Archive pour la catégorie 'lectures'

[lectures] Katsuhiro Otomo anthology

Katsuhiro Otomo anthology
Katsuhiro Otomo
Kana

Résumé de l’éditeur :
Ce recueil contient dix petits récits signés Katsuhiro Otomo et qui ont été réalisés avant que l’auteur s’attaque à son œuvre phare “Akira” (de 1977 à 1981).
Alors que les magazines mangas pour jeunes adultes de l’époque sont plutôt friands de dessin réaliste, d’histoires sentimentales ou historiques, Otomo bouleverse tous les codes en apportant sa vision du monde où bien sûr la science-fiction est un élément-clé mais qui dépasse de loin la simple anticipation.
Découvrez, en fin de volume, une postface où l’auteur s’explique sur sa démarche pour chacune de ses dix petites histoires et sur ses influences qui vont de la découverte de l’œuvre de Moebius au mouvement hippie. Vous lirez également l’histoire intitulée “Boule de feu” dans laquelle Otomo imagine déjà ce qui sera la trame principale de “Akira” et “Dômu”.

Avis personnel
Toute personne s’intéressant un peu aux mangas connait l’énorme classique qu’est Akira (et même plusieurs personnes n’y connaissant rien, c’est dire la réputation de l’oeuvre)  et par son intermédiaire son auteur Katsujiro Otomo.
On oublie d’ailleurs bien trop souvent qu’il n’a pas fait qu’Akira. J’ai déjà parlé ici de Domû que je vous encourage vivement à lire et j’enchaine donc sur l’anthologie de nouvelles sortie aux éditions Kana.
La plupart de ces récits tiennent de la science-fiction, genre cher à l’auteur qui s’est battu pour l’imposer sur la scène du manga. On retrouve dans chacun des thèmes qu’Otomo développera dans l’ensemble de son œuvre : la robotique et ses dangers; les pouvoirs surnaturels possédés par certains humains; les catastrophes écologiques; l’oppression politique… Les formats des histoires sont très variés et on, trouve donc aussi bien des récits très courts de deux ou trois pages que des nouvelles bien plus longues. Il est aussi intéressant de remarquer que le recueil donne une impression d’unité non seulement par le genre exploré, mais également par le graphisme fin et maîtrisé (alors qu’il s’agit d’œuvres de jeunesse… on a l’impression qu’Otomo a toujours bien dessiné ! ).
Les histoires quant à elles sont bien évidement toutes magnifiques ! On passe de la science-fiction la plus sérieuse et technologique au burlesque le plus complet en un clin d’œil (je suis fan de la nouvelle Hair !!), on rit, on pleure un peu, on frissonne et surtout on finit le recueil bien trop vite !

Note 10/10

Bientôt, un top de mes mangas préférés de tous les temps ! Parce que bon, quand même !

[lectures] Comment écrire de la SF et de la Fantasy et Personnages et points de vue (Orson Scott Card)

Comment écrire de la SF et de la Fantasy
Personnages et points de vue
Orson Scott Card

Comment écrire de la SF et de la Fantasy (présentation de l’éditeur)
Lorsqu’on est amateur de science-fiction et de fantasy, on a naturellement des histoires et des mondes plein la tête, l’on a très envie de raconter. Dans cet ouvrage, le célèbre écrivain Orson Scott Card partage son savoir et son expérience dans ces genres. Vous apprendrez, entre autres : ce que sont (et ne sont pas) la SF et la fantasy, selon quels critères, et si votre récit y appartient ; comment construire, peupler et dramatiser un univers crédible et attirant que vos lecteurs auront envie d’explorer ; comment utiliser les quatre grands types d’histoire (milieu, idée, personnage et événement) pour structurer un récit captivant ; quel est le marché de l’édition et comment se faire publier… Les connaissances et les compétences que vous obtiendrez grâce à cet ouvrage vous aideront à guider efficacement le lecteur dans votre imaginaire. Autant de clés utiles pour un scénariste, un auteur de fantasy, de SF ou même d’un autre genre littéraire.

