrent retirer de leur étagères les Malory, les jugeant trop inclinés vers l’homo-érotisme. Ouais… enfin, j’ai pas de souvenirs précis concernant ce sujet là, mais du coup ça me donne envie de le relire pour voir ! :D
Je serais incapable de dire qu’est ce qui m’avait tant plu dans ce livre qui, somme toute, ne doit rien avoir de bien extraordinaire. Peut-être étais-je déjà sensible à l’ambiguïté des personnages ? (sujet que j’apprécie de voir traité dans les romans que je lis encore aujourd’hui). Mais, à la réflexion, je pense qu’une grosse partie de ma fascination venait du fait que chaque personnage se révélait différent de la première impression que le lecteur se faisait de lui. Il y avait un jeu de miroir assez intéressant et élaboré pour un roman pour enfant. Encore aujourd’hui, j’aime les personnages doubles et complexes. ^^ (bon, alors je ne dirais pas que Malory School, c’était très complexe non plus, mais les personnages n’avaient pas qu’une épaisseur.).
Ah et puis, il y avait une super scène de préparation de fraises à la crème qui me rappelait la comtesse de Ségur aussi (et c’est bon les fraises à la crème).

Robin des bois (Howard Pyle)

Le seul vrai Robin des bois pour moi (même si j’aime bien le dessin animé aussi.).
Robin des bois a été un de mes premiers amours littéraires. J’étais très éprise de Robin, quoi! Et je n’aimais pas Marianne, même si en fait, j’aurais bien voulu être comme elle, parce qu’elle avait super la classe ! C’est donc bien là que je me suis rendue compte, non pas que j’aimais les hommes en collant, mais que pour moi l’identification était très importante et aussi que j’avais un curieux intérêt pour les maisons suspendues dans les arbres ^^ (ça c’est retrouvé avec les Robinsons, Peter Pan et même Star Wars... d’ailleurs dans un de mes premiers écrits, il y avait des maisons dans les arbres).

Peter pan (James Matthew Barrie)

J’ai lu le livre avant de voir le dessin animé, mais après avoir vu Hook ! (et Hook, c’est bien!).
Peter Pan (le livre) m’a aidé à profiter de mon enfance, mais aussi à apréhender la notion de mort. En effet, Peter pan n’est pas seulement une œuvre sur le choix de grandir ou non, c’est aussi une histoire sur la peur de la mort (si on quitte l’enfance, on grandit, on devient adulte et on meurt). Il y aussi une très chouette thématique œdipienne Crochet/père de Wendy qui est d’ailleurs renforcée dans les adaptations par le fait que Crochet soit joué par le même acteur que le père justement.
Bref, il y a dans Peter Pan une richesse psychologique phénoménale que j’ai rarement retrouvée par la suite. J’en ai gardé un amour inconditionnel pour les figures d’enfants perdus, mais aussi une certaine fascination pour la cruauté enfantine.

Les Rouletabille :
le Mystère de la chambre jaune,  Le Parfum de la dame en noir, Rouletabille chez le tsar,  Les étranges nocves de Rouletabille et Le Crime de Rouletabille. (Gaston Leroux)


Bon, là, c’est facile, j’étais tout simplement amoureuse de Rouletabille (nan mais il est trop cool Rouletabille). Je m’identifiais très fort avec Ivana qu’il va finir par épouser ! Il a d’ailleurs avec elle une scène très jolie (et non dépourvue d’érotisme) lorsqu’il l’embrasse alors qu’ils sont enfermés dans un placard. J’avais recopié ce passage dans mon journal intime d’ailleurs !
Ceci dit, ce n’est pas mon passage préféré. Au début du second volume, on nous présente un Rouletabille enfant, qui grandit sans sa mère (il ne se rappelle que de son parfum). Il arpente les quais et récupère les oranges tombés des bateaux pour les revendre et se faire de l’argent de poche. Il ne peut jamais s’empêcher d’en manger au moins une pourtant et cette orange à toujours le goût d’un ailleurs qu’il ne peut pas atteindre et qui est donc teinté d’amertume.
Cette scène est d’une puissance phénoménale. En quelques mots, Gaston Leroux arrive à transmettre au lecteur un ensemble de sensations et de sentiments très puissants. Encore aujourd’hui, ces quelques paragraphes arrivent à me couper la respiration.
Ces romans ont été ma première incursion dans le monde des policiers et des livres à mystères ! J’ai enchainé ensuite avec tous les Agatha Christie et les Arsène Lupin. J’en garde un très bon souvenir et beaucoup d’affection pour tous les personnages.

Michel Strogoff (Jules Verne)


Mon roman préféré de Jules Verne !
J’ai beaucoup voyagé avec cet écrivain, mais jamais autant qu’avec Michel Strogoff dont j’étais bien sûre amoureuse aussi ! Et puis, ce que j’aime bien aussi avec Jules Verne, c’est que lorsqu’il écrit un roman d’aventure, il n’oublie jamais d’inclure des personnages féminins très forts et ma fois très sympathiques !
Il a aussi réussi à très bien retranscrire cette exagération et ce grandiose dans les comportements qui est typiquement russe. Lorsque je lis un roman russe, je ne peux pas m’empêcher de repenser à Michel Strogoff d’ailleurs.

