Archive pour mars 2009

Lectures : Mister Pip (Lloyd Jones)

Mister Pip
Lloyd Jones
M. Lafon

Histoire (résumé des éditeurs)
Depuis l’arrivée des soldats sur l’île [...], il ne reste qu’un seul Blanc dans le village où habite la jeune Matilda. Il s’appelle M. Watts, porte un nez de clown, promène sa femme dans un chariot et s’improvise maître d’école. Chaque leçon commence par la lecture à voix haute d’un chapitre des Grandes Espérances, écrit par l’un de ses amis, M. Dickens.
Alors que les échanges de tirs résonnent dans les montagnes, Matilda et ses camarades se passionnent pour les aventures vieilles d’un siècle d’un petit orphelin surnommé Pip, dans une ville appelée Londres, dont les contours leur semblent bientôt plus réels que leur région à feu et à sang. À leur tour, quelques adultes du village poussent la porte de l’école et viennent raconter leurs propres histoires, pour transmettre aux enfants la sagesse des anciens. Mais dans une île ravagée par la guerre, l’imagination ne protège pas toujours de la folie des hommes.

Revue de presse :
Mister Pip met en scène et en abyme, de façon subtile mais vertigineuse, l’empathie narrative. L’auteur, homme blanc dans la cinquantaine, se glisse dans la peau d’une fillette noire de 13 ans, qui se glisse dans la peau du héros d’un roman écrit cent cinquante ans plus tôt à l’autre bout de la planète – et nous, lecteurs, nous glissons à notre tour dans la peau des enfants éberlués, des parents affolés, des rebelles aux abois et, surtout, de ce magnifique désespéré qu’est M. Watts. Lloyd Jones nous offre là non seulement une histoire palpitante, vive, sensuelle, colorée, humaine, dans laquelle la tendresse la plus poignante alterne avec la violence la plus extrême (la lecture de certaines pages est suffocante) – mais aussi, en toute humilité, une leçon magistrale, à méditer par tous les professeurs de littérature à travers le monde. Le roman, nous rappelle-t-il encore et encore, nous donne la permission de changer notre vie.

Avis personnel
Mister Pip est un roman qui a réussi non seulement à me tenir en haleine et à me faire parler de lui, mais également à me laisser totalement hébétée à la fin, si bien que j’ai décidé d’en faire une petite présentation.
Lorsque je l’ai ouvert et, jusqu’à mi-parcours, je me disais : « mais pourquoi est-ce qu’on ne l’a pas mis en jeunesse/ado à la bib ? ». C’était, selon moi, un excellent bouquin pour ado et je trouvais dommage qu’on le cache en secteur adulte. Et puis, finalement, après, j’ai compris que l’histoire était universelle et surtout très violente. Thème oblige, la violence est présente dès le début de l’histoire. Elle est là, on en a conscience de loin en loin, mais elle reste presque aseptisée et effacée devant la relation que noue l’héroïne avec Pip, le héros des Grandes espérances, mais également avec M. Watts et puis, au détour d’une âge, elle vous explose à la gueule et vous laisse sans voix. On réalise alors qu’on a eu tant de plaisir à suivre Matilda, son quotidien et son introduction à la magie de l’écriture que l’on en a oublié la guerre et toute son horreur.
J’ai, personnellement, été prise à la gorge.
Le livre est donc beau, par bien des aspects. Il décrit un apprentissage de la lecture et de l’imaginaire tout en étant sans cesse susceptible de basculer dans l’horreur. Cette hésitation constante est très très bien gérée.
Je pensais aussi qu’il était presque nécessaire d’avoir lu un peu de Dickens pour comprendre toute la portée de l’ouvrage, mais en fait… non. Ce n’est pas du tout nécessaire. Comme je l’ai dit, l’histoire est universelle et l’on s’aperçoit que celle des grandes espérances l’est tout autant.