Personnages et points de vue (présentation de l’éditeur)
Les personnages vivants et mémorables ne naissent pas, ils doivent être créés. Ce livre est une boîte à outils: leviers littéraires, burins, maillets, tenailles et pinces. Servez-vous-en pour extirper, dégager, arracher de bons personnages de votre mémoire, votre imagination et votre âme. Orson Scott Card explique en détail les techniques de création, de développement et de présentation des personnages, ainsi que l’utilisation du point de vue dans les romans et nouvelles. Avec des exemples précis, il passe en revue les choix narratifs – ceux qui vous permettront de créer des personnages de fiction si “réels que les lecteurs auront l’impression de les connaître aussi bien que des membres de leur propre famille. Vous apprendrez à. Définir des personnages par leurs actes et par leur “style personnel. Développer des personnages que les lecteurs aimeront – ou aimeront détester. Créer des personnages secondaires et des faire-valoir. Choisir le point de vue le plus efficace pour révéler les personnages et faire avancer le récit. Un ouvrage indispensable pour tous ceux qui ont déjà lu Comment écrire de la Fantasy et de la SF. Lu et apprécié autant par les amateurs que par les professionnels

Avis
Bon, ce n’est maintenant plus un secret pour personne, mais je suis très très fan d’Orson Scott Card, de son style, des thèmes qu’il aborde et sa façon de les traiter… enfin bref, je ne dirais pas non plus que je considère sacrée la terre sur laquelle il marche, mais on en est pas loin.
J’ai pourtant lu ces deux livres en étant cependant relativement sceptique. Je n’aime pas trop qu’un auteur se donne le droit de donner des leçons à d’autres, je trouve ça un peu présomptueux (et c’est un reste de ma culture française qui approche l’écriture comme un art sacré et non comme quelque chose qui s’apprend. Mais, je lutte !). mais, comme ils avaient déjà été cités une ou deux fois sur CoCyclics et qu’il s’agissait d’Orson Scott Card, je leur ai donné leur chance. Et bien, j’ai bien fait, comme quoi, il est toujours très facile de me faire changer d’avis.
Première constatation, les deux livres se lisent très vite et très facilement et deuxième constatation, on apprend plein de trucs ! Le talent d’Orson Scott Card réside dans le fait qu’il ne cesse de citer des œuvres cultes (livres, films, séries TV…) en référence, tout en en citant des passages. Les deux livres sont donc truffées de références en tout genre à Star Wars, Indiana Jones, Alien, Star Trek, Robin Hoob, Marion Zimmer Bradley etc… Ainsi, non seulement le lecteur ne se sent pas perdu, mais en plus il se sent compris par l’auteur, parce qu’il a l’impression de partager une culture commune avec lui.
Ensuite, Orson Scott Card soulève des points très intéressants et valides dans le processus de construction d’un roman ou de ses personnages. Pour cela, il se sert de son expérience de conférencier/professeur et rapporte différentes anecdotes qui rendent son essais vivant et très accessible. En bref, ce n’est jamais pompeux ou docte, bien au contraire.
Je ne suis pas forcément d’accord avec tout ce qu’il dit bien entendu (même parfois pas du tout), mais ces deux livres ont eu le mérite de me faire voir les choses avec un regard différent tout en m’en apprenant une centaine d’autre et en me fournissant une bibliographie conséquente de trucs à lire durant les prochaines années.
Je ne m’en plains pas du tout ! :D

Note : 4/5

Si vous avez aimé, vous aimerez :
Écriture (Stephen King)

[lectures] La porte des enfers (Laurent Gaudé)

La portes des enfer
Laurent Gaudé

Résumé (source : Evene)
C’est par une vengeance que commence l’histoire de ‘La Porte des Enfers’, puis par l’accident qui en est la cause. Au lendemain d’une fusillade à Naples, Matteo voit s’effondrer peu à peu toute sa raison d’être. Sa femme Giuliana disparaît. Lui-même s’enfonce dans la solitude et, nuit après nuit, à bord de son taxi vide, parcourt sans but les rues de la ville. Mais un soir il laisse monter en voiture un client étrange qui, pour paiement de sa course, lui offre à boire dans un minuscule café. Matteo y fera la connaissance du patron, Garibaldo, de l’impénitent curé don Mazerotti et surtout du professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi érudit que sulfureux, qui tient d’étranges discours sur la réalité des Enfers. Et qui prétend qu’on peut y descendre…

Avis
La porte des enfers est une ré-écriture du mythe d’Orphée et d’Eurydice, mais c’est avant tout un splendide récit d’amour filial sur le processus du deuil. Laurent Gaudé est un ancien prix Goncourt et, si je n’ai pas lu le livre primé, je sais en tout cas maintenant que ce Monsieur sait très bien écrire et jouer en virtuose avec l’expression des sentiments. Le livre se lit très vite et sans reprendre son souffle. On suit trois destins différents qui se croisent sans forcément se rejoindre, mais décrit avec une telle justesse et un tel réalisme parfois que le côté fantastique se fait presque oublier bien qu’il soit toujours présent. Inutile de dire d’ailleurs que ce côté là du miroir est également très bien traité. On s’attache aux personnages miteux et mythiques et c’est un vrai plaisir de respirer avec eux sur ces pages
En somme une très belle lecture !

