Archive pour janvier 2009

Métier : écrivain, ou la publication à tout prix

J’ai beaucoup de mal à parler de publication parce que lorsque j’essaye de donner mon avis, je parais très vite méprisante et je finis même parfois par me fâcher avec les gens, ce qui n’est pas du tout le but. Le problème vient du fait que je suis un peu bizarre pour certaines choses et que ce qui paraît profondément logique à quelqu’un ne le sera pas forcément pour moi et inversement. Ainsi, il y a beaucoup de choses que je ne « comprends pas ». Je ne les méprise pas et je ne les juge pas, je ne les comprends pas et cela fait une grosse différence. Cela veut juste dire que je ne parviens pas à éprouver de l’empathie avec la personne qui va me parler du sujet en particulier, ce qui ne va pas m’empêcher de la soutenir dans la mesure de mes moyens.

Il y a donc beaucoup de choses que je ne comprends pas dans le métier d’écrivain. Peut-être est-ce parce que je voulais le devenir moi même, il y a bien dix ans, et que je me suis vite rendue compte que je n’avais pas ce petit plus qui fait un bon écrivain. Je suis persuadée qu’on ne nait pas écrivain et qu’on le devient mais, tout comme pour un artiste, il est nécessaire de posséder ce que j’appelle « la flamme ». Je ne pense pas l’avoir (ou si je l’ai, je ne l’ai pas trouvée) et j’en ai rapidement fait mon deuil. J’écris maintenant uniquement pour mon plaisir et me suis tournée vers la bibliothèque parce que j’ai toujours été meilleure médiatrice qu’écrivaine. La question de la publication revient cependant me triturer les pensées de manière régulière. J’en parle forcément beaucoup avec Célia (nous sommes d’accord sur le fait que nous ne sommes pas d’accord) et le sujet m’a re-titillé lorsque j’ai lu ce post dernièrement.

Il y a peut-être un ou deux ans, un questionnaire très en vogue se diffusait sur Internet. Il s’agissait de nommer les sept choses qu’on aimerait faire avant de mourir. Je suis une des rares à ne pas avoir mis : « être publiée » et j’avoue ne pas du tout comprendre cette fascination qu’exerce la publication sur les gens. Est-ce que parce qu’être publié signifie pour beaucoup être lus ? Ou alors, parce que cela valide l’existence de l’écrivain ? Je n’y ai personnellement pas de réponses, parce que je pense qu’être publié ne signifie pas forcément être lu et que cela ne fait pas non plus l’écrivain. Il y a quelques personnes que je connais (elles se comptent sur les doigts d’une main) qui ne sont pas publiées et que je considère comme des écrivains et beaucoup plus qui, bien que sur le marché, ne le sont pas du tout. Être publié n’est pas non plus un gage de qualité. D’ailleurs, les apprentis écrivains sont les premiers à le reconnaître : le marché est pleins de bouquins qui n’ont qu’une valeur commerciale et dont on ne se souviendra plus dans une demi-dizaine d’année. Donc, ma question reste posée ? Pourquoi ? Pour le rêve d’appartenir à la minorité qui pourra vivre de sa plume ? Pour l’argent ? Mon métier m’a permit, de par mes études, d’être en contact avec le monde de l’édition que je connais donc un petit peu. Je sais, par exemple, que seul un manuscrit sur 1000 est publié et que les éditeurs (je parle des grosses maisons, moins des petites) sont avant tout des commerciaux avant d’être des professionnels du livre. Vous aurez donc beau écrire quelque chose de génial, si cela ne se vend pas, ça ne sera pas édité. On ne vit plus de l’écriture. C’est moche à dire, mais c’est vrai. Ceux qui en vivent sont très peu nombreux et publier une fois n’assurera pas forcément un revenu régulier. Je me suis d’ailleurs fâchée avec une fille de ma promo à l’IUT parce que les gens qui décident qu’ils vont se consacrer à l’écriture et qui ne réalisent pas au bout d’un moment que ça ne va pas marcher du premier coup, mais refuse de travailler pour avoir à manger dans leur assiette sous prétexte que « mon métier c’est écrivain », et bien ces gens là m’énerve grandement (et cette phrase est trop longue).