Toute la série des milles ans de contes
Vous connaissez tous cette série de gros volumes remplis de contes du monde entier ! J’adorais ces livres !! Les contes n’y étaient pas édulcorés et j’ai appris beaucoup de choses grâce à ces livres et j’ai encore plaisir à lire les nouvelles éditions aujourd’hui ! (ha ha ! On en a à la bibliothèque !)

Voilà pour mon enfance ! J’aurais aussi pu vous parler des Signes de piste, du club des cinq etc… mais ils sont un peu plus accessoires. Et, c’est terrible, mais j’ai envie de tout relire !

Stephenie Meyer ou quand la romance écrase l’histoire 2/2

(SPOILERS sur tout Twilight et The Host)

3. Romance, romance, romance

Stephenie Meyer écrit avant tout des histoires d’amour. Elle le dit elle-même et je pense que quiconque ayant lu un de ses romans est capable de s’en apercevoir. Alors, je ne suis pas du tout contre la romance, au contraire, mais je préfère qu’elle s’intègre dans le récit, plutôt que ce soit ce dernier qui s’intègre dans la romance (vous me suivez). Une des meilleurs histoires d’amour (pour moi :p) jamais mis en scène est d’ailleurs celle de Han Solo et Leïa dans Star Wars !
A mon goût pour rendre une histoire d’amour vraiment puissante, il est essentiel qu’elle prenne place dans une histoire bien construite. Le problème que j’ai rencontré avec Stephenie Meyer c’est que la romance éclipse absolument tout. Dans Twilight, c’est plus qu’évident, en enlevant la romance d’Edward et Bella il ne reste pas grand chose (sauf les loup-garous qui sont une des raisons pour laquelle j’ai continué à lire après le volume 2). Dans The Host où le scénario est plus tangible, construit et important, on rencontre moins ce problème. Cependant, il ne disparaît pas totalement et il m’est arrivé plusieurs fois de penser mentalement : «Pffff, bon, vivement qu’ils finissent que l’histoire reprenne! ».
A ce défaut, s’ajoute la propension de Meyer à l’exagération. Il n’y a qu’à voir ses descriptions d’Edward pour ça (projection fantasmée, bonjour!). Elle écrit donc des histoires d’amour total, unique et absolu (avec beaucoup d’adjectifs…). Or, s’il y a bien une chose que l’on apprend en grandissant c’est que la passion brûle fort, mais se consume vite et qu’une relation fusionnelle d’interdépendance n’est pas saine pour un couple. Il était ainsi évident dès le départ que Bella ne resterait pas humaine, mais je continue profondément de regretter qu’elle n’ait pas choisi Jacob. Non pas parce que je n’aime pas Edward mais tout simplement parce que cela aurait été beaucoup plus intéressant à mon avis et surtout plus crédible. Le problème de Bella, pour moi, réside entre autre dans son aveuglement, alors que la quasi totalité des personnages essaye de lui faire voir ce qu’elle refuse de prendre en considération. Elle reproduit ici un schéma qui n’a rien d’original. Alors, oui, c’est très ado comme comportement et cela aurait pu être intéressant à traiter. Ce qui m’a bloqué, c’est que Meyer n’utilise pas ça pour traiter d’une relation qui n’a rien de sain et qui est complètement déformée par rapport à la réalité. Non, elle s’en sert pour en faire une grande Love Story qui est érigée en modèle. Je m’insurge et vous renvoie sur cette petite illustration qui aura eu le mérite de me faire bien rire.

4. Hetero-normativité quand tu nous tiens et happy end

Si le devenir de Bella (je me marie à 19 ans, je fais un bébé et j’abandonne mes études et ma famille pour rester à la maison et en compagnie de celui que j’aime) ne me convient pas du tout, la fin de The Host a été pour moi une déception encore plus vive, sans doute parce que j’avais plutôt bien aimé les ¾ du bouquin. On a en effet l’impression que le récit prône l’indépendance de la femme, le droit à la différence et l’amour en liberté. Consternation donc, lorsque après un suicide avorté (sic) l’héroïne trouve un nouveau corps (soit-disant plus adapté et où elle n’a pas eu à écraser d’hôte avant, mais qui en fait la prive d’une grosse partie de la personnalité qui me plaisait chez elle), ce qui permet de, non seulement libérer son hôte (Mélanie) qui retrouve son grand amour, mais également pour elle de concrétiser sa propre histoire avec un personnage annexe (qui n’est pas celui dont Mélanie est amoureuse, tadaaamm). Je proteste ! L’histoire était à la base très intéressante dans toute ses impossibilités pour tous les personnages, j’ai donc trouvé très dommage que tout s’arrange et que tout finisse « bien ». Je ne comprends pas cette obsession chez Stephenie Meyer à ce que tout finisse bien et surtout à ce que tous les personnages finissent heureux et en couple. Dans Twilight, elle va ainsi jusqu’à flanquer Jacob (amoureux éconduit) avec la propre gamine de Bella qui est quand même encore enfant (et je sais que c’est censé être justifié et pas malsain etc… Mais non.) !
Une histoire d’amour et même une histoire tout court peut finir mal  ! Parfois il vaut d’ailleurs mieux que ça soit le cas pour lui donner une dimension mythique (ex. Roméo et Juliette, Titanic, Moulin Rouge, Brokeback Mountain…). Dans certains cas une mort ou un élément désastreux peuvent donner une puissance inégalée à un récit et je suis vraiment persuadée que les histoires de Stephenie Meyer auraient profondément gagnées à ne pas se finir en happy end. Elle reproduit en fait le schéma du bonheur occidental « normé ». Un mariage à l’église, des enfants, une maison et puis pourquoi pas  un chien aussi. Je peux imaginer un certain nombre de fins qui m’auraient plus satisfaites.