Note : 8/10

[lectures] Kaboul Disco (Nicolas Wild)

Kaboul Disco 1 et 2 (Nicolas Wild)
La boite à bulles
Comment je ne me suis pas fait kidnapper en Afghanistan (tome 1)
Comment je ne suis pas devenu opioman en Afghanistan
(tome 2)

Résumé de l’éditeur
En 2005, Nicolas Wild, dessinateur de bande dessinée sans domicile fixe, trouve à la fois un plan squat et un boulot. Seulement c’est un peu loin : à Kaboul, dans un Afghanistan encore instable après la guerre.

Voilà donc ce jeune insouciant transporté dans une capitale en crise, chargé de dessiner une adaptation de la constitution afghane, puis de travailler sur la campagne de recrutement de l’armée. Il devient dès lors un observateur privilégié de la reconstitution hésitante du pays tout en menant la drôle d’existence des expatriés occidentaux à Kaboul. Il sent progressivement naître un fort attachement pour ce pays où il décide, malgré les risques de prolonger son contrat.

Un regard ironique et pertinent sur les réalités de ce pays au cœur de l’actualité.

Avis
Cette BD m’a au début fait penser à Persepolis, d’une part par son graphisme et son mode de narration, mais je me suis vite rendue compte que si la comparaison se tenait, l’œuvre en elle même n’en perdait pas son originalité et son caractère unique.
Nicolas Wild pose un regard d’occidental sur la culture Afghanne et sur le pays qu’il traverse. En se mettant en scène, il créé un personnage réaliste qui n’est cependant pas dépourvu de défauts, ce qui rend l’identification possible et facile.
On apprend beaucoup en lisant Kaboul Disco. On apprend sur l’histoire du pays, mais aussi sur sa culture et la position que l’occident y prend. Nicolas Wild ne juge pas vraiment, mais il montre beaucoup avec bien évidement une certaine subjectivité mais sans en faire trop.
Les deux tomes sont également très drôles et agréables à lire. On ne plonge pas dans le glauque, le pathétique ou le polémique, pas du tout. Cette BD est un récit de voyage, rien de plus, ni de moins, si ce n’est qu’elle est sacrément bien faite.

Si vous avez aimé, vous aimerez :
Persepolis et Poulet au prunes (Marjane Satrapi)
Chroniques Birmanes (Guy Delisle)
France Info 1987 – 2007 20 ans d’informations mises en BD

[Lectures] Yotsuba (Azuma Kiyohiko)

Yotsuba
Azuma Kiyohiko
Kurokawa
8 volumes

Résumé de l’éditeur
Koiwai Yotsuba est une énergique petite fille de six ans, qui vient d’emménager en ville. Elle vit entourée de son père, qui ne cesse de lui faire des recommandations et de ses nouveaux voisins : la famille Ayase, avec trois filles plus âgées dénommées Ena, Fuuka et Asagi. Chaque volume raconte la vie quotidienne de Yotsuba dans ce nouvel environnement. Son inexpérience du milieu urbain et son jeune âge donnent lieu à de nombreux gags et un comique de situation souvent irrésistible.

Avis
Yotsuba, c’est le monde vu par les yeux d’une petite fille. Idéal quand on se sent un peu déprimé et que l’on a besoin de redécouvrir les petites choses qui rendent la vie formidable.
Toute l’action du manga se passe durant l’été et il n’y a donc pas meilleur moment pour le lire. On suit avec grand plaisir Yotsuba qui découvre tout avec bonheur et on se prend à redécouvrir avec elle et à se rappeler ces petits bonheurs simples qu’on oublie parfois trop facilement.
Yotsuba me donne envie de me poser sur l’herbe avec une glace, de faire du vélo, d’aller regarder les étoiles et de ne plus voir un supermarché comme une machine à fric, mais plutôt comme un labyrinthe de couleurs. Chaque petite scénette est un bonbon qui fond dans la bouche et qui apporte un peu de fraicheur dans un monde d’adulte parfois trop sérieux.

A posséder, lire et relire !

Note : 10/10

[lectures] La meilleure part des hommes (Tristan Garcia)

Allez, un petit post review, ça faisait longtemps !