De la découle ma seconde interrogation : A quoi cela sert-il de « faire la pute » pour se faire éditer ? Par là j’entends, écrire un premier roman bateau « publiable » pour ensuite publier ce qu’on veut. Bon, je comprends je concept, bien sûr, mais ça me fait me demander en fait Pourquoi on écrit ? Pour moi un écrivain, ce n’est pas quelqu’un qui publie, c’est quelqu’un qui aime écrire, mais aussi qui écrit parce qu’il a quelque chose à dire et à partager. Écrire pour publier, je ne comprends tout simplement pas et j’irais même plus loin en disant que s’il y a tant de mauvais livres sur le marché, c’est en partie à cause de ça. (c’est là en général que je me fâche avec les gens). C’est un cercle vicieux un peu schizophrène finalement.

Attention, je ne dis pas que personne ne devrait se faire éditer et que l’édition c’est nul. Pas du tout, ce n’était pas le propos de ce très long post. Mon but était plutôt d’essayer de comprendre (éventuellement avec votre aide, vous qui me lisez) pourquoi cette folie de la publication semble toucher tout le monde sauf moi. C’est une question que je me pose depuis longtemps, donc si vous avez des réponses, je serais ravie d’en discuter. Parce que pour l’instant je n’ai jamais eu de réponse qui me satisfasse.

Lectures : Maus (Art Spiegelmann)

Maus
Art Spiegelmann
Flammarion
Prix Pulitzer 1992

Histoire (merci Wikipedia)
Maus raconte, à travers le dialogue de l’auteur et de son père l’hsitoire de celui-ci juif polonais, survivant des ghettos polonais et d’Auschwitz. Le lecteur y découvre les persécutions nazies, depuis le début de la Seconde Guerre mondiale et l’invasion de la Pologne jusqu’à l’effondrement du Troisième Reich et l’immédiat après-guerre. Témoignage sur la Shoah, cette œuvre aborde la question de la survie à tout prix quand la loi est celle du plus fort, de l’antisémitisme juste après la Seconde Guerre mondiale. Le récit du père est entrecoupé de scènes montrant des relations difficiles entre un père et son fils, la difficulté pour l’auteur lui-même, juif de la génération « d’après » d’exorciser ce terrible passé, de se construire à l’ombre d’un survivant.

Avis personnel
Wow. Maus est de ce genre de bande-dessinées qu’il faut avoir lues et qui devraient faire partie de chaque bibliothèque. Maus est ce qu’on appelle un classique et c’en est un sacrément bon qui plus est. Art Spiegelmann raconte la Shoah telle que son père l’a vécu ainsi que la difficulté d’être un survivant mais aussi celle d’en être le fils. Comment exister ? Comment se construire et comment comprendre l’horreur et l’incompréhensible. Le récit est traité avec pudeur mais sans fard, ni masque. Maus est un chef d’œuvre que chacun devrait avoir lu et qui devrait à mon goût être étudié à l’école. Un incontournable qui ne devrait certainement pas avoir besoin de moi pour que vous le lisiez si ce n’est pas déjà fait. (au cas où vous n’auriez pas compris : LISEZ-LE ! )

Note : 10/10

Le parfait de la perfection 3/3

Raison 3 : Les failles des personnages qui se retrouvent comblées comme par magie (spoilers sur Eragon vol. 1 et 2)

Vous l’aurez compris maintenant, je n’aime pas les personnages parfaits. Mais alors, ce que j’aime encore moins que les personnages parfaits dès le départ ce sont ceux qui le deviennent. C’est là qu’Eragon a été trop loin pour moi.