  • Bella meurt en couche et Edward est obligé de s’occuper de l’enfant qui l’a privé de l’amour de sa vie.
  • Bella est obligée d’avorter (avec son accord ou non) et décide donc de retourner avec Jacob tout en ne pouvant se défaire de l’influence qu’à Edward sur elle.
  • Etc…

Je pense que des retournements de situations de ce style, m’auraient fait beaucoup plus apprécier une histoire que j’ai trouvé au final presque sans intérêt.
Pour The Host, c’était plus simple, il aurait fallu que l’héroïne meurt (mais pas en se suicidant comme elle le fait ! Qu’elle se fasse tuer par les siens aurait été intéressant), ça aurait fait d’elle un martyre. Ou alors qu’elle ne meurt pas mais qu’elle se réveille en se rendant compte qu’elle a tué son hôte à la place. Et vlan, le poids de la culpabilité.
Le happy end n’est pas une nécessité ! Alors, n’allez pas croire non plus que je privilégie la tragédie, pas du tout ! Mais, tout est une question de dosage et de ne pas tomber dans les extrêmes (ce que Twilight fait très bien par exemple).

Finalement, même après avoir lu les 4 volumes de Twilight et The Host, mon opinion de Stephenie Meyer et de ses romans n’a que très peu changé. Je lui reconnais certaines choses : un certain talent de conteuse qui se retrouve dans quelques chapitres précis, des idées intéressantes et parfois originales qui ne sont que peu exploitées cependant à mon goût et la capacité à happer son lecteur. Alors, on peut ne pas y avoir été sensible, mais quand on voit combien de personnes ont acheté non seulement le premier volume, mais également la suite, c’est qu’il y a forcément un petit quelque chose. Je reste cependant très déçue. Comme je l’ai dit, ses romans avaient certains ingrédients qui auraient pu me séduire et certains aspects m’ont plu malgré tout, mais trop d’incohérences, trop de  surenchère dans la romance, ainsi qu’une écriture trop faible m’ont empêché de vraiment apprécier ces lectures.
Dommage, ça aurait pu.

(et pour finir sur une note plus légère)

Stephenie Meyer ou, quand la romance écrase l’histoire (1/2)

Vous en rêviez, je le sais !
SPOILERS sur Twilight et The Host (sur tous les bouquins sans distinctions)

Alors, avant de commencer quelques petites choses :

  • – J’ai lu The Host/les âmes vagabondes en français, j’ai écouté (audiobook) et lu les Twilight en français et en anglais. J’ai également vu le film en VOST. On pourrait donc dire que j’ai vécu l’expérience Stephenie Meyer jusqu’au bout. Donc, qu’on ne vienne pas me titiller sur les erreurs de traductions ou le fait qu’il faille que je vois le film ou encore que comme je n’ai pas lu la série en entier, je ne peux pas juger.
  • – Je lis et apprécie de la littérature jeunesse et pour ados. Je dirais que ça représente à peu près 30% de mes lectures, mon âge n’a jamais joué sur mon appréciation de ces deux genres.
  • – Mais, à 13/15 ans, j’aurais adoré Twilight ! J’aurais eu les posters, collectionné les articles et écrit à Robert Patinson en tchèque si j’avais lu quelque part qu’il parlait cette langue.
  • – Je reconnais le caractère addictif de Twilight car, même s’il m’est fréquemment  arrivé de rouler des yeux, de refermer le livre de frustration, voire de rire à gorge déployée à cause de l’absurdité de certaines choses (sérieusement : « hommage marmoréen à un dieu de la beauté désormais oublié » ???), j’ai quand même lu tous les bouquins et me suis surprise à me retrouver happée par certains passages (en particulier, dans mon cas, ceux concernant les loup-garous, car on peut dire ce qu’on veut de Meyer, mais son concept des loup-garous est plutôt sympa et original).
  • – Je n’ai pas profondément détesté Twilight (sinon, je ne serais pas allée au bout) et j’ai même plutôt bien aimé The Host (à part la fin)!