La meilleure part des hommes
Tristan Garcia
Gallimard

Résumé de l’éditeur
« Dominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde à la fin des années quatre-vingt le premier grand mouvement de lutte et d’émancipation de l’homosexualité en France. Willie est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie. L’un et l’autre s’aiment, se haïssent puis se détruisent sous les yeux de la narratrice et de son amant, intellectuel médiatique, qui passent plus ou moins consciemment à côté de leur époque. Nous assistons avec eux au spectacle d’une haine radicale et absolue entre deux individus, mais aussi à la naissance, joyeuse, et à la fin, malade, d’une période décisive dans l’histoire de la sexualité et de la politique en Occident.
Ce conte moral n’est pas une autofiction. C’est l’histoire, que je n’ai pas vécue, d’une communauté et d’une génération déchirées par le Sida, dans des quartiers où je n’ai jamais habité.
C’est le récit fidèle de la plupart des trahisons possibles de notre existence, le portrait de la pire part des hommes et – en négatif – de la meilleure. »

Avis
La meilleure part des hommes n’est pas une histoire d’amour, pas du tout. C’est l’histoire d’une haine totale et absolue parce qu’il n’y a que quand on aime fort qu’on peut haïr aussi fort. C’est donc une lecture très dure et très acide car ce n’est pas une simple histoire de rupture, mais bien une recherche de l’anéantissement de l’autre par tous les moyens possibles. Finalement, le Paris des années Sida n’est qu’une toile de fonds et un prétexte. Je pense que l’histoire aurait pu être déplacée à n’importe quelle époque, même s’il en aurait perdu un peu de sa force.
Ce n’est pas une lecture facile et accessible. Le lecteur assiste à la destruction massive de deux personnes en profondeur et ce n’est pas joli à voir car il n’y a pas de partis à prendre. La narratrice est voulu volontairement insipide, ce qui rend les deux personnalités au cœur de l’intrigue d’autant plus fortes et exubérantes.
Et puis, surtout, à la fin, on se rend compte que finalement, le salaud n’est peut-être pas forcément celui qu’on croit car les teintes franches n’existent pas.
Cela dit, comme le dit l’auteur, c’est en montrant le pire de l’homme que l’on arrive aussi, par différence à en montrer le meilleur.
Un livre très fort qui ne peut pas laisser indifférent.

Note : 8/10

Sur un thème approchant :
Les nuits fauves (Cyril Collard)

[lectures] Spin (Robert Charles Wilson)

Spin
Robert Charles Wilson
Denoël


Histoire (résumé de l’éditeur)
Une nuit d’octobre, Tyler Dupree, douze ans, et ses deux meilleurs amis, Jason et Diane Lawton, quatorze ans, assistent à la disparition soudaine des étoiles. Bientôt, l’humanité s’aperçoit que la Terre est entourée d’une barrière à l’extérieur de laquelle le temps s’écoule des millions de fois plus vite. La lune a disparu, le soleil est un simulacre, les satellites artificiels sont retombés sur terre. Mais le plus grave, c’est qu’à la vitesse à laquelle vieillit désormais le véritable soleil, l’humanité n’a plus que quelques décennies à vivre…
Qui a emprisonné la terre derrière le Bouclier d’Octobre? Et s’il s’agit d’extraterrestres, pourquoi ont-ils agi ainsi ?
Spin est le roman le plus ambitieux de Robert Charles Wilson à ce jour. Une ambition récompensée en septembre 2006 par le prix Hugo, la plus haute distinction de la science-fiction.

Avis
Spin a été une de mes lectures les plus frappantes et les plus fascinante de cette première moitié d’année 2009 ! Je l’ai déjà dit il me semble, mais je suis relativement novice en matière de SF. Je n’en lis vraiment que depuis 2 ans environ et comme mes lectures sont relativement variées, je ne lis bien sûr pas que ça. Je me heurte ainsi souvent en matière de SF à des livres que je laisse de côté pour plus tard parce qu’ils me sont inaccessibles pour l’instant (trop compliqués, trop de références pour moi complètement obscures…). Spin ne fait pas partie de ceux là. Il s’agit bien évidement d’un roman de SF avec de grosses théories scientifiques complexes mais ces dernières restent accessibles au profane (par l’intermédiaire du personnage principale qui est tout aussi inculte que nous et grace à un style d’écriture simple et efficace). De plus, il ne s’agit pas seulement d’un roman de SF, loin de là. Spin nous décrit aussi le destin de la dernière génération d’une humanité promise à la destruction, d’une manière que nous oblige à compatir et à partager les espoirs et déceptions des personnages, personnages tellement réels qu’on vit avec eux pendant le temps de la lecture. Le soin apporté aux personnages et à leurs relations entre eux, mais aussi avec le monde qui les entoure fait sortir ce roman du lot des romans de SF que j’ai pu lire jusqu’ici (exception faite d’Ender). Je l’ai ainsi presque plus perçu comme une fresque sociale et une étude psychologique que comme un pur roman de SF et il m’aura donné très envie de lire d’autres choses de cet auteur là !