Lorsque j’ai lu le premier livre, je me suis dit que ce n’était pas le livre du siècle, que le scénario ne cassait pas trois pattes à un canard, mais que ça se laissait lire. Il y avait même des choses sympas. Déjà, le héros qui était un peu trop parfait et classique à mon goût se retrouvait bien handicapé par une blessure dans le dos et en plus, en voulant bénir une petite orpheline (clichééééé), il lui balançait une malédiction. Ces petites choses montrait que le héros était faillible ! Bon point donc. Seulement voilà, dans le second volume, il se rend chez les elfes avec Arya (la princesse Elfe)… déjà ça, ça me plaisait pas trop. Durant 400 p. longues et ch…. il s’entraine et essaye d’apprendre à se battre avec son handicap et en se promettant de veiller sur la petite et tout ça. Soit, c’est pas palpitant, mais pour connaître la fin, j’aurais continué à lire. Seulement voilà, non seulement il apprend qu’il existe un moyen de sauver la gamine ce qui lui enlève toute sa culpabilité, mais en PLUS, lors d’une cérémonie du sang du dragon ou je sais pas quoi, il est :
- guérit de sa blessure dans le dos
- doté d’une force extraordinaire et d’une grande beauté
- … transformé en ELFE !

Permettez-moi de m’extraire les yeux et de les piétiner pour oublier. C’est la quintessence de ce que je ne supporte pas dans un roman quel qu’il soit. J’étais déjà bien ennuyée avant, mais avec ça, Paolini (le jeune auteur qui aurait sûrement voulu être un elfe) m’a complètement perdu. Je n’avais encore jamais lu un tel degré de heu… perfectitude instantanée !

C’est aussi ce qui me donne d’ailleurs de gros apriori sur Twilight, parce que je sais certaines choses sur le déroulement de l’histoire, et sur Bella en particulier, qui me bloquent. Je vais quand même les lire pour me faire ma propre idée et arrêter de me laisser influencer de tous les côtés, mais … ouais, je ne sais pas trop ce qu’il en ressortira parce qu’il s’agit quand même de mon plus gros facteur d’arrêt de lecture immédiat.

Je n’aime pas la perfection des personnages, parce qu’un être parfait n’a aucune chance d’évoluer et que par conséquent il ne possède aucune épaisseur. Pour moi il a donc souvent autant d’intérêt qu’un pot de fleurs. Les failles sont absolument nécessaires à un personnage pour qu’il soit un reflet de la vie réelle. Imaginez un monde parfait peuplé d’êtres parfaits… franchement, on se ferait bien ch***.
Bon contre exemple d’Eragon, le cas des quatre personnages principaux d’Everworld, le roman en trois (gros) tomes de K.A Applegate.

(attention, petits spoilers mineurs sur le début de l’histoire)
Très vite résumé, Everworld est l’histoire de quatre adolescents qui se retrouvent transportés dans un monde peuplé uniquement de dieux mythologiques qui les voient pour la plupart comme de jolis biscuits à tremper dans le sang d’autres de leurs victimes.
* April, la seule fille du groupe est féministe et très chrétienne, mais vouant une haine féroce à sa sœur Senna (responsable de leur petit voyage imprévu). Ses convictions très arrêtées mais souvent paradoxales vont mettre le groupe parfois dans de bien mauvaises situations et elle sera forcée de revoir entièrement sa façon d’envisager le monde.
* Jalil, lui, est un jeune garçon très intelligent et très cartésien (il trouve des explications à tout) mais perclus de tocs qui lui pourrissent la vie. Lorsqu’il est dans Everworld, ses tocs disparaissent ce qui bien sûr le soulage grandement mais le change aussi beaucoup, ce dont il ne se rend pas compte tout de suite. Son personnage est ainsi constamment déchiré entre le Jalil du monde réel et le Jalil d’Everworld ce qui le rend très intéressant.
* Christopher. Sexiste, un peu raciste et un peu homophobe aussi. Et surtout très con. C’est le personnage qui évolue le plus à mon avis au contact des autres (surtout de Ganymède) tout en restant lui-même ce qui est quand même un tour de force!
* David. En arrivant à Everworld et en se rendant compte que la moitié des dieux en veulent à sa vie, se cher David s’oublie de peur dans son pantalon. Cet accident qu’il considère comme particulièrement honteux va le changer du tout au tout et décider de son destin dans Everworld. Résolu à prouver sa valeur, il sera celui qui voudra le plus rester dans ce monde là où il peut s’accomplir en tant qu’ homme courageux (enfin il aimerait bien, il est surtout très manipulé et manipulable).