Une fois cette mise au point faite, je ne me propose pas de faire vraiment une critique complète de Twilight ou de The Host, mais plutôt de m’attarder sur quelques points qui m’ont interrogé lors de ma lecture. Je ne m’attarderai donc pas sur le style que j’ai trouvé banal, voire franchement lourd à certains moments, ni sur le côté mormon, beaucoup trop prononcé à mon goût (surtout dans le 3e et 4e livres de Twilight), ou encore sur l’absence totale de scène de lit (je parle de vraie scène de lit et pas de l’ellipse qui sert de concrétisation à Edward et Bella dans le tome 4) dans des bouquins pour ados qualifiés de « sensuels » (je cherche toujours personnellement), mais plutôt sur des points de construction de l’intrigue et des personnages.

The Host/Les âmes vagabondes (résumé)
Twilight (résumé)
Pour ceux qui ne sauraient pas de quoi je parle

1. L’importance du personnage principal

J’ai préféré The Host à Twilight, principalement à cause des personnages principaux. Disons le tel quel, j’ai eu beaucoup de mal avec Bella et encore plus avec Edward.

Pour Edward, cela s’explique facilement, il est trop parfait à mon goût (mais seulement en superficie, si on creuse un peu on se rend compte qu’il est très manipulateur) et me tape sur le système. Contrairement à ce que j’ai pu lire, ses grandes déclarations enflammées et son amour débordant pour Bella, ne m’ont pas touchés du tout. Sans doute parce que je ne le trouve pas crédible et que je ne trouve pas saine l’entière dépendance dans un couple. J’avoue cependant que durant le volume 2, Edward m’a tout de même bien fait rire. Je sais que ce n’était pas écrit pour, mais… aller se suicider en se mettant au soleil pour  briller de milles feux et se révéler aux yeux du monde… excusez-moi mais : HA HA HA ! Hum. Bref, Edward m’a énervé la plupart du temps, ce qui forcément n’aide pas lorsque la quasi-totalité de l’intrigue tourne autour de sa personne.

Le cas de Bella est plus compliqué. Bella aurait pu me plaire. Dans les histoires fantastiques, j’ai une affection toute particulière pour les humains d’ailleurs. Ensuite, Bella est une ado et, par définition une ado, c’est irritant et ça ne voit pas forcément plus loin que le bout de son nez, sans parler des hormones et de l’hyper-sensibilité. C’est normal et, si vous décrivez une gamine de 17 ans comme une adulte équilibrée, il y a un problème. Je fais d’ailleurs parti de ceux qui approuvent le Harry du tome 5 d’HP, parce que bah OUI, quand on fait sa crise d’ado on se conduit exactement comme ça. Mais je digresse. Meyer a donc voulu faire de Bella une bonne ado, mais elle en a trop fait. Bella a 17 ans et se conduit comme si elle en avait 15. Après, vous me direz qu’on ne choisit pas quand est-ce qu’on acquiert un peu de maturité et donc que ce n’est pas un argument. SAUF, qu’elle est également décrite comme une personne plus mature que les jeunes de son âge, ce qu’elle n’est pas du tout. Autre incohérence : Bella est censée être asociale, sans grand intérêt et très maladroite. Déjà, je trouve que ça fait un peu beaucoup pour une seule personne, mais en plus elle se fait tout de suite des amis qui la trouvent formidable, au total 5 garçons tombent amoureux d’elles (dont deux sont près à mourir pour elle, les deux étant respectivement un vampire et un loup-garou) et elle devient un petit peu la coqueluche du lycée. Une petite voix dans ma tête hurle à la Mary-Sue. Cependant, pour sa défense, je l’ai beaucoup plus appréciée dans le film, parce qu’elle était traitée avec plus de subtilité.
Tout ça pour dire que… ouais, mais non.

Dans The Host, la situation est différente et j’ai au contraire beaucoup d’affection pour l’héroïne, Vagabonde, qui est en fait un vers de terre brillant qui loge dans la colonne vertébrale de l’humaine (Mélanie) où elle a été logée (on ne lui a pas vraiment laissé le choix). Elle est agréable à suivre, forte de caractère, débrouillarde et un petit peu perdue dans un monde qu’elle ne connait pas. Le corps qui lui sert d’hôte possède également une personnalité bien à lui et très humaine. Jared, le grand amour de Mélanie, et raison pour laquelle Vagabonde va trahir les siens, est le second personnage principal. Il m’a un petit peu fait penser à Jacob, dans le sens où, lui aussi, est très faillible et dévoré par les doutes. Sans l’aimer particulièrement, il m’est sympathique et j’ai apprécié la manière dont sa réaction face à Mélanie/Vagabonde a été traitée (il l’a rejette durant les ¾ du bouquin mais ne peut se résoudre à la tuer).

