Vous en rêviez, je le sais !
SPOILERS sur Twilight et The Host (sur tous les bouquins sans distinctions)
Alors, avant de commencer quelques petites choses :
- – J’ai lu The Host/les âmes vagabondes en français, j’ai écouté (audiobook) et lu les Twilight en français et en anglais. J’ai également vu le film en VOST. On pourrait donc dire que j’ai vécu l’expérience Stephenie Meyer jusqu’au bout. Donc, qu’on ne vienne pas me titiller sur les erreurs de traductions ou le fait qu’il faille que je vois le film ou encore que comme je n’ai pas lu la série en entier, je ne peux pas juger.
- – Je lis et apprécie de la littérature jeunesse et pour ados. Je dirais que ça représente à peu près 30% de mes lectures, mon âge n’a jamais joué sur mon appréciation de ces deux genres.
- – Mais, à 13/15 ans, j’aurais adoré Twilight ! J’aurais eu les posters, collectionné les articles et écrit à Robert Patinson en tchèque si j’avais lu quelque part qu’il parlait cette langue.
- – Je reconnais le caractère addictif de Twilight car, même s’il m’est fréquemment arrivé de rouler des yeux, de refermer le livre de frustration, voire de rire à gorge déployée à cause de l’absurdité de certaines choses (sérieusement : « hommage marmoréen à un dieu de la beauté désormais oublié » ???), j’ai quand même lu tous les bouquins et me suis surprise à me retrouver happée par certains passages (en particulier, dans mon cas, ceux concernant les loup-garous, car on peut dire ce qu’on veut de Meyer, mais son concept des loup-garous est plutôt sympa et original).
- – Je n’ai pas profondément détesté Twilight (sinon, je ne serais pas allée au bout) et j’ai même plutôt bien aimé The Host (à part la fin)!
Une fois cette mise au point faite, je ne me propose pas de faire vraiment une critique complète de Twilight ou de The Host, mais plutôt de m’attarder sur quelques points qui m’ont interrogé lors de ma lecture. Je ne m’attarderai donc pas sur le style que j’ai trouvé banal, voire franchement lourd à certains moments, ni sur le côté mormon, beaucoup trop prononcé à mon goût (surtout dans le 3e et 4e livres de Twilight), ou encore sur l’absence totale de scène de lit (je parle de vraie scène de lit et pas de l’ellipse qui sert de concrétisation à Edward et Bella dans le tome 4) dans des bouquins pour ados qualifiés de « sensuels » (je cherche toujours personnellement), mais plutôt sur des points de construction de l’intrigue et des personnages.
The Host/Les âmes vagabondes (résumé)
Twilight (résumé)
Pour ceux qui ne sauraient pas de quoi je parle
1. L’importance du personnage principal
J’ai préféré The Host à Twilight, principalement à cause des personnages principaux. Disons le tel quel, j’ai eu beaucoup de mal avec Bella et encore plus avec Edward.
Pour Edward, cela s’explique facilement, il est trop parfait à mon goût (mais seulement en superficie, si on creuse un peu on se rend compte qu’il est très manipulateur) et me tape sur le système. Contrairement à ce que j’ai pu lire, ses grandes déclarations enflammées et son amour débordant pour Bella, ne m’ont pas touchés du tout. Sans doute parce que je ne le trouve pas crédible et que je ne trouve pas saine l’entière dépendance dans un couple. J’avoue cependant que durant le volume 2, Edward m’a tout de même bien fait rire. Je sais que ce n’était pas écrit pour, mais… aller se suicider en se mettant au soleil pour briller de milles feux et se révéler aux yeux du monde… excusez-moi mais : HA HA HA ! Hum. Bref, Edward m’a énervé la plupart du temps, ce qui forcément n’aide pas lorsque la quasi-totalité de l’intrigue tourne autour de sa personne.