Ainsi, en plus d’être une très jolie fable sur le passage à l’âge adulte (choix entre un monde   imaginaire et le monde réel), Everworld présente donc une galerie très intéressante de personnages tous plus faillibles les uns que les autres et qui se retrouvent à passer leur temps à fuir parce qu’il n’y a bien que ça a faire.
C’est absolument génial ! Et, si vous ne l’avez pas encore lu, je vous le conseille vivement !

Et voilà, non seulement j’ai envie de relire Everworld maintenant, mais en plus c’est la fin de mes trois petits posts sur la perfection ! La prochaine fois (mis à part les posts livres), on parlera de publication !

Le parfait de la perfection 2/3

Raison 2 : Les Mary-Sue (spoilers toujours sur Eragon vol. 1 et 2)

Premièrement, qu’est-ce-qu’une Mary Sue pour ceux qui ne sauraient pas.
Wikipedia nous en donne une définition adéquate !
[Mary-Sue est un terme péjoratif donné à un personnage de fiction représenté d'une manière idéalisée, sans défaut notable. [...] Ce qui distingue la Mary-Sue est la pureté de son caractère fantasmatique et la suridentification de l’auteur avec son personnage. Une Mary-sue a toujours raison et est toujours appelée à un destin grandiose finissant de manière épique. On trouve plus facilement des Mary-Sue de sexe féminin que masculin.
[...]
Des particularités du personnage pour le rendre plus attrayant (plus fort, plus beau, plus intelligent):
1.pouvoir(s) surnaturel(s) d’une puissance extravagante;
2.connaissances/compétences les plaçant devant les leaders mondiaux de la recherche technologique et/ou les opérations militaires ; l’auteur n’hésitant pas à les multiplier, dans des domaines extrêmement différents voire contradictoires ;
3.grande beauté rehaussée par un détail rarissime (yeux couleur Améthyste…). L’auteur n’hésite pas à la décrire en détail en exprimant à quel point tout le monde est fasciné dans son entourage;
4.possède un objet ou un animal exotique et/ou magique (batte de base-ball magique…);

En contrepartie, l’auteur peut choisir de rajouter des défauts qu’il juge intéressants à son personnage, pour éviter qu’il ne soit entièrement parfait et donc qu’il soit impossible de s’identifier à lui :
1.défaut à la mode (anorexie…) évoqué mais idéalisé ou jamais interprété;
L’auteur veut que l’on plaigne son personnage, pour qu’il en ressorte grandi :
1.un passé familial difficile, voire scabreux, impliquant négligences et abus, mais ne laissant que peu de traces dans son comportement
2.tendance au sacrifice (de sa vie ou autre). ]

Comme la quasi totalité des lecteurs, je déteste les Mary Sue parce qu’elles sont… parfaites, lisses etc… comme je l’ai déjà dit précédemment, la perfection m’ennuie. Une Mary Sue m’ennuiera  et m’énervera donc d’autant plus que je ne pourrais pas m’identifier à elle (et que j’aime bien pouvoir m’identifier!). Il y a une tonne de Mary Sue dans tous les genre de littérature et si vous n’en avez jamais croisée, estimez-vous chanceux.

Dans Eragon, la Mary Sue est une princesse Elfe du nom d’Arya qui a connu un amour tragique. Elle est évidement très belle et très forte, mais aussi très froide et malheureuse. Malgré sa grande force et sa grande dextérité, elle se fait kidnapper (forcément) et se fera sauver par… le héros (forcément). Je la trouve détestable. Eragon visiblement moins vu qu’il va très certainement finir avec elle (alors qu’il serait mieux avec la fille du chef de la résistance qui a un peu plus de classe quand même). Cliché.
Ceci dit, Eragon est un joli Gary Stu aussi (équivalent masculin de Mary Sue). Eragon  a 15 ans, est orphelin (il vit chez son oncle) et découvre un dragon « par hasard » (après on apprend qu’en fait non), il perd un peu plus tard toute sa famille parce que bon être orphelin ça ne suffisait pas. Eragon est naturellement doué pour contrôler sa bébête et devient vite la pièce maîtresse d’un jeu de pouvoir, sa mère (on l’apprend plus tard) est une elfe, il tombe amoureux d’une elfe et… lui même devient un elfe ! Ah et puis il a bien sûr un bon esprit de sacrifice comme tout(e) Mary Sue/Gary Stu qui se respecte. RAH !