2. Je me sacrifie donc je suis.

S’il y a bien quelque chose que je ne  supporte pas dans quelque histoire que ce soit, c’est le sacrifice glorieux porté aux nues. Non, non et non ! Or, chez Stephenie Meyer, les personnages ont des envies de suicide à tour de bras ce qui m’irrite profondément.
Déjà, glorifier le suicide n’est pas quelque chose dont il faut se vanter et ensuite, ce n’est pas beau ou courageux. C’est lâche et stupide.

  • – Bella et Edward font régulièrement un concours de Oui-mais-si-ça-peut-te-sauver-je-meurs ou alors de je-ne-te-survivrai-pas-X-se chargera-de-mettre-fin-à-mes-jours. (Bonus pour Edward qui va quand même jusqu’à proposer à Jacob d’engrosser Bella à sa place après qu’elle aie avorté ou alors de le tuer une fois que Bella sera morte en couche.)
  • – Bella veut se sacrifier pour les Cullen/son bébé/Edward/sa famille/sa ville au moins une fois par volume.
  • – Jacob y passe aussi plus ou moins (mais il préfère résoudre ses problèmes en tapant sur les gens en général ou en fuyant loin dans la forêt… j’aime bien Jacob, il est terre à terre.).
  • – Mélanie ET Vagabondes essayent au moins deux fois de mourir et sont toutes les deux conduites par un grand esprit de sacrifice (surtout Vagabonde, Mélanie est un peu plus « égoïste »).

Je dis STOP.
Se sacrifier n’a rien de noble, à part éventuellement dans l’idée et encore. Arrêtons de mettre des vierges sacrificielles partout ! Dans un épisode de Torchwood (le 2×01 pour être précise), l’héroïne, Gwen, en vient aussi à un moment à devoir se sacrifier et je me souviens très bien que cela m’avait énervé parce qu’elle y allait sans un regard en arrière et sans véritable terreur apparente. Non, non et non. Quand on fonce droit vers sa mort et qu’on ne l’a pas véritablement choisie, en général la première réaction, c’est la panique, les cris et les larmes, pas les longs regards langoureux. Sans compter que l’esprit sacrificiel est bien moins répandu que ce que tout le monde semble croire. Regarder (ou lisez ) La Guerre des mondes ou La Route, ça c’est une bonne peinture de l’instinct de survie de base !

[la suite demain ! ]

Métier : écrivain, ou la publication à tout prix

J’ai beaucoup de mal à parler de publication parce que lorsque j’essaye de donner mon avis, je parais très vite méprisante et je finis même parfois par me fâcher avec les gens, ce qui n’est pas du tout le but. Le problème vient du fait que je suis un peu bizarre pour certaines choses et que ce qui paraît profondément logique à quelqu’un ne le sera pas forcément pour moi et inversement. Ainsi, il y a beaucoup de choses que je ne « comprends pas ». Je ne les méprise pas et je ne les juge pas, je ne les comprends pas et cela fait une grosse différence. Cela veut juste dire que je ne parviens pas à éprouver de l’empathie avec la personne qui va me parler du sujet en particulier, ce qui ne va pas m’empêcher de la soutenir dans la mesure de mes moyens.

Il y a donc beaucoup de choses que je ne comprends pas dans le métier d’écrivain. Peut-être est-ce parce que je voulais le devenir moi même, il y a bien dix ans, et que je me suis vite rendue compte que je n’avais pas ce petit plus qui fait un bon écrivain. Je suis persuadée qu’on ne nait pas écrivain et qu’on le devient mais, tout comme pour un artiste, il est nécessaire de posséder ce que j’appelle « la flamme ». Je ne pense pas l’avoir (ou si je l’ai, je ne l’ai pas trouvée) et j’en ai rapidement fait mon deuil. J’écris maintenant uniquement pour mon plaisir et me suis tournée vers la bibliothèque parce que j’ai toujours été meilleure médiatrice qu’écrivaine. La question de la publication revient cependant me triturer les pensées de manière régulière. J’en parle forcément beaucoup avec Célia (nous sommes d’accord sur le fait que nous ne sommes pas d’accord) et le sujet m’a re-titillé lorsque j’ai lu ce post dernièrement.