Note : 8,5/10

Lectures : Couleur de peau : Miel (Jung)

Couleur de peau : Miel (tome 1)
Jung
Soleil production

Histoire (présentation de l’éditeur) :
Je savais bien que je n’étais pas japonais. Mais quand je me regardais dans un miroir, je ne me sentais pas belge non plus ! Je voyais un coréen. C’était inéluctable. Et ça ne me rappelait pas de bons souvenirs…
Couleur de peau : Miel est le récit autobiographique de l’auteur. Abandonné à l’âge de 5ans en Corée du Sud, il sera adopté deux mois plus tard par une famille belge. Histoire d’un abandon, d’une adaptation et d’un enfant déraciné, cette bande dessinée raconte pudiquement comment un enfant devenu adulte arrive à revenir sur les évènements et les doutes qui ont façonné sa vie.

Avis personnel
Jung approche vraiment joliment le thème de l’adoption et de la perte de son identité. Le dessin rond accompagne un récit vivant, drôle et sensible qui ne verse jamais dans le pathétique ni dans le superficiel. Il approche aussi bien l’histoire d’un petit garçon qui doit se réinventer des origines que celle d’un pays déchiré par le guerre et où le taux d’enfants abandonnés est le plus fort au monde. J’attends avec impatience le second tome qui va raconter son retour en Corée et son expérience avec un pays qu’il a presque oublié totalement et contre lequel il a beaucoup de griefs mais aussi de fascination.
Pour conclure, je dirais que Couleur de peau : Miel a été une lecture très intéressante et instructive car en plus d’être rafraîchissante, cette lecture est également intelligente et a eu le mérite de m’apprendre quelque chose.

Note : 8/10

Questionnaire

Parce que ça faisait longtemps que j’avais envie de le faire :

1) Plutôt corne ou marque-page ?
Je corne mes livres. Oui, je l’avoue, je suis bibliothécaire et je corne mes bouquins (mais que les miens)! Et d’ailleurs, la première chose que je fais quand j’achète un nouveau livre, c’est de faire craquer la couverture. Et de le sentir. Je sniffe les livres neufs. Et je préfère que mes livres soient usés et que ça se voit.

2) As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?
Bien entendu ! D’ailleurs si vous voulez me faire plaisir et être sûrs de ne pas vous trompez… offrez moi à lire !

3) Lis-tu dans ton bain ?
Ouip ! J’ai un sacré bon nombre de bouquins un peu gondolés à cause de ça d’ailleurs. Le premier livre que j’ai lu dans mon bain, ça a été Mimi Cracra ! Je l’ai encore et il est tombé dans la flotte plus d’une fois… On a toujours réussi à le ravoir en le faisant sécher sur le radiateur.

4) As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
Oui. Mais, après une grosse remise en question vers 17/18 ans, je me suis rendue compte que je n’avais pas ce qui fait un bon écrivain (la « flamme », dont j’ai déjà parlé ici). Par contre, j’aime toujours écrire et j’ai plusieurs projets que je compte bien mener à terme, ainsi qu’un certain nombres de nouvelles achevées qui ne sortent jamais de mon disque dur. ^^ Simplement, je ne les considère pas comme des « livres », vu qu’ils ne verront jamais le jour sur un quelconque support papier.

5) Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?
J’aime bien, mais si c’est trop long, je décroche. Le phénomène se produit surtout avec les mangas. L’assassin royal a réussi à me tenir en haleine et plusieurs autres séries plus courtes comme Harry Potter, Everworld, Ender etc… Mais, mon goût ira plutôt vers les volumes uniques. On va dire que je ne commencerais pas un truc en xxxx volumes s’il ne m’a pas été recommandé chaudement.

6)As-tu un livre culte ?
J’en ai plusieurs.
Le Parfum – Patrick Süskind
La nuit des enfants rois – Bernard Lenteric
La Route – Cormac McCarty
L’écume des jours – Boris Vian
Les fleurs du mal – Baudelaire
Lorenzaccio – Musset

7) Aimes-tu relire ?
Ca dépend. Je relis peu, mais par exemple, les livres cités ci-dessus je les ais relus plusieurs fois. J’arrive plus à relire la poésie et le théâtre aussi.

8 ) Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimé ?
J’aime bien les dédicaces, mais je préfère entendre les auteurs parler sur un thème lors d’une conférence, parce que bon, après tout qu’est ce que je pourrais bien leur dire et inversement ?

