Archive pour février 2009

Lectures : Dômu, rêves d’enfants (Katsuhiro Otomo)

Aujourd’hui, parlons manga, parce que NON, les mangas ce ne sont pas que de grosses onomatopées sur toute la page, du sexe et de la violence ! (un jour je ferai des reviews de tous mes mangas cultes !)

Domu : Rêves d’enfants
Katsuhiro Otomo
Les humanoïdes associés

Histoire (présentation de l’éditeur)
Dômu aurait pu être l’histoire banale d’une banlieue japonaise… Dômu aurait pu être un simple polar sur des meurtres inexpliqués dans une cité perdue… Dômu aurait pu se suffire d’une satire sociale de la société japonaise contemporaine… Mais dans les mains de Katsuhiro Otomo, Dômu devient un miroir du fossé culturel qui sépare la jeunesse et les adultes au pays du soleil levant. Une sombre métaphore matérialisée par les affrontements homériques d’une petite fille et d’un vieillard à base de pouvoirs psychiques… Inoubliable.

Avis personnel
Dômu est un de ces mangas qui fiche une grande claque dans la figure sans que l’on sache vraiment mettre des mots dessus. Plus qu’un policier et un manga de SF, Dômu captive son lecteur avec une action à 100 à l’heure et le fait pénétrer dans un univers réaliste mais décalé où se mêlent pouvoirs surnaturels, destruction et esthétisation de la violence, le tout formant un conte cruel sur la séparation du monde des enfants du monde des adultes. Les deux mondes ne se rencontrent jamais, ils ne font que se frôler et c’est ce qui rend ce manga si intéressant à mon goût. On y trouve cette obsession du détail qu’Otomo réutilisera dans Akira quelques années plus tard, ainsi que la quasi absence de dialogue ce qui en fait avant tout un récit graphique. Une très grande réussite.

Note : 9/10

Lectures : Bad Monkeys (Matt Ruff)

Quelques jours de silence, parce que voyez vous, j’étais là (entre autre) :
Mais, je n’ai pas perdu mon temps, vu que j’ai eu beaucoup, beaucoup d’heures de bus, ce qui a m’a permis d’enfin essayer de me faire par moi-même une idée du travail de Stephenie Meyer ! Bon, donc, j’ai écouté l’audiobook de Twilight/fascination et j’ai lu New Moon/Tentation ainsi que The Host/Les âmes vagabondes. J’attends d’avoir fini les deux derniers livres qui me restent avant de faire un article dessus, parce que j’ai beaucoup de choses à dire.

En attendant, je vous propose une petite review, d’un très chouette bouquin de SF, aussi lu dans le bus ! ^o^

- – -

Bad Monkeys
Matt Ruff
10/18

Histoire (résumé de l’éditeur)
De nos jours, dans un monde qui ressemble comme deux gouttes d’eau au nôtre et qui pourtant n’est pas tout à fait le même… Jane Charlotte est arrêtée en flagrant délit, pour un meurtre qu’elle vient de commettre. Au commissariat, elle raconte aux inspecteurs une histoire invraisemblable : elle fait partie d’une organisation secrète dont la mission serait d’éradiquer les êtres malfaisants qui ont échappé à la justice, surnommés les ‘Bad Monkeys’. Son aveu la conduit tout droit à la prison de Las Vegas, dans l’aile psychiatrique, où elle est interrogée par un médecin. Jane Charlotte entame alors le récit de sa vie : son adolescence difficile, son recrutement par l’organisation, ses premières missions…

Avis personnel
Bad Monkeys est un roman de SF relativement court (~300p.) et très accessible, ce qui est surprenant pour le genre (un vrai roman de SF est en général difficile d’accès au moins au début lorsqu’on est peu habitué au genre). Construit comme un thriller, mais aussi comme un drame psychologique, il ballotte le lecteur d’une théorie à l’autre et le tient en haleine jusqu’à la révélation finale qui est plus que surprenante (on peut échafauder des théories, mais je ne pense pas qu’on puisse trouver de réponse avant de l’avoir sous les yeux).
Le roman se lit très vite (l’action est extrêmement rapide/dense) et vraiment facilement tout en étant une réussite stylistique et scénariste.
Petit extrait d’une critique d’Evène que je trouve particulièrement juste :
Entre thriller, ambiance fantastique et technologie SF, Ruff joue à tromper son monde, s’amuse à mélanger les genres, entre délire paranoïaque d’une mythomane forcenée ou mystère de la lutte du bien contre le mal connu seulement d’une poignée d’élus. L’influence de Philip K. Dick saute aux yeux, mais loin de faire dans la redite, l’auteur a parfaitement digéré ses influences pour aboutir à un récit enlevé et rythmé, qui se permet même de friser parfois la parodie sans que la tension dramatique n’en soit amoindrie. L’écriture fluide, rapide, s’accélère au fur et à mesure que tout (ne) s’éclaire (pas). ‘Bad Monkeys’ est de ces livres que l’on dévore sans regarder l’heure qui passe, avec un plaisir réel. Le piège a fonctionné, et le lecteur-victime est le premier à s’en féliciter.