Cette débauche suesque m’invite à m’interroger sur l’existence de bons personnages féminins (les mauvais n’étant pas seulement des Mary Sue). J’ai en effet remarqué que ces derniers étaient bien plus rare à mon goût que de bons personnages masculins. Où alors c’est parce que je suis une fille que je suis aussi critique. L’impression qui me vient fréquemment c’est que les auteurs qu’ils soient homme ou femme écrivent un fantasme (pas de la même nature pour l’un et pour l’autre forcément) et ça a tendance à beaucoup me frustrer.  Pourtant les bons personnages féminins existent ! J’aime toutes les femmes de Battlestar Galactica, j’aime aussi celles de Doctor Who, d’Everworld ou d’Ender (quoi que pas toutes, mais certainement pas parce qu’elles sont des Mary Sue)… Bref, j’en aime quelques unes, ce qui prouve bien qu’écrire ce genre de personnage est possible. Je les trouve cependant bien peu présentes.
Après, je suppose que les critères d’appréciation changent suivant les personnes, leur sexe et leur âge, et qu’un personnage que je trouve insipide sera aimé par d’autre, mais quand même. D’où vient cette difficulté d’écrire la femme telle qu’elle est et non telle qu’on voudrait l’être ou qu’on voudrait qu’elle soit ? Comment se fait-il qu’une femme forte devienne sous une plume maladroite une mégère ou un être trop parfait alors que sous une autre, une jeune fille deviendra une princesse à sauver avec une épaisseur digne d’une serpillère ? Dans mon esprit très cartésien, cela ne me semble pourtant pas très compliqué, mais à priori ça doit l’être. Je n’écris pas assez et surtout pas assez sérieusement pour vraiment me rendre compte du problème et je suis aussi, je pense, très exigeante en matière de personnage féminin.
L’autre jour, je me suis dit que, peut-être, ce n’était pas seulement un problème lié à l’auteur, mais que cela venait sûrement aussi de la place toujours incertaine qu’a la femme dans la société et la manière dont elle est perçue. Le lecteur reproduit ainsi des préjugés existant encore dans la vie réelle. Une femme ambitieuse, forte de caractère et n’ayant pas peur de sa sexualité sera forcément une salope et une fille réservée, une mijaurée… J’irai même jusqu’à dire qu’un lecteur sera encore plus dur en matière de personnage de fiction qu’en matière de personne réelle.

On dira donc que les torts sont quelque part sûrement partagés.

Le parfait de la perfection 1/3

A force de discuter de mauvais livres et d’avis divergents sur… la diffusion des avis justement, j’en suis revenue à penser à un des rares livres que je n’ai vraiment pas aimés. Mon but ici, n’est pas de vous dire combien je l’ai détesté et combien je le trouve mauvais, mais plutôt d’analyser les raisons qui m’ont amenée à arrêter net après deux volumes… d’Eragon (tadaaaam). Attention, spoilers sur les deux premiers livres.

Plus que l’écriture (je l’ai lu en anglais, donc si c’était mal écrit, je ne l’ai pas remarqué) ou même le scénario général (qui n’est certes pas très original, mais qui a le mérite de se tenir à peu près correctement), ce sont plutôt trois points particuliers qui m’ont ulcérée (oué, oué, ça m’arrive) et qui reviennent parfois dans d’autres choses que je lis.  Eragon a pour lui de rassembler ces trois points, ce que, même moi, je ne peux pas pardonner.