9) Aimes-tu parler de tes lectures ?
Hum. Bah heu, oui ! :D

10) Comment choisis-tu tes livres ?
La couverture. Ensuite le résumé. Mais bon, en général, je vais lire un truc parce que j’en ai entendu parler quelque part, j’achète rarement au hasard.

11) Une lecture inavouable ?
Je ne crois pas. J’assume très bien mes lectures.

12) Des endroits préférés pour lire?
Dans le train. Je ne lis quasiment que dans les transports. Ah ! Et dans le bain !

13) Un livre idéal pour toi serait ?
De bons personnages principaux construits et intéressants + de chouettes personnages dans le fonds qui servent à rien ou presque mais ça serait pas pareil sans eux + une histoire de fin du monde ou de cataclysme + une histoire d’amour réaliste + un soupçon de merveilleux/sf + un peu de réflexion métaphysique sur les religions, le bien et le mal, la notion de manichéisme + un retournement de situation en plein milieu du roman (je rêve de lire un truc où l’on se rend compte en plein milieu que le héros n’est PAS le gentil de l’histoire comme on le croyait) + une fin réfléchit à l’avance et pas bâclée.

14) Lire par-dessus l’épaule ?
Nan. Je déteste quand on me le fait.

15) Télé, jeux vidéos ou livre ?
Livre. Je ne regarde pas la TV et je ne joue pas aux jeux vidéos. Par contre, je vais beaucoup au cinéma (surtout depuis que j’ai la carte UGC ciné cité illimité).

16) Lire et manger ?
Sans problème. Si vous saviez le nombre de traces de chocolats que j’ai dans mes bouquins…

17) Lecture en musique, en silence, peu importe ?
Musique. Mais par contre, pour certaines lectures je vais la sélectionner. Je me vois mal lire un roman sentimental sur du Marylin Manson.

18) Lire un livre électronique ?
Ca me ferait mal aux yeux, mais j’aimerai bien essayer au moins pour voir.

19) Le livre vous tombe des mains : aller jusqu’au bout ou pas ?
Jusqu’au bout. J’ai une grosse tendance masochiste et j’espère toujours arriver à trouver du bon même si c’est dans les toutes dernières pages. Je n’ai jamais reposé que deux livres dans ma vie après-tout (l’un étant La Nouvelle Héloïse de Rousseau.)

Stephenie Meyer ou quand la romance écrase l’histoire 2/2

(SPOILERS sur tout Twilight et The Host)

3. Romance, romance, romance

Stephenie Meyer écrit avant tout des histoires d’amour. Elle le dit elle-même et je pense que quiconque ayant lu un de ses romans est capable de s’en apercevoir. Alors, je ne suis pas du tout contre la romance, au contraire, mais je préfère qu’elle s’intègre dans le récit, plutôt que ce soit ce dernier qui s’intègre dans la romance (vous me suivez). Une des meilleurs histoires d’amour (pour moi :p) jamais mis en scène est d’ailleurs celle de Han Solo et Leïa dans Star Wars !
A mon goût pour rendre une histoire d’amour vraiment puissante, il est essentiel qu’elle prenne place dans une histoire bien construite. Le problème que j’ai rencontré avec Stephenie Meyer c’est que la romance éclipse absolument tout. Dans Twilight, c’est plus qu’évident, en enlevant la romance d’Edward et Bella il ne reste pas grand chose (sauf les loup-garous qui sont une des raisons pour laquelle j’ai continué à lire après le volume 2). Dans The Host où le scénario est plus tangible, construit et important, on rencontre moins ce problème. Cependant, il ne disparaît pas totalement et il m’est arrivé plusieurs fois de penser mentalement : «Pffff, bon, vivement qu’ils finissent que l’histoire reprenne! ».
A ce défaut, s’ajoute la propension de Meyer à l’exagération. Il n’y a qu’à voir ses descriptions d’Edward pour ça (projection fantasmée, bonjour!). Elle écrit donc des histoires d’amour total, unique et absolu (avec beaucoup d’adjectifs…). Or, s’il y a bien une chose que l’on apprend en grandissant c’est que la passion brûle fort, mais se consume vite et qu’une relation fusionnelle d’interdépendance n’est pas saine pour un couple. Il était ainsi évident dès le départ que Bella ne resterait pas humaine, mais je continue profondément de regretter qu’elle n’ait pas choisi Jacob. Non pas parce que je n’aime pas Edward mais tout simplement parce que cela aurait été beaucoup plus intéressant à mon avis et surtout plus crédible. Le problème de Bella, pour moi, réside entre autre dans son aveuglement, alors que la quasi totalité des personnages essaye de lui faire voir ce qu’elle refuse de prendre en considération. Elle reproduit ici un schéma qui n’a rien d’original. Alors, oui, c’est très ado comme comportement et cela aurait pu être intéressant à traiter. Ce qui m’a bloqué, c’est que Meyer n’utilise pas ça pour traiter d’une relation qui n’a rien de sain et qui est complètement déformée par rapport à la réalité. Non, elle s’en sert pour en faire une grande Love Story qui est érigée en modèle. Je m’insurge et vous renvoie sur cette petite illustration qui aura eu le mérite de me faire bien rire.