Note : 5/5

Les livres qui marquent 3/3

Passage à l’âge adulte
Bon, alors là, forcément, il y en a bien moins, vu que je suis en plein dedans (ho, ho, je fête mes 24 ans dans moins d’un mois), mais il faut bien en parler quand même !

Le métier de bibliothécaire
Ah bah oui. Ce livre a été mon livre de chevet durant des années voire carrément mon oreiller et, j’irais même jusqu’à dire que je l’ai quasiment appris par cœur. Mon exemplaire est tellement surligné et annoté de partout que je ne pourrais jamais le revendre, même si je le voulais.
Je pense de toute façon que je le garderai toute ma vie. Il a une valeur sentimentale. C’est le premier vrai bouquin sur les bibliothèques que j’ai jamais acheté et il a marqué le début de mon apprentissage du métier et de mes révisions pour les concours (je cherche d’ailleurs toujours une titularisation sympa sur un poste de bibliothécaire… Hum.).

La route (Cormac McCarty)

J’en ai déjà parlé ici et ceux qui me connaissent et m’ont entendu en parler savent que ce livre, que j’ai attendu pendant plusieurs mois, a été pour moi une véritable claque. Je ne sais plus où j’en ai entendu parler en premier… Peut-être dans Mad Movies ou sur The Best Place lorsque j’ai commencé à le suivre, mais alors où que ce soit, je leur en suis incommensurablement reconnaissante.
J’ai tout aimé de ce livre. L’écriture haché et fractionnée, haletante, qui sert magnifiquement le rythme très fort de l’histoire, la puissance de la voix des personnages, le fol espoir qui côtoie l’horreur la plus totale d’une humanité retournée à la barbarie la plus primaire… J’en suis déjà à ma seconde relecture et c’est toujours aussi fort !
Je pense donc que celui là restera longtemps dans ma liste de livres cultes.

Le cycle d’Ender (Orson Scott Card)

Mon gros gros coup de cœur de l’année 2008 ! Recommandé chaudement par Anne avec qui je partage beaucoup de préférences au niveau de la lecture, je l’ai commencé l’année dernière alors qu’elle m’accueillait gentiment chez elle en juillet ! J’ai trouvé dans ce livre – spécialement dans le premier volume – tout ce que je recherchais en science-fiction (en genre très nouveau pour moi à ce moment là ; ça l’est toujours un peu d’ailleurs). J’ai depuis lu pas mal de choses du monsieur et mon admiration pour lui n’a fait qu’augmenter et bon… je ne dirais pas non plus que je célèbre chacune de ses paroles mais… un petit peu quand même.
Je n’avais pas ressenti autant de respect et d’admiration pour un auteur depuis Patrick Süskind et Ray Bradbury ! Ce qui remonte à bien 10 ans quand même.
Fort heureusement, il m’en reste pas mal à lire de lui, donc j’ai encore de la marge avant de m’être fait son entière bibliographie.

Les livres qui marquent 2/3

Adolescence
Ha ! Ha ! Lorsque j’ai commencé à me faire un vrai goût littéraire.

Jonathan Livingston le goéland (Richard Bach)


C’est pour moi, ce que le Petit Prince est à beaucoup d’autre. Jonathan Livingston m’a appris que, même quand tout indique que quelque chose est impossible, si on le veut vraiment et qu’on se défonce assez, on finit par l’avoir. Je suis extrêmement reconnaissante à ce bouquin pour cette leçon  qui me sert toujours.
Je l’ai relu récemment et j’ai été frappé par la dimension un peu mystico-religieuse de la fin (accession à l’au delà, blablabla, le vol comme une religion etc…). Je pense être passée totalement à côté lorsque je l’ai lu pour la première fois à 12/13 ans.
Ce que j’ai retenu par contre, c’est une ligne philosophique dont je ne déroge pas encore aujourd’hui : Exigez la liberté comme un droit, soyez ce que vous voulez être.