0.Que le livre porte le nom du héros… franchement, un peu d’imagination ! C’est pourri comme stratagème ! On peut l’appeler comme ça dans sa tête, mais on se creuse un peu pour trouver un vrai titre. [ceci dit, je crois que chaque bouquin a un titre propre, ce qui est déjà pas mal!]
1.Les elfes
2.La Mary-Sue
3.Les failles des personnages qui se retrouvent comblées comme par magie

Mes trois prochains articles seront donc consacrés à ces trois points précis qui me rebutent particulièrement en fantasy et parfois en SF (ce n’est donc pas uniquement lié à Eragon). J’ai discuté l’autre jour avec une copine que ces points là ne gênait pas (enfin sauf le 2e ; j’ai encore jamais trouvé de personne aimant bien les Mary-Sue, mais je suis sûre que ça existe), alors si vous avez aimé ce livre ou que vous n’êtes pas d’accord avec moi, laissez moi un mot dans les commentaires et dites moi pourquoi, ça m’intéresse beaucoup ! (dans les limites du respect et de la politesse ).

Raison 1 : Les elfes

Dire que je n’aime pas les elfes, serait faux. J’aime beaucoup le Legolas des films du Seigneur des anneaux (moins sa version bouquin) et d’une manière générale j’aime les elfes de ce livre là. J’aime les elfes (ou sylvains) de Boulet également…
Alors, me direz-vous, mais qu’est-ce que tu leur reproches ? Et bien, pas grand chose, à part que la plupart du temps, ils sont décrits comme des êtres purs, ayant la sagesse éternelle, l’intelligence, la vérité absolue et bien sûr la beauté et la force qui vont avec. Bref, ils sont parfaits et s’il y a bien une chose que je n’aime pas, c’est les personnages parfaits et sans failles, quelque soit leur nature et leur roman d’appartenance. Ca m’ennuie en fait profondément et, dans Eragon justement, le héros passe 400 p. du second volume chez les elfes qui sont tous beaux, parfaits, magnifiques et pouvant bien entendu former le héros pour qu’il soit assez fort avant d’aller pourfendre du méchant. Il y a la princesse un peu froide dont le héros est amoureux (mais c’est impossible, tout ça, parce que lui est humain… cliché quand tu nous tiens), le grand sage etc… Autant dire que j’ai eu plus d’une fois envie de me taper la tête contre le mur.

Donc, moi les elfes, je les aime :
- morts ou en voix d’extinction (genre, il en reste que deux ou trois et ils sont pourchassés, tout ça)
- crétins ou niais (… exemple le Legolas des films. Et je suis sûre de ne pas être la seule à avoir cet avis ! Je pense d’ailleurs tout simplement au réalisateur qui a quand même bien forcé sur le kitsch pour renforcer l’effet. [Oh! Une diversion!]. Bon après c’est peut-être moi qui ait un humour particulier.). Et d’ailleurs, vu que ce sont des êtres purs, je trouverais génial un bouquin où ils sont en voix d’extinction parce qu’ils sont trop cons pour savoir se reproduire et qu’ils sont décimés par genre… la pollution !
- Tarés et/ou méchants parce que tout le monde sait que l’immortalité n’amène pas la sagesse, mais simplement une folie destructrice et un bonne haine de l’humanité en général (à moins qu’on couche avec toute ladite humanité comme le Capitaine Jack Harkness, mais les elfes sont purs, ne l’oubliez pas!)

J’avoue aussi que je ne comprends pas qu’on retrouve cette espèce dans tous les bouquins possibles de Fantasy. Il y en a d’autre tout aussi interessantes, genre les lutins, les trolls, les nains (c’est fun, les nains!), les orques, les gobelins, les fées (qui sont à l’origine des sales petits machins méchants), les ogres, les sirènes (qui dans mon canon personnel sont de grosses psychopathes d’ailleurs), les incubes, les succubes et des millions d’autres (lisez donc Pratchett!)… pourquoi toujours les elfes ??? J’aurai beaucoup plus rigolé si Eragon était allé se faire bouffer par des sirènes nymphomanes.
Bref, je m’interroge… De même, pourquoi ne pas créer d’autres modèles d’elfes plutôt que de recycler toujours les mêmes ? Où sont les elfes paranoïaques, les mutants, les croisements génétiques AUTRES qu’avec des humains, les guildes vengeresses, les elfes reconvertis en agriculteurs bio… Parfois, j’ai l’impression que les auteurs manquent cruellement d’imagination !