4. Hetero-normativité quand tu nous tiens et happy end

Si le devenir de Bella (je me marie à 19 ans, je fais un bébé et j’abandonne mes études et ma famille pour rester à la maison et en compagnie de celui que j’aime) ne me convient pas du tout, la fin de The Host a été pour moi une déception encore plus vive, sans doute parce que j’avais plutôt bien aimé les ¾ du bouquin. On a en effet l’impression que le récit prône l’indépendance de la femme, le droit à la différence et l’amour en liberté. Consternation donc, lorsque après un suicide avorté (sic) l’héroïne trouve un nouveau corps (soit-disant plus adapté et où elle n’a pas eu à écraser d’hôte avant, mais qui en fait la prive d’une grosse partie de la personnalité qui me plaisait chez elle), ce qui permet de, non seulement libérer son hôte (Mélanie) qui retrouve son grand amour, mais également pour elle de concrétiser sa propre histoire avec un personnage annexe (qui n’est pas celui dont Mélanie est amoureuse, tadaaamm). Je proteste ! L’histoire était à la base très intéressante dans toute ses impossibilités pour tous les personnages, j’ai donc trouvé très dommage que tout s’arrange et que tout finisse « bien ». Je ne comprends pas cette obsession chez Stephenie Meyer à ce que tout finisse bien et surtout à ce que tous les personnages finissent heureux et en couple. Dans Twilight, elle va ainsi jusqu’à flanquer Jacob (amoureux éconduit) avec la propre gamine de Bella qui est quand même encore enfant (et je sais que c’est censé être justifié et pas malsain etc… Mais non.) !
Une histoire d’amour et même une histoire tout court peut finir mal  ! Parfois il vaut d’ailleurs mieux que ça soit le cas pour lui donner une dimension mythique (ex. Roméo et Juliette, Titanic, Moulin Rouge, Brokeback Mountain…). Dans certains cas une mort ou un élément désastreux peuvent donner une puissance inégalée à un récit et je suis vraiment persuadée que les histoires de Stephenie Meyer auraient profondément gagnées à ne pas se finir en happy end. Elle reproduit en fait le schéma du bonheur occidental « normé ». Un mariage à l’église, des enfants, une maison et puis pourquoi pas  un chien aussi. Je peux imaginer un certain nombre de fins qui m’auraient plus satisfaites.