Il y a peut-être un ou deux ans, un questionnaire très en vogue se diffusait sur Internet. Il s’agissait de nommer les sept choses qu’on aimerait faire avant de mourir. Je suis une des rares à ne pas avoir mis : « être publiée » et j’avoue ne pas du tout comprendre cette fascination qu’exerce la publication sur les gens. Est-ce que parce qu’être publié signifie pour beaucoup être lus ? Ou alors, parce que cela valide l’existence de l’écrivain ? Je n’y ai personnellement pas de réponses, parce que je pense qu’être publié ne signifie pas forcément être lu et que cela ne fait pas non plus l’écrivain. Il y a quelques personnes que je connais (elles se comptent sur les doigts d’une main) qui ne sont pas publiées et que je considère comme des écrivains et beaucoup plus qui, bien que sur le marché, ne le sont pas du tout. Être publié n’est pas non plus un gage de qualité. D’ailleurs, les apprentis écrivains sont les premiers à le reconnaître : le marché est pleins de bouquins qui n’ont qu’une valeur commerciale et dont on ne se souviendra plus dans une demi-dizaine d’année. Donc, ma question reste posée ? Pourquoi ? Pour le rêve d’appartenir à la minorité qui pourra vivre de sa plume ? Pour l’argent ? Mon métier m’a permit, de par mes études, d’être en contact avec le monde de l’édition que je connais donc un petit peu. Je sais, par exemple, que seul un manuscrit sur 1000 est publié et que les éditeurs (je parle des grosses maisons, moins des petites) sont avant tout des commerciaux avant d’être des professionnels du livre. Vous aurez donc beau écrire quelque chose de génial, si cela ne se vend pas, ça ne sera pas édité. On ne vit plus de l’écriture. C’est moche à dire, mais c’est vrai. Ceux qui en vivent sont très peu nombreux et publier une fois n’assurera pas forcément un revenu régulier. Je me suis d’ailleurs fâchée avec une fille de ma promo à l’IUT parce que les gens qui décident qu’ils vont se consacrer à l’écriture et qui ne réalisent pas au bout d’un moment que ça ne va pas marcher du premier coup, mais refuse de travailler pour avoir à manger dans leur assiette sous prétexte que « mon métier c’est écrivain », et bien ces gens là m’énerve grandement (et cette phrase est trop longue).

De la découle ma seconde interrogation : A quoi cela sert-il de « faire la pute » pour se faire éditer ? Par là j’entends, écrire un premier roman bateau « publiable » pour ensuite publier ce qu’on veut. Bon, je comprends je concept, bien sûr, mais ça me fait me demander en fait Pourquoi on écrit ? Pour moi un écrivain, ce n’est pas quelqu’un qui publie, c’est quelqu’un qui aime écrire, mais aussi qui écrit parce qu’il a quelque chose à dire et à partager. Écrire pour publier, je ne comprends tout simplement pas et j’irais même plus loin en disant que s’il y a tant de mauvais livres sur le marché, c’est en partie à cause de ça. (c’est là en général que je me fâche avec les gens). C’est un cercle vicieux un peu schizophrène finalement.

Attention, je ne dis pas que personne ne devrait se faire éditer et que l’édition c’est nul. Pas du tout, ce n’était pas le propos de ce très long post. Mon but était plutôt d’essayer de comprendre (éventuellement avec votre aide, vous qui me lisez) pourquoi cette folie de la publication semble toucher tout le monde sauf moi. C’est une question que je me pose depuis longtemps, donc si vous avez des réponses, je serais ravie d’en discuter. Parce que pour l’instant je n’ai jamais eu de réponse qui me satisfasse.

Le parfait de la perfection 3/3

Raison 3 : Les failles des personnages qui se retrouvent comblées comme par magie (spoilers sur Eragon vol. 1 et 2)

Vous l’aurez compris maintenant, je n’aime pas les personnages parfaits. Mais alors, ce que j’aime encore moins que les personnages parfaits dès le départ ce sont ceux qui le deviennent. C’est là qu’Eragon a été trop loin pour moi.

Lorsque j’ai lu le premier livre, je me suis dit que ce n’était pas le livre du siècle, que le scénario ne cassait pas trois pattes à un canard, mais que ça se laissait lire. Il y avait même des choses sympas. Déjà, le héros qui était un peu trop parfait et classique à mon goût se retrouvait bien handicapé par une blessure dans le dos et en plus, en voulant bénir une petite orpheline (clichééééé), il lui balançait une malédiction. Ces petites choses montrait que le héros était faillible ! Bon point donc. Seulement voilà, dans le second volume, il se rend chez les elfes avec Arya (la princesse Elfe)… déjà ça, ça me plaisait pas trop. Durant 400 p. longues et ch…. il s’entraine et essaye d’apprendre à se battre avec son handicap et en se promettant de veiller sur la petite et tout ça. Soit, c’est pas palpitant, mais pour connaître la fin, j’aurais continué à lire. Seulement voilà, non seulement il apprend qu’il existe un moyen de sauver la gamine ce qui lui enlève toute sa culpabilité, mais en PLUS, lors d’une cérémonie du sang du dragon ou je sais pas quoi, il est :
- guérit de sa blessure dans le dos
- doté d’une force extraordinaire et d’une grande beauté
- … transformé en ELFE !

Permettez-moi de m’extraire les yeux et de les piétiner pour oublier. C’est la quintessence de ce que je ne supporte pas dans un roman quel qu’il soit. J’étais déjà bien ennuyée avant, mais avec ça, Paolini (le jeune auteur qui aurait sûrement voulu être un elfe) m’a complètement perdu. Je n’avais encore jamais lu un tel degré de heu… perfectitude instantanée !