Lola et quelques autres (Regine Deforges)

Hu. Mon premier livre érotique nostalgie. Bref, j’avais 13 ans et je venais de finir la Bicyclette bleue où et bah, y avait des passages cochons quand même (pour la gamine que j’étais en tout cas). Du coup, à la bibliothèque, je lorgnais sur les autres livres de l’auteur. Seulement voilà, en lisant le résumé, nul doute ne s’offrait à moi : c’était bien là des livres érotiques. Je voulais les prendre, mais plusieurs problèmes se posaient à moi :
Premièrement, il était impensable que mes parents le sachent (la honte quoi!)
Deuxièmement, mais comment j’allais faire passer ça devant la bibliothécaire ?!
J’ai hésité longtemps et puis, j’ai glissé ce livre là sous mon pull, j’ai rentré le ventre et j’ai quitté la médiathèque le rouge aux joues. Et là, vous êtes tous : Haaaaaannnnnn t’as volé à la médiathèque !! Et là, je réponds : NON ! J’ai toujours tout ramené et rangé consciencieusement dans les rayons ! Beaucoup d’autres ont suivi après, ce premier moment de transgression garde toujours une saveur particulière. Maintenant, quand j’achète un bouquin de ce genre, je regarde la caissière droit dans les autres et parfois nous échangeons un regard entendu.
Oh et puis, à la médiathèque, c’est moi qui les achète. La boucle est bouclée ! (maintenant j’attends l’ado qui va les cacher sous son pull aussi… je regarde toujours!)

Farenheit 451 (Ray Bradbury)

Le livre qui est à l’origine de ma vocation et de mon amour pour les mondes post-apocalyptiques. Je pense aussi que c’est bien ma première incursion dans le monde de la science-fiction/anticipation. Ce roman m’a énormément marqué et je l’ai relu plusieurs fois. Il m’a mis un tel coup de poing dans l’estomac qu’encore maintenant, à chaque fois que j’en parle, j’ai envie de le relire.

Le parfum (Patrick Süskind)

Relu également de multiples fois. Au niveau style, ce livre représente pour moi un idéal. C’est un des premiers livres où j’ai pu me dire : Wow, c’est vachement bien écrit ! Il y a de la musicalité dans les mots de Süskind, mais aussi beaucoup de sensualité et de métaphore. C’est également un grand conteur qui nous tient en haleine constante sur le fil ténu séparant le merveilleux/horrible de la réalité crue. La scène finale du livre a été un énorme choc. J’ai été incapable de réfléchir à autre chose pendant plusieurs jours après ça et il me semble qu’après ça, j’ai commencé à écrire.

La nuit des enfants rois
J’en ai déjà parlé ici il y a peu, alors je ne vais pas m’étendre de nouveau. J’ai adoré ce livre pour son histoire qui rassemblait un peu tous les thèmes que j’aime voir abordés dans un roman et même dix ans plus tard, il n’a rien perdu de sa magie.

Harry Potter (JK Rowling)

Parce que c’est le livre qui m’a donné assez envie pour que je me mette à l’anglais et m’a fait découvrir tout un monde sur Internet que je ne soupçonnais pas (les fandoms taadaaaaaaa) !
On peut dire ce qu’on veut de Rowling, de son écriture, de sa caractérisation, de son épilogue etc… mais cette femme a quand même réussi à tenir en haleine plusieurs millions de personnes, quelque soit leur âge ou leur milieu social, sur 7 volumes. Son monde se tient, ses personnages sont construits, sa langue, sans être exceptionnelle est abordable par tous et fluide.
J’ai commencé à lire Harry Potter au collège et, je me souviens bien avoir lu les 4 premiers tomes en français, en trois nuits. Après ça, j’étais bien embêtée parce qu’il fallait attendre ! Lorsque le 5 est sorti en anglais quelques mois plus tard, je l’ai acheté. J’ai mis presque un an à le lire en entier. Ce fut donc laborieux. J’ai lu le 6e volume en 3 mois et le 7e en 3 jours et ce uniquement parce que je me forçais à aller lentement.
Harry Potter m’a fait rêver et je prends toujours autant de plaisir à relire certains volumes. Parce que bon, maintenant je les ai tous en anglais bien sûr. (je me referais peut-être un marathon HP cet été d’ailleurs…)

Sang d’encre/ Contes de la fée verte/Self made man (Poppy Z. Brite)

