Simulacres
Philip K. Dick
Poche
1964

Histoire (résumé de l’éditeur)
2040. La Troisième Guerre mondiale a ravagé des zones entières de la planète et en a modifié le climat, les spots publicitaires sont vivants et sèment la zizanie, le Président est un robot, et sa femme ne vieillit pas d’un pouce depuis un siècle…
Avec la cohérence implacable de la logique paranoïaque qui le rendit célèbre, Philip K Dick, maître incontesté de la science-fiction, dépeint un monde où rien ne garantit plus la stabilité de la frontière entre la réalité et l’illusion.
Appréciation personnelle
Il y a un peu plus d’un mois, je regardais pour la première fois Blade Runner (oui, je sais, honte sur moi et sur ma descendance de ne pas l’avoir vu plus tôt) et genre, deux jours plus tard, je tombais sur ce post (oui, je sais, lorsqu’on voit la date, on voit que ma lecture date un peu – ceci dit je vous recommande ce blog, il me fait beaucoup rire ).
Du coup, je me suis dit que c’était trop un coup du destin qui me hurlait à pleine voix de lire du Philip K. Dick. Aussi, forcément comme je sais maintenant que c’est lui qui est à l’origine de Minority Report et de Total Recall plus de l’autre cité au dessus, bah ça m’a fait mal au trou de ma culture de ne rien avoir lu de lui.
Pleine de courage je suis donc allée dans ma librairie la plus proche et j’en ai choisi un au hasard (born to be wild je suis). Mon choix s’est porté sur Simulacre uniquement parce que la couverture était jolie et que le résumé me faisait triper, c’est dire la frivolité de mes critères.
Je l’ai attaqué le jour même et le lire m’a pris trois semaines ce qui est relativement long pour moi. D’une part, le roman est très dense, mais je pense aussi qu’il faut une bonne dose d’esprit « geek » ou de spécialiste de la SF pour arriver à tout comprendre en une fois. J’ai tendance à lire très vite et à parfois sauter quelques lignes si l’intrigue ne me passionne pas. Ici, c’est tout bonnement impossible car si on saute le moindre mot on est complètement perdu. Non seulement, l’écriture est loin d’être simple, mais le récit est également très riche et retors. Les personnages (nombreux) se croisent et s’entrecroisent (souvent) et si au début on a du mal à voir comment ils peuvent faire partie de la même histoire, lorsque arrive le dénouement, force est de constater que tout est relié. Autre facteur de ralentissement de la lecture ; l’ambiance. C’est pesant et même étouffant. Les scènes et les personnages s’enfoncent dans une dépression et une lourdeur qui obligent parfois le lecteur à refermer le livre pour ne pas se laisser gagner par cet ensemble de sentiments désagréables. J’ai lu par la suite que l’écriture de Philip K Dick était qualifiée de « paranoïaque » et je suis on ne peut plus d’accord.
A côté de ça, ce n’est bien sûr ni un style, ni un livre qui laisse indifférent et je pense que cela fait vraiment partie des points forts qu’une œuvre ce doit d’avoir. L’intrigue est parfaite et bien gérée, les personnages originaux et la fin ne laisse pas du tout sur sa faim. L’histoire s’accélère dans les 50 dernières pages alors qu’elle était relativement statique avant et c’est à ce moment précis que toutes les pièces du puzzle se mettent en place et que le lecteur comprend enfin de quoi on parle. Ca tient du génie certes, mais j’avoue que j’ai souffert pour y arriver.
Mon avis est donc très ambivalent parce que je ne sais pas du tout si j’ai aimé ou pas. Cela demanderait d’autres lectures et je me laisserais peut-être tenter.
Note : … je sais pas. J’ai du mal à le juger celui-là.