C’est aussi ce qui me donne d’ailleurs de gros apriori sur Twilight, parce que je sais certaines choses sur le déroulement de l’histoire, et sur Bella en particulier, qui me bloquent. Je vais quand même les lire pour me faire ma propre idée et arrêter de me laisser influencer de tous les côtés, mais … ouais, je ne sais pas trop ce qu’il en ressortira parce qu’il s’agit quand même de mon plus gros facteur d’arrêt de lecture immédiat.

Je n’aime pas la perfection des personnages, parce qu’un être parfait n’a aucune chance d’évoluer et que par conséquent il ne possède aucune épaisseur. Pour moi il a donc souvent autant d’intérêt qu’un pot de fleurs. Les failles sont absolument nécessaires à un personnage pour qu’il soit un reflet de la vie réelle. Imaginez un monde parfait peuplé d’êtres parfaits… franchement, on se ferait bien ch***.
Bon contre exemple d’Eragon, le cas des quatre personnages principaux d’Everworld, le roman en trois (gros) tomes de K.A Applegate.

(attention, petits spoilers mineurs sur le début de l’histoire)
Très vite résumé, Everworld est l’histoire de quatre adolescents qui se retrouvent transportés dans un monde peuplé uniquement de dieux mythologiques qui les voient pour la plupart comme de jolis biscuits à tremper dans le sang d’autres de leurs victimes.
* April, la seule fille du groupe est féministe et très chrétienne, mais vouant une haine féroce à sa sœur Senna (responsable de leur petit voyage imprévu). Ses convictions très arrêtées mais souvent paradoxales vont mettre le groupe parfois dans de bien mauvaises situations et elle sera forcée de revoir entièrement sa façon d’envisager le monde.
* Jalil, lui, est un jeune garçon très intelligent et très cartésien (il trouve des explications à tout) mais perclus de tocs qui lui pourrissent la vie. Lorsqu’il est dans Everworld, ses tocs disparaissent ce qui bien sûr le soulage grandement mais le change aussi beaucoup, ce dont il ne se rend pas compte tout de suite. Son personnage est ainsi constamment déchiré entre le Jalil du monde réel et le Jalil d’Everworld ce qui le rend très intéressant.
* Christopher. Sexiste, un peu raciste et un peu homophobe aussi. Et surtout très con. C’est le personnage qui évolue le plus à mon avis au contact des autres (surtout de Ganymède) tout en restant lui-même ce qui est quand même un tour de force!
* David. En arrivant à Everworld et en se rendant compte que la moitié des dieux en veulent à sa vie, se cher David s’oublie de peur dans son pantalon. Cet accident qu’il considère comme particulièrement honteux va le changer du tout au tout et décider de son destin dans Everworld. Résolu à prouver sa valeur, il sera celui qui voudra le plus rester dans ce monde là où il peut s’accomplir en tant qu’ homme courageux (enfin il aimerait bien, il est surtout très manipulé et manipulable).

Ainsi, en plus d’être une très jolie fable sur le passage à l’âge adulte (choix entre un monde   imaginaire et le monde réel), Everworld présente donc une galerie très intéressante de personnages tous plus faillibles les uns que les autres et qui se retrouvent à passer leur temps à fuir parce qu’il n’y a bien que ça a faire.
C’est absolument génial ! Et, si vous ne l’avez pas encore lu, je vous le conseille vivement !

Et voilà, non seulement j’ai envie de relire Everworld maintenant, mais en plus c’est la fin de mes trois petits posts sur la perfection ! La prochaine fois (mis à part les posts livres), on parlera de publication !

Le parfait de la perfection 2/3

Raison 2 : Les Mary-Sue (spoilers toujours sur Eragon vol. 1 et 2)

Premièrement, qu’est-ce-qu’une Mary Sue pour ceux qui ne sauraient pas.
Wikipedia nous en donne une définition adéquate !
[Mary-Sue est un terme péjoratif donné à un personnage de fiction représenté d'une manière idéalisée, sans défaut notable. [...] Ce qui distingue la Mary-Sue est la pureté de son caractère fantasmatique et la suridentification de l’auteur avec son personnage. Une Mary-sue a toujours raison et est toujours appelée à un destin grandiose finissant de manière épique. On trouve plus facilement des Mary-Sue de sexe féminin que masculin.
[...]
Des particularités du personnage pour le rendre plus attrayant (plus fort, plus beau, plus intelligent):
1.pouvoir(s) surnaturel(s) d’une puissance extravagante;
2.connaissances/compétences les plaçant devant les leaders mondiaux de la recherche technologique et/ou les opérations militaires ; l’auteur n’hésitant pas à les multiplier, dans des domaines extrêmement différents voire contradictoires ;
3.grande beauté rehaussée par un détail rarissime (yeux couleur Améthyste…). L’auteur n’hésite pas à la décrire en détail en exprimant à quel point tout le monde est fasciné dans son entourage;
4.possède un objet ou un animal exotique et/ou magique (batte de base-ball magique…);