Comme toute ado basique, j’ai eu ma période pseudo-gothique vers 15 ans. Je m’habillais en noir, je portais du vernis à ongle noir, j’écoutais Nightwish, j’apprenais Baudelaire et Rimbaud par cœur et un de mes rêves était de posséder des super boots à sangles et une jupe de style victorien. Bon, ça m’a passé, mais cette période m’a fait plongé un petit peu dans le monde de la littérature underground. J’ai trouvé ça fascinant. Je n’avais jamais lu de chose aussi décadente avant ! :D Oh, bien sûr, j’ai lu les Anne Rice, mais bizarrement, à l’époque, ça a eu moins d’impact sur moi.
Par contre, même si je possède ces livres, je ne sais pas si je les relirais. Ils ont accompagné une partie de mon adolescence et j’en conserve pour eu une affection particulière, mais j’ai peur d’être déçue à la relecture. Par contre, je me relirais bien les Anne Rice.

Les livres qui marquent 1/3

Contrairement à Célia, je n’ai été influencée par le cinéma que sur le tard. Tout simplement parce que nous n’y allions pas beaucoup et que j’ai véritablement commencé à me faire culture ciné qu’après 18/20 ans.
Petite, je me suis construite avec les livres. J’ai toujours lu plus que la moyenne et il y a plusieurs ouvrages qui ont participé à me faire devenir ce que je suis maintenant.
Comme c’est un peu long, je vais diviser ça en trois posts : enfance, adolescence, âge adulte

Enfance

Ratus et l’edelweiss/Ratus aux sports d’hivers

Comme beaucoup de monde né au milieu des années 80, j’ai appris à lire avec Ratus au CP et au CE1.
J’aimais bien ça, mais que je ne faisais pas non plus de trop gros efforts. Pour je ne sais plus quelle raison, il m’arrivait de rester après l’école avec la maîtresse dans la salle de classe. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de ça, mais je me rappelle très bien que ma place était près de la bibliothèque au fond de la classe et que si j’étais sage j’avais droit à des pâtes de fruits.
Dans les étagères, il y avait beaucoup de livres, mais je n’y prêtais pas vraiment attention, je préférais me raconter des histoires et puis, un jour, l’air de rien, la maîtresse m’a dit :
« Tu vois Marie, les livres à droite, c’est les livres pour les petits, tu peux te servir, n’hésite pas. Par contre, ceux à gauche, c’est pour les grands, c’est trop compliqué pour toi. »
Ca m’a profondément vexé. Du coup, j’ai bien évidement cherché à gauche et j’ai pris un Ratus Rouge (7/9 ans). Je l’ai lu et je me suis dit : Pfff, trop facile.
Au final, j’ai fini par lire à peu près toute la bibliothèque du fonds de la classe. C’est à ce moment là que j’ai développé mon goût de la lecture, mais aussi mon esprit de contradiction.

Les filles de Malory School (Enid Blyton)


Le livre que j’ai du relire le plus de fois dans ma jeune existence. Je pense même qu’on doit encore l’avoir à la maison au grenier.
Malory School est en fait une série de la bibliothèque rose, mais je n’ai jamais lu que le premier. En gros, c’est une sorte de club des cinq, sauf que ça se passe dans un pensionnat pour filles.  J’ai lu plus tard qu’il y avait eu toute une controverse en Amérique autour des rapports entre les jeunes filles de Malory  qui avait aboutit à ce que certaines écoles préférèrent retirer de leur étagères les Malory, les jugeant trop inclinés vers l’homo-érotisme. Ouais… enfin, j’ai pas de souvenirs précis concernant ce sujet là, mais du coup ça me donne envie de le relire pour voir ! :D
Je serais incapable de dire qu’est ce qui m’avait tant plu dans ce livre qui, somme toute, ne doit rien avoir de bien extraordinaire. Peut-être étais-je déjà sensible à l’ambiguïté des personnages ? (sujet que j’apprécie de voir traité dans les romans que je lis encore aujourd’hui). Mais, à la réflexion, je pense qu’une grosse partie de ma fascination venait du fait que chaque personnage se révélait différent de la première impression que le lecteur se faisait de lui. Il y avait un jeu de miroir assez intéressant et élaboré pour un roman pour enfant. Encore aujourd’hui, j’aime les personnages doubles et complexes. ^^ (bon, alors je ne dirais pas que Malory School, c’était très complexe non plus, mais les personnages n’avaient pas qu’une épaisseur.).
Ah et puis, il y avait une super scène de préparation de fraises à la crème qui me rappelait la comtesse de Ségur aussi (et c’est bon les fraises à la crème).