  • Bella meurt en couche et Edward est obligé de s’occuper de l’enfant qui l’a privé de l’amour de sa vie.
  • Bella est obligée d’avorter (avec son accord ou non) et décide donc de retourner avec Jacob tout en ne pouvant se défaire de l’influence qu’à Edward sur elle.
  • Etc…

Je pense que des retournements de situations de ce style, m’auraient fait beaucoup plus apprécier une histoire que j’ai trouvé au final presque sans intérêt.
Pour The Host, c’était plus simple, il aurait fallu que l’héroïne meurt (mais pas en se suicidant comme elle le fait ! Qu’elle se fasse tuer par les siens aurait été intéressant), ça aurait fait d’elle un martyre. Ou alors qu’elle ne meurt pas mais qu’elle se réveille en se rendant compte qu’elle a tué son hôte à la place. Et vlan, le poids de la culpabilité.
Le happy end n’est pas une nécessité ! Alors, n’allez pas croire non plus que je privilégie la tragédie, pas du tout ! Mais, tout est une question de dosage et de ne pas tomber dans les extrêmes (ce que Twilight fait très bien par exemple).

Finalement, même après avoir lu les 4 volumes de Twilight et The Host, mon opinion de Stephenie Meyer et de ses romans n’a que très peu changé. Je lui reconnais certaines choses : un certain talent de conteuse qui se retrouve dans quelques chapitres précis, des idées intéressantes et parfois originales qui ne sont que peu exploitées cependant à mon goût et la capacité à happer son lecteur. Alors, on peut ne pas y avoir été sensible, mais quand on voit combien de personnes ont acheté non seulement le premier volume, mais également la suite, c’est qu’il y a forcément un petit quelque chose. Je reste cependant très déçue. Comme je l’ai dit, ses romans avaient certains ingrédients qui auraient pu me séduire et certains aspects m’ont plu malgré tout, mais trop d’incohérences, trop de  surenchère dans la romance, ainsi qu’une écriture trop faible m’ont empêché de vraiment apprécier ces lectures.
Dommage, ça aurait pu.

(et pour finir sur une note plus légère)

Stephenie Meyer ou, quand la romance écrase l’histoire (1/2)

Vous en rêviez, je le sais !
SPOILERS sur Twilight et The Host (sur tous les bouquins sans distinctions)

Alors, avant de commencer quelques petites choses :

  • – J’ai lu The Host/les âmes vagabondes en français, j’ai écouté (audiobook) et lu les Twilight en français et en anglais. J’ai également vu le film en VOST. On pourrait donc dire que j’ai vécu l’expérience Stephenie Meyer jusqu’au bout. Donc, qu’on ne vienne pas me titiller sur les erreurs de traductions ou le fait qu’il faille que je vois le film ou encore que comme je n’ai pas lu la série en entier, je ne peux pas juger.
  • – Je lis et apprécie de la littérature jeunesse et pour ados. Je dirais que ça représente à peu près 30% de mes lectures, mon âge n’a jamais joué sur mon appréciation de ces deux genres.
  • – Mais, à 13/15 ans, j’aurais adoré Twilight ! J’aurais eu les posters, collectionné les articles et écrit à Robert Patinson en tchèque si j’avais lu quelque part qu’il parlait cette langue.
  • – Je reconnais le caractère addictif de Twilight car, même s’il m’est fréquemment  arrivé de rouler des yeux, de refermer le livre de frustration, voire de rire à gorge déployée à cause de l’absurdité de certaines choses (sérieusement : « hommage marmoréen à un dieu de la beauté désormais oublié » ???), j’ai quand même lu tous les bouquins et me suis surprise à me retrouver happée par certains passages (en particulier, dans mon cas, ceux concernant les loup-garous, car on peut dire ce qu’on veut de Meyer, mais son concept des loup-garous est plutôt sympa et original).
  • – Je n’ai pas profondément détesté Twilight (sinon, je ne serais pas allée au bout) et j’ai même plutôt bien aimé The Host (à part la fin)!

Une fois cette mise au point faite, je ne me propose pas de faire vraiment une critique complète de Twilight ou de The Host, mais plutôt de m’attarder sur quelques points qui m’ont interrogé lors de ma lecture. Je ne m’attarderai donc pas sur le style que j’ai trouvé banal, voire franchement lourd à certains moments, ni sur le côté mormon, beaucoup trop prononcé à mon goût (surtout dans le 3e et 4e livres de Twilight), ou encore sur l’absence totale de scène de lit (je parle de vraie scène de lit et pas de l’ellipse qui sert de concrétisation à Edward et Bella dans le tome 4) dans des bouquins pour ados qualifiés de « sensuels » (je cherche toujours personnellement), mais plutôt sur des points de construction de l’intrigue et des personnages.