En contrepartie, l’auteur peut choisir de rajouter des défauts qu’il juge intéressants à son personnage, pour éviter qu’il ne soit entièrement parfait et donc qu’il soit impossible de s’identifier à lui :
1.défaut à la mode (anorexie…) évoqué mais idéalisé ou jamais interprété;
L’auteur veut que l’on plaigne son personnage, pour qu’il en ressorte grandi :
1.un passé familial difficile, voire scabreux, impliquant négligences et abus, mais ne laissant que peu de traces dans son comportement
2.tendance au sacrifice (de sa vie ou autre). ]

Comme la quasi totalité des lecteurs, je déteste les Mary Sue parce qu’elles sont… parfaites, lisses etc… comme je l’ai déjà dit précédemment, la perfection m’ennuie. Une Mary Sue m’ennuiera  et m’énervera donc d’autant plus que je ne pourrais pas m’identifier à elle (et que j’aime bien pouvoir m’identifier!). Il y a une tonne de Mary Sue dans tous les genre de littérature et si vous n’en avez jamais croisée, estimez-vous chanceux.

Dans Eragon, la Mary Sue est une princesse Elfe du nom d’Arya qui a connu un amour tragique. Elle est évidement très belle et très forte, mais aussi très froide et malheureuse. Malgré sa grande force et sa grande dextérité, elle se fait kidnapper (forcément) et se fera sauver par… le héros (forcément). Je la trouve détestable. Eragon visiblement moins vu qu’il va très certainement finir avec elle (alors qu’il serait mieux avec la fille du chef de la résistance qui a un peu plus de classe quand même). Cliché.
Ceci dit, Eragon est un joli Gary Stu aussi (équivalent masculin de Mary Sue). Eragon  a 15 ans, est orphelin (il vit chez son oncle) et découvre un dragon « par hasard » (après on apprend qu’en fait non), il perd un peu plus tard toute sa famille parce que bon être orphelin ça ne suffisait pas. Eragon est naturellement doué pour contrôler sa bébête et devient vite la pièce maîtresse d’un jeu de pouvoir, sa mère (on l’apprend plus tard) est une elfe, il tombe amoureux d’une elfe et… lui même devient un elfe ! Ah et puis il a bien sûr un bon esprit de sacrifice comme tout(e) Mary Sue/Gary Stu qui se respecte. RAH !

Cette débauche suesque m’invite à m’interroger sur l’existence de bons personnages féminins (les mauvais n’étant pas seulement des Mary Sue). J’ai en effet remarqué que ces derniers étaient bien plus rare à mon goût que de bons personnages masculins. Où alors c’est parce que je suis une fille que je suis aussi critique. L’impression qui me vient fréquemment c’est que les auteurs qu’ils soient homme ou femme écrivent un fantasme (pas de la même nature pour l’un et pour l’autre forcément) et ça a tendance à beaucoup me frustrer.  Pourtant les bons personnages féminins existent ! J’aime toutes les femmes de Battlestar Galactica, j’aime aussi celles de Doctor Who, d’Everworld ou d’Ender (quoi que pas toutes, mais certainement pas parce qu’elles sont des Mary Sue)… Bref, j’en aime quelques unes, ce qui prouve bien qu’écrire ce genre de personnage est possible. Je les trouve cependant bien peu présentes.
Après, je suppose que les critères d’appréciation changent suivant les personnes, leur sexe et leur âge, et qu’un personnage que je trouve insipide sera aimé par d’autre, mais quand même. D’où vient cette difficulté d’écrire la femme telle qu’elle est et non telle qu’on voudrait l’être ou qu’on voudrait qu’elle soit ? Comment se fait-il qu’une femme forte devienne sous une plume maladroite une mégère ou un être trop parfait alors que sous une autre, une jeune fille deviendra une princesse à sauver avec une épaisseur digne d’une serpillère ? Dans mon esprit très cartésien, cela ne me semble pourtant pas très compliqué, mais à priori ça doit l’être. Je n’écris pas assez et surtout pas assez sérieusement pour vraiment me rendre compte du problème et je suis aussi, je pense, très exigeante en matière de personnage féminin.
L’autre jour, je me suis dit que, peut-être, ce n’était pas seulement un problème lié à l’auteur, mais que cela venait sûrement aussi de la place toujours incertaine qu’a la femme dans la société et la manière dont elle est perçue. Le lecteur reproduit ainsi des préjugés existant encore dans la vie réelle. Une femme ambitieuse, forte de caractère et n’ayant pas peur de sa sexualité sera forcément une salope et une fille réservée, une mijaurée… J’irai même jusqu’à dire qu’un lecteur sera encore plus dur en matière de personnage de fiction qu’en matière de personne réelle.

On dira donc que les torts sont quelque part sûrement partagés.

Page suivante »


Introduction

Bienvenue sur Intercal{Air}e.

Vous trouverez ici des réactions à l’actualité culturelle, des comptes rendus de manifestations, des observations, éventuellement des critiques de livres.
Je tiens également à préciser que les opinions avancées ici n’engagent que moi et moi seule et que je suis bien sûre ouverte à la discussion dans les commentaires.

 

novembre 2009
L Ma Me J V S D
« oct    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30