Contrairement à Célia, je n’ai été influencée par le cinéma que sur le tard. Tout simplement parce que nous n’y allions pas beaucoup et que j’ai véritablement commencé à me faire culture ciné qu’après 18/20 ans.
Petite, je me suis construite avec les livres. J’ai toujours lu plus que la moyenne et il y a plusieurs ouvrages qui ont participé à me faire devenir ce que je suis maintenant.
Comme c’est un peu long, je vais diviser ça en trois posts : enfance, adolescence, âge adulte
Enfance
Ratus et l’edelweiss/Ratus aux sports d’hivers
Comme beaucoup de monde né au milieu des années 80, j’ai appris à lire avec Ratus au CP et au CE1.
J’aimais bien ça, mais que je ne faisais pas non plus de trop gros efforts. Pour je ne sais plus quelle raison, il m’arrivait de rester après l’école avec la maîtresse dans la salle de classe. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de ça, mais je me rappelle très bien que ma place était près de la bibliothèque au fond de la classe et que si j’étais sage j’avais droit à des pâtes de fruits.
Dans les étagères, il y avait beaucoup de livres, mais je n’y prêtais pas vraiment attention, je préférais me raconter des histoires et puis, un jour, l’air de rien, la maîtresse m’a dit :
« Tu vois Marie, les livres à droite, c’est les livres pour les petits, tu peux te servir, n’hésite pas. Par contre, ceux à gauche, c’est pour les grands, c’est trop compliqué pour toi. »
Ca m’a profondément vexé. Du coup, j’ai bien évidement cherché à gauche et j’ai pris un Ratus Rouge (7/9 ans). Je l’ai lu et je me suis dit : Pfff, trop facile.
Au final, j’ai fini par lire à peu près toute la bibliothèque du fonds de la classe. C’est à ce moment là que j’ai développé mon goût de la lecture, mais aussi mon esprit de contradiction.
Les filles de Malory School (Enid Blyton)

Le livre que j’ai du relire le plus de fois dans ma jeune existence. Je pense même qu’on doit encore l’avoir à la maison au grenier.
Malory School est en fait une série de la bibliothèque rose, mais je n’ai jamais lu que le premier. En gros, c’est une sorte de club des cinq, sauf que ça se passe dans un pensionnat pour filles. J’ai lu plus tard qu’il y avait eu toute une controverse en Amérique autour des rapports entre les jeunes filles de Malory qui avait aboutit à ce que certaines écoles préférèrent retirer de leur étagères les Malory, les jugeant trop inclinés vers l’homo-érotisme. Ouais… enfin, j’ai pas de souvenirs précis concernant ce sujet là, mais du coup ça me donne envie de le relire pour voir ! ![]()
Je serais incapable de dire qu’est ce qui m’avait tant plu dans ce livre qui, somme toute, ne doit rien avoir de bien extraordinaire. Peut-être étais-je déjà sensible à l’ambiguïté des personnages ? (sujet que j’apprécie de voir traité dans les romans que je lis encore aujourd’hui). Mais, à la réflexion, je pense qu’une grosse partie de ma fascination venait du fait que chaque personnage se révélait différent de la première impression que le lecteur se faisait de lui. Il y avait un jeu de miroir assez intéressant et élaboré pour un roman pour enfant. Encore aujourd’hui, j’aime les personnages doubles et complexes. ^^ (bon, alors je ne dirais pas que Malory School, c’était très complexe non plus, mais les personnages n’avaient pas qu’une épaisseur.).
Ah et puis, il y avait une super scène de préparation de fraises à la crème qui me rappelait la comtesse de Ségur aussi (et c’est bon les fraises à la crème).
Robin des bois (Howard Pyle)
Le seul vrai Robin des bois pour moi (même si j’aime bien le dessin animé aussi.).
Robin des bois a été un de mes premiers amours littéraires. J’étais très éprise de Robin, quoi! Et je n’aimais pas Marianne, même si en fait, j’aurais bien voulu être comme elle, parce qu’elle avait super la classe ! C’est donc bien là que je me suis rendue compte, non pas que j’aimais les hommes en collant, mais que pour moi l’identification était très importante et aussi que j’avais un curieux intérêt pour les maisons suspendues dans les arbres ^^ (ça c’est retrouvé avec les Robinsons, Peter Pan et même Star Wars... d’ailleurs dans un de mes premiers écrits, il y avait des maisons dans les arbres).
Peter pan (James Matthew Barrie)