Robin des bois (Howard Pyle)

Le seul vrai Robin des bois pour moi (même si j’aime bien le dessin animé aussi.).
Robin des bois a été un de mes premiers amours littéraires. J’étais très éprise de Robin, quoi! Et je n’aimais pas Marianne, même si en fait, j’aurais bien voulu être comme elle, parce qu’elle avait super la classe ! C’est donc bien là que je me suis rendue compte, non pas que j’aimais les hommes en collant, mais que pour moi l’identification était très importante et aussi que j’avais un curieux intérêt pour les maisons suspendues dans les arbres ^^ (ça c’est retrouvé avec les Robinsons, Peter Pan et même Star Wars... d’ailleurs dans un de mes premiers écrits, il y avait des maisons dans les arbres).

Peter pan (James Matthew Barrie)

J’ai lu le livre avant de voir le dessin animé, mais après avoir vu Hook ! (et Hook, c’est bien!).
Peter Pan (le livre) m’a aidé à profiter de mon enfance, mais aussi à apréhender la notion de mort. En effet, Peter pan n’est pas seulement une œuvre sur le choix de grandir ou non, c’est aussi une histoire sur la peur de la mort (si on quitte l’enfance, on grandit, on devient adulte et on meurt). Il y aussi une très chouette thématique œdipienne Crochet/père de Wendy qui est d’ailleurs renforcée dans les adaptations par le fait que Crochet soit joué par le même acteur que le père justement.
Bref, il y a dans Peter Pan une richesse psychologique phénoménale que j’ai rarement retrouvée par la suite. J’en ai gardé un amour inconditionnel pour les figures d’enfants perdus, mais aussi une certaine fascination pour la cruauté enfantine.

Les Rouletabille :
le Mystère de la chambre jaune,  Le Parfum de la dame en noir, Rouletabille chez le tsar,  Les étranges nocves de Rouletabille et Le Crime de Rouletabille. (Gaston Leroux)


Bon, là, c’est facile, j’étais tout simplement amoureuse de Rouletabille (nan mais il est trop cool Rouletabille). Je m’identifiais très fort avec Ivana qu’il va finir par épouser ! Il a d’ailleurs avec elle une scène très jolie (et non dépourvue d’érotisme) lorsqu’il l’embrasse alors qu’ils sont enfermés dans un placard. J’avais recopié ce passage dans mon journal intime d’ailleurs !
Ceci dit, ce n’est pas mon passage préféré. Au début du second volume, on nous présente un Rouletabille enfant, qui grandit sans sa mère (il ne se rappelle que de son parfum). Il arpente les quais et récupère les oranges tombés des bateaux pour les revendre et se faire de l’argent de poche. Il ne peut jamais s’empêcher d’en manger au moins une pourtant et cette orange à toujours le goût d’un ailleurs qu’il ne peut pas atteindre et qui est donc teinté d’amertume.
Cette scène est d’une puissance phénoménale. En quelques mots, Gaston Leroux arrive à transmettre au lecteur un ensemble de sensations et de sentiments très puissants. Encore aujourd’hui, ces quelques paragraphes arrivent à me couper la respiration.
Ces romans ont été ma première incursion dans le monde des policiers et des livres à mystères ! J’ai enchainé ensuite avec tous les Agatha Christie et les Arsène Lupin. J’en garde un très bon souvenir et beaucoup d’affection pour tous les personnages.

Michel Strogoff (Jules Verne)


Mon roman préféré de Jules Verne !
J’ai beaucoup voyagé avec cet écrivain, mais jamais autant qu’avec Michel Strogoff dont j’étais bien sûre amoureuse aussi ! Et puis, ce que j’aime bien aussi avec Jules Verne, c’est que lorsqu’il écrit un roman d’aventure, il n’oublie jamais d’inclure des personnages féminins très forts et ma fois très sympathiques !
Il a aussi réussi à très bien retranscrire cette exagération et ce grandiose dans les comportements qui est typiquement russe. Lorsque je lis un roman russe, je ne peux pas m’empêcher de repenser à Michel Strogoff d’ailleurs.

Toute la série des milles ans de contes
Vous connaissez tous cette série de gros volumes remplis de contes du monde entier ! J’adorais ces livres !! Les contes n’y étaient pas édulcorés et j’ai appris beaucoup de choses grâce à ces livres et j’ai encore plaisir à lire les nouvelles éditions aujourd’hui ! (ha ha ! On en a à la bibliothèque !)

Voilà pour mon enfance ! J’aurais aussi pu vous parler des Signes de piste, du club des cinq etc… mais ils sont un peu plus accessoires. Et, c’est terrible, mais j’ai envie de tout relire !

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