The Host/Les âmes vagabondes (résumé)
Twilight (résumé)
Pour ceux qui ne sauraient pas de quoi je parle

1. L’importance du personnage principal

J’ai préféré The Host à Twilight, principalement à cause des personnages principaux. Disons le tel quel, j’ai eu beaucoup de mal avec Bella et encore plus avec Edward.

Pour Edward, cela s’explique facilement, il est trop parfait à mon goût (mais seulement en superficie, si on creuse un peu on se rend compte qu’il est très manipulateur) et me tape sur le système. Contrairement à ce que j’ai pu lire, ses grandes déclarations enflammées et son amour débordant pour Bella, ne m’ont pas touchés du tout. Sans doute parce que je ne le trouve pas crédible et que je ne trouve pas saine l’entière dépendance dans un couple. J’avoue cependant que durant le volume 2, Edward m’a tout de même bien fait rire. Je sais que ce n’était pas écrit pour, mais… aller se suicider en se mettant au soleil pour  briller de milles feux et se révéler aux yeux du monde… excusez-moi mais : HA HA HA ! Hum. Bref, Edward m’a énervé la plupart du temps, ce qui forcément n’aide pas lorsque la quasi-totalité de l’intrigue tourne autour de sa personne.

Le cas de Bella est plus compliqué. Bella aurait pu me plaire. Dans les histoires fantastiques, j’ai une affection toute particulière pour les humains d’ailleurs. Ensuite, Bella est une ado et, par définition une ado, c’est irritant et ça ne voit pas forcément plus loin que le bout de son nez, sans parler des hormones et de l’hyper-sensibilité. C’est normal et, si vous décrivez une gamine de 17 ans comme une adulte équilibrée, il y a un problème. Je fais d’ailleurs parti de ceux qui approuvent le Harry du tome 5 d’HP, parce que bah OUI, quand on fait sa crise d’ado on se conduit exactement comme ça. Mais je digresse. Meyer a donc voulu faire de Bella une bonne ado, mais elle en a trop fait. Bella a 17 ans et se conduit comme si elle en avait 15. Après, vous me direz qu’on ne choisit pas quand est-ce qu’on acquiert un peu de maturité et donc que ce n’est pas un argument. SAUF, qu’elle est également décrite comme une personne plus mature que les jeunes de son âge, ce qu’elle n’est pas du tout. Autre incohérence : Bella est censée être asociale, sans grand intérêt et très maladroite. Déjà, je trouve que ça fait un peu beaucoup pour une seule personne, mais en plus elle se fait tout de suite des amis qui la trouvent formidable, au total 5 garçons tombent amoureux d’elles (dont deux sont près à mourir pour elle, les deux étant respectivement un vampire et un loup-garou) et elle devient un petit peu la coqueluche du lycée. Une petite voix dans ma tête hurle à la Mary-Sue. Cependant, pour sa défense, je l’ai beaucoup plus appréciée dans le film, parce qu’elle était traitée avec plus de subtilité.
Tout ça pour dire que… ouais, mais non.

Dans The Host, la situation est différente et j’ai au contraire beaucoup d’affection pour l’héroïne, Vagabonde, qui est en fait un vers de terre brillant qui loge dans la colonne vertébrale de l’humaine (Mélanie) où elle a été logée (on ne lui a pas vraiment laissé le choix). Elle est agréable à suivre, forte de caractère, débrouillarde et un petit peu perdue dans un monde qu’elle ne connait pas. Le corps qui lui sert d’hôte possède également une personnalité bien à lui et très humaine. Jared, le grand amour de Mélanie, et raison pour laquelle Vagabonde va trahir les siens, est le second personnage principal. Il m’a un petit peu fait penser à Jacob, dans le sens où, lui aussi, est très faillible et dévoré par les doutes. Sans l’aimer particulièrement, il m’est sympathique et j’ai apprécié la manière dont sa réaction face à Mélanie/Vagabonde a été traitée (il l’a rejette durant les ¾ du bouquin mais ne peut se résoudre à la tuer).

2. Je me sacrifie donc je suis.

S’il y a bien quelque chose que je ne  supporte pas dans quelque histoire que ce soit, c’est le sacrifice glorieux porté aux nues. Non, non et non ! Or, chez Stephenie Meyer, les personnages ont des envies de suicide à tour de bras ce qui m’irrite profondément.
Déjà, glorifier le suicide n’est pas quelque chose dont il faut se vanter et ensuite, ce n’est pas beau ou courageux. C’est lâche et stupide.

  • – Bella et Edward font régulièrement un concours de Oui-mais-si-ça-peut-te-sauver-je-meurs ou alors de je-ne-te-survivrai-pas-X-se chargera-de-mettre-fin-à-mes-jours. (Bonus pour Edward qui va quand même jusqu’à proposer à Jacob d’engrosser Bella à sa place après qu’elle aie avorté ou alors de le tuer une fois que Bella sera morte en couche.)
  • – Bella veut se sacrifier pour les Cullen/son bébé/Edward/sa famille/sa ville au moins une fois par volume.
  • – Jacob y passe aussi plus ou moins (mais il préfère résoudre ses problèmes en tapant sur les gens en général ou en fuyant loin dans la forêt… j’aime bien Jacob, il est terre à terre.).
  • – Mélanie ET Vagabondes essayent au moins deux fois de mourir et sont toutes les deux conduites par un grand esprit de sacrifice (surtout Vagabonde, Mélanie est un peu plus « égoïste »).

Je dis STOP.
Se sacrifier n’a rien de noble, à part éventuellement dans l’idée et encore. Arrêtons de mettre des vierges sacrificielles partout ! Dans un épisode de Torchwood (le 2×01 pour être précise), l’héroïne, Gwen, en vient aussi à un moment à devoir se sacrifier et je me souviens très bien que cela m’avait énervé parce qu’elle y allait sans un regard en arrière et sans véritable terreur apparente. Non, non et non. Quand on fonce droit vers sa mort et qu’on ne l’a pas véritablement choisie, en général la première réaction, c’est la panique, les cris et les larmes, pas les longs regards langoureux. Sans compter que l’esprit sacrificiel est bien moins répandu que ce que tout le monde semble croire. Regarder (ou lisez ) La Guerre des mondes ou La Route, ça c’est une bonne peinture de l’instinct de survie de base !

[la suite demain ! ]

Bilan mensuel : février

Ce mois-ci, j’ai lu :
- 20 BD, comics et mangas. Les très bonnes surprises : Les sous-sols du révolu (Marc-Antoine Mathieu), les dix volumes d’Eyeshield 21 que j’ai pu avaler, La chute de vélo (Etienne Davodeau).
- 5 livres et deux audiobooks

  • Les fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire (Vikas Swarup) : 4.5/5
  • Les âmes vagabondes (Stephenie Meyer) : 3/5
  • Bad Monkeys (Matt Ruff) : 3.75/5
  • Twilight/Fascination (Stephenie Meyer) – audiobook : 2.5/5
  • New Moon/Tentation (Stephenie Meyer) : 2/5
  • Eclipse/Hésitation (Stephenie Meyer) – audiobook : 2/5
  • L’amour fait mal (William Boyd) : (en cours)

Ce mois ci j’ai vu :
- Toujours beaucoup trop d’épisodes de séries TV…
Mes découvertes :
Being Human, Dollhouse.
- 5 films (petit score, mais j’étais en vacances 10j à l’étranger)

  • The Fall (4/5)
  • Terminator (3/5)
  • Tout est illuminé (4/5)
  • The Wrestler (4/5)
  • 7 vies (3/5)


Introduction

Bienvenue sur Intercal{Air}e.

Vous trouverez ici des réactions à l’actualité culturelle, des comptes rendus de manifestations, des observations, éventuellement des critiques de livres.
Je tiens également à préciser que les opinions avancées ici n’engagent que moi et moi seule et que je suis bien sûre ouverte à la discussion dans les commentaires.

 

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