J’ai lu le livre avant de voir le dessin animé, mais après avoir vu Hook ! (et Hook, c’est bien!).
Peter Pan (le livre) m’a aidé à profiter de mon enfance, mais aussi à apréhender la notion de mort. En effet, Peter pan n’est pas seulement une œuvre sur le choix de grandir ou non, c’est aussi une histoire sur la peur de la mort (si on quitte l’enfance, on grandit, on devient adulte et on meurt). Il y aussi une très chouette thématique œdipienne Crochet/père de Wendy qui est d’ailleurs renforcée dans les adaptations par le fait que Crochet soit joué par le même acteur que le père justement.
Bref, il y a dans Peter Pan une richesse psychologique phénoménale que j’ai rarement retrouvée par la suite. J’en ai gardé un amour inconditionnel pour les figures d’enfants perdus, mais aussi une certaine fascination pour la cruauté enfantine.
Les Rouletabille :
le Mystère de la chambre jaune, Le Parfum de la dame en noir, Rouletabille chez le tsar, Les étranges nocves de Rouletabille et Le Crime de Rouletabille. (Gaston Leroux)

Bon, là, c’est facile, j’étais tout simplement amoureuse de Rouletabille (nan mais il est trop cool Rouletabille). Je m’identifiais très fort avec Ivana qu’il va finir par épouser ! Il a d’ailleurs avec elle une scène très jolie (et non dépourvue d’érotisme) lorsqu’il l’embrasse alors qu’ils sont enfermés dans un placard. J’avais recopié ce passage dans mon journal intime d’ailleurs !
Ceci dit, ce n’est pas mon passage préféré. Au début du second volume, on nous présente un Rouletabille enfant, qui grandit sans sa mère (il ne se rappelle que de son parfum). Il arpente les quais et récupère les oranges tombés des bateaux pour les revendre et se faire de l’argent de poche. Il ne peut jamais s’empêcher d’en manger au moins une pourtant et cette orange à toujours le goût d’un ailleurs qu’il ne peut pas atteindre et qui est donc teinté d’amertume.
Cette scène est d’une puissance phénoménale. En quelques mots, Gaston Leroux arrive à transmettre au lecteur un ensemble de sensations et de sentiments très puissants. Encore aujourd’hui, ces quelques paragraphes arrivent à me couper la respiration.
Ces romans ont été ma première incursion dans le monde des policiers et des livres à mystères ! J’ai enchainé ensuite avec tous les Agatha Christie et les Arsène Lupin. J’en garde un très bon souvenir et beaucoup d’affection pour tous les personnages.
Michel Strogoff (Jules Verne)

Mon roman préféré de Jules Verne !
J’ai beaucoup voyagé avec cet écrivain, mais jamais autant qu’avec Michel Strogoff dont j’étais bien sûre amoureuse aussi ! Et puis, ce que j’aime bien aussi avec Jules Verne, c’est que lorsqu’il écrit un roman d’aventure, il n’oublie jamais d’inclure des personnages féminins très forts et ma fois très sympathiques !
Il a aussi réussi à très bien retranscrire cette exagération et ce grandiose dans les comportements qui est typiquement russe. Lorsque je lis un roman russe, je ne peux pas m’empêcher de repenser à Michel Strogoff d’ailleurs.
Toute la série des milles ans de contes
Vous connaissez tous cette série de gros volumes remplis de contes du monde entier ! J’adorais ces livres !! Les contes n’y étaient pas édulcorés et j’ai appris beaucoup de choses grâce à ces livres et j’ai encore plaisir à lire les nouvelles éditions aujourd’hui ! (ha ha ! On en a à la bibliothèque !)
Voilà pour mon enfance ! J’aurais aussi pu vous parler des Signes de piste, du club des cinq etc… mais ils sont un peu plus accessoires. Et, c’est terrible, mais j’ai envie de tout relire !