Lectures : Simulacres (Philip K. Dick)

Simulacres
Philip K. Dick
Poche
1964


Histoire (résumé de l’éditeur)
2040. La Troisième Guerre mondiale a ravagé des zones entières de la planète et en a modifié le climat, les spots publicitaires sont vivants et sèment la zizanie, le Président est un robot, et sa femme ne vieillit pas d’un pouce depuis un siècle…
Avec la cohérence implacable de la logique paranoïaque qui le rendit célèbre, Philip K Dick, maître incontesté de la science-fiction, dépeint un monde où rien ne garantit plus la stabilité de la frontière entre la réalité et l’illusion.

Appréciation personnelle
Il y a un peu plus d’un mois, je regardais pour la première fois Blade Runner (oui, je sais, honte sur moi et sur ma descendance de ne pas l’avoir vu plus tôt) et genre, deux jours plus tard, je tombais sur ce post (oui, je sais, lorsqu’on voit la date, on voit que ma lecture date un peu – ceci dit je vous recommande ce blog, il me fait beaucoup rire ).
Du coup, je me suis dit que c’était trop un coup du destin qui me hurlait à pleine voix de lire du Philip K. Dick. Aussi, forcément comme je sais maintenant que c’est lui qui est à l’origine de Minority Report et de Total Recall plus de l’autre cité au dessus, bah ça m’a fait mal au trou de ma culture de ne rien avoir lu de lui.
Pleine de courage je suis donc allée dans ma librairie la plus proche et j’en ai choisi un au hasard (born to be wild je suis). Mon choix s’est porté sur Simulacre uniquement parce que la couverture était jolie et que le résumé me faisait triper, c’est dire la frivolité de mes critères.
Je l’ai attaqué le jour même et le lire m’a pris trois semaines ce qui est relativement long pour moi. D’une part, le roman est très dense, mais je pense aussi qu’il faut une bonne dose d’esprit « geek » ou de spécialiste de la SF pour arriver à tout comprendre en une fois. J’ai tendance à lire très vite et à parfois sauter quelques lignes si l’intrigue ne me passionne pas. Ici, c’est tout bonnement impossible car si on saute le moindre mot on est complètement perdu. Non seulement, l’écriture est loin d’être simple, mais le récit est également très riche et retors. Les personnages (nombreux) se croisent et s’entrecroisent (souvent) et si au début on a du mal à voir comment ils peuvent faire partie de la même histoire, lorsque arrive le dénouement, force est de constater que tout est relié. Autre facteur de ralentissement de la lecture ; l’ambiance. C’est pesant et même étouffant. Les scènes et les personnages s’enfoncent dans une dépression et une lourdeur qui obligent parfois le lecteur à refermer le livre pour ne pas se laisser gagner par cet ensemble de sentiments désagréables. J’ai lu par la suite que l’écriture de Philip K Dick était qualifiée de « paranoïaque » et je suis on ne peut plus d’accord.
A côté de ça, ce n’est bien sûr ni un style, ni un livre qui laisse indifférent et je pense que cela fait vraiment partie des points forts qu’une œuvre ce doit d’avoir.  L’intrigue est parfaite et bien gérée, les personnages originaux et la fin ne laisse pas du tout sur sa faim. L’histoire s’accélère dans les 50 dernières pages alors qu’elle était relativement statique avant et c’est à ce moment précis que toutes les pièces du puzzle se mettent en place et que le lecteur comprend enfin de quoi on parle. Ca tient du génie certes, mais j’avoue que j’ai souffert pour y arriver.

Mon avis est donc très ambivalent parce que je ne sais pas du tout si j’ai aimé ou pas. Cela demanderait d’autres lectures et je me laisserais peut-être tenter.

Note : … je sais pas. J’ai du mal à le juger celui-là.

Lectures : Les amants du Spoutnik (Haruki Murakami)

Première critique de l’année ! D’un livre lu en 2008 cependant (j’en ai encore quelques unes