Le cas de Bella est plus compliqué. Bella aurait pu me plaire. Dans les histoires fantastiques, j’ai une affection toute particulière pour les humains d’ailleurs. Ensuite, Bella est une ado et, par définition une ado, c’est irritant et ça ne voit pas forcément plus loin que le bout de son nez, sans parler des hormones et de l’hyper-sensibilité. C’est normal et, si vous décrivez une gamine de 17 ans comme une adulte équilibrée, il y a un problème. Je fais d’ailleurs parti de ceux qui approuvent le Harry du tome 5 d’HP, parce que bah OUI, quand on fait sa crise d’ado on se conduit exactement comme ça. Mais je digresse. Meyer a donc voulu faire de Bella une bonne ado, mais elle en a trop fait. Bella a 17 ans et se conduit comme si elle en avait 15. Après, vous me direz qu’on ne choisit pas quand est-ce qu’on acquiert un peu de maturité et donc que ce n’est pas un argument. SAUF, qu’elle est également décrite comme une personne plus mature que les jeunes de son âge, ce qu’elle n’est pas du tout. Autre incohérence : Bella est censée être asociale, sans grand intérêt et très maladroite. Déjà, je trouve que ça fait un peu beaucoup pour une seule personne, mais en plus elle se fait tout de suite des amis qui la trouvent formidable, au total 5 garçons tombent amoureux d’elles (dont deux sont près à mourir pour elle, les deux étant respectivement un vampire et un loup-garou) et elle devient un petit peu la coqueluche du lycée. Une petite voix dans ma tête hurle à la Mary-Sue. Cependant, pour sa défense, je l’ai beaucoup plus appréciée dans le film, parce qu’elle était traitée avec plus de subtilité.
Tout ça pour dire que… ouais, mais non.
Dans The Host, la situation est différente et j’ai au contraire beaucoup d’affection pour l’héroïne, Vagabonde, qui est en fait un vers de terre brillant qui loge dans la colonne vertébrale de l’humaine (Mélanie) où elle a été logée (on ne lui a pas vraiment laissé le choix). Elle est agréable à suivre, forte de caractère, débrouillarde et un petit peu perdue dans un monde qu’elle ne connait pas. Le corps qui lui sert d’hôte possède également une personnalité bien à lui et très humaine. Jared, le grand amour de Mélanie, et raison pour laquelle Vagabonde va trahir les siens, est le second personnage principal. Il m’a un petit peu fait penser à Jacob, dans le sens où, lui aussi, est très faillible et dévoré par les doutes. Sans l’aimer particulièrement, il m’est sympathique et j’ai apprécié la manière dont sa réaction face à Mélanie/Vagabonde a été traitée (il l’a rejette durant les ¾ du bouquin mais ne peut se résoudre à la tuer).
2. Je me sacrifie donc je suis.
S’il y a bien quelque chose que je ne supporte pas dans quelque histoire que ce soit, c’est le sacrifice glorieux porté aux nues. Non, non et non ! Or, chez Stephenie Meyer, les personnages ont des envies de suicide à tour de bras ce qui m’irrite profondément.
Déjà, glorifier le suicide n’est pas quelque chose dont il faut se vanter et ensuite, ce n’est pas beau ou courageux. C’est lâche et stupide.
- – Bella et Edward font régulièrement un concours de Oui-mais-si-ça-peut-te-sauver-je-meurs ou alors de je-ne-te-survivrai-pas-X-se chargera-de-mettre-fin-à-mes-jours. (Bonus pour Edward qui va quand même jusqu’à proposer à Jacob d’engrosser Bella à sa place après qu’elle aie avorté ou alors de le tuer une fois que Bella sera morte en couche.)
- – Bella veut se sacrifier pour les Cullen/son bébé/Edward/sa famille/sa ville au moins une fois par volume.
- – Jacob y passe aussi plus ou moins (mais il préfère résoudre ses problèmes en tapant sur les gens en général ou en fuyant loin dans la forêt… j’aime bien Jacob, il est terre à terre.).
- – Mélanie ET Vagabondes essayent au moins deux fois de mourir et sont toutes les deux conduites par un grand esprit de sacrifice (surtout Vagabonde, Mélanie est un peu plus « égoïste »).
Je dis STOP.
Se sacrifier n’a rien de noble, à part éventuellement dans l’idée et encore. Arrêtons de mettre des vierges sacrificielles partout ! Dans un épisode de Torchwood (le 2×01 pour être précise), l’héroïne, Gwen, en vient aussi à un moment à devoir se sacrifier et je me souviens très bien que cela m’avait énervé parce qu’elle y allait sans un regard en arrière et sans véritable terreur apparente. Non, non et non. Quand on fonce droit vers sa mort et qu’on ne l’a pas véritablement choisie, en général la première réaction, c’est la panique, les cris et les larmes, pas les longs regards langoureux. Sans compter que l’esprit sacrificiel est bien moins répandu que ce que tout le monde semble croire. Regarder (ou lisez ) La Guerre des mondes ou La Route, ça c’est une bonne peinture de l’instinct de survie de base !
[la suite demain ! ]