Note : 7,5/10

Lectures : Le soldat et le gramophone

Le soldat et le gramophone
Sasa Stanisic
Stock

Histoire (résumé de l’éditeur)
Aleksandar grandit près de Višegrad, dans ce qui est encore la Yougoslavie, quand se produit un drame : la mort de son grand-père Slavko. Celui dont les récits légendaires du communisme l’ont enchanté, et auquel il a fait le serment de transformer la réalité en histoires, l’enfant espère jusqu’au bout le réveiller. Son grand-père adoré n’a t- il pas fait de lui un magicien ? Mais il faudra que les pouvoirs d’Aleksandar soient grands car la guerre est proche. Viendront le temps de l’exil et d’une intégration difficile dans l’Allemagne des années 1990, obsédée par le productivisme et le coût de la réunification. L’évocation inoubliable d’une guerre qui s’est jouée tout près de nos frontières, dans l’indif- férence et l’incompréhension générales. Le destin d’une famille aux personnages picaresques. Le regard d’un enfant, plus préoccupé des malheurs de ses proches, de l’issue d’un match de football, de ses premières amours, que de l’avenir de son pays mais dont le récit spontané souligne la violence avec laquelle la guerre fait irruption dans le quotidien. Puis Aleksandar grandit et dès que l’occasion lui est donnée d’écrire, il ne cessera d’évoquer son enfance et le souvenir de son pays perdu. Le lecteur assiste alors à la naissance d’un prodigieux écrivain pour son plus grand plaisir.

Avis personnel
Mon coup de cœur 2008 ! J’en ai déjà parlé et reparlé à en casser les oreilles à certaines personnes, mais je le maintiens, ce roman est un bijou, une merveille, un délice et une œuvre d’art ! En plus c’est un premier roman d’un tout juste trentenaire ; chapeau bas (les premiers romans ne sont pas forcément bon, mais celui-ci l’est en l’occurrence!) .
Sasa Stanisic ou Sasha Stanichitsch – prononcé correctement – est un magicien des mots et l’on devine rapidement que c’est une autobiographie qu’il nous propose en changeant quelques noms et en laissant place à son monde imaginaire, seul refuge pour l’enfant sans patrie qu’il n’a jamais cessé d’être.
Le soldat et le gramophone est donc le roman d’un apatride qui a vu son pays démembré par la guerre et sa famille dispersée aux quatre vents. Le tout est raconté par un enfant qui est bien plus pré-occupé par son monde intérieur et par le bien être des siens que par une guerre qu’il ne comprend pas. Le rêve, la magie et la poésie font ainsi partie intégrante du récit où la violence de certaines réalités tranche donc d’autant plus.
C’est beau et dur, tout en contrastes et en nuances… J’aime !
(sans compter que cela donne un éclairage différent à une guerre que j’étais trop petite pour connaître.)

Note : 10/10

Bilan mensuel : janvier

Wow ! Je ne pensais pas que le dernier billet attirerait autant de monde ! Vous avez fait exploser mes stats !
A part ça, bilan !

Ce mois-ci, j’ai lu :
- 24 BD, comics et mangas. Les très bonnes surprises : Hush (Jeff Loeb/Jim Lee), Couleur de peau : Miel (Jung) et Domu (Otomo).
- 6 livres et demi :

  • La princesse des glaces (Camilla Lackberg) : 2/5
  • Le destin de Linus Hoppe (Anne-Laure Bondoux) : 3/5
  • Rouge baleine (Serge Perez) : 3/5
  • L’homme aux cercles bleus (Fred Vargas) : 3/5
  • La nuit des enfants rois (Bernard Lenteric): 5/5
  • Le pays de Dieu (Douglas Kennedy) : 4/5
  • Mary Tempête (Alain Surget) : en cours

On dit merci mes 3h de transports par jour ! Sinon, beaucoup de jeunesse dans tout ceci. J’avais envie de commencer l’année en douceur et puis je devais en lire certains pour le boulot.

Ce mois ci j’ai vu :
- Beaucoup trop d’épisodes de séries TV… je ne les compte pas et tant mieux parce que ça risquerait de faire peur.
Mes coups de coeurs
: Battlestar Galactica saison 4 !, 30Rock saison 2 et 3, House m.d saison 5.
J’attends : La reprise de Doctor Who et de Torchwood !!! Et celle de Pushing daisies.
- 13 films (… moi je dis, vive la carte UGC ciné cité illimité !)

  • The Commitments (4/5)
  • Dark City (5/5)
  • Million dollars baby (5/5)
  • American Gangster (4/5)
  • Everything is fine (5/5)
  • Mauvais sang (… je me suis endormie et j’ai rien compris)
  • Syriana (bof)
  • Twilight (3/5)
  • Slumdog millionaire (5/5)
  • Les noces rebelles (5/5)
  • Another Country (3/5)
  • Truman Capote (ennuyeux 2.5/5)
  • L’étrange histoire de Benjamin Button (5/5)

Je pense que c’est un bilan plus qu’honnorable ! (même si ça fait un peu peur… mais quand est-ce que je trouve le temps de faire tout ça ???)


Introduction

Bienvenue sur Intercal{Air}e.

Vous trouverez ici des réactions à l’actualité culturelle, des comptes rendus de manifestations, des observations, éventuellement des critiques de livres.
Je tiens également à préciser que les opinions avancées ici n’engagent que moi et moi seule et que je suis bien sûre ouverte à la discussion dans les commentaires.

 

février 2009
L Ma Me J V S D
« jan   mar »
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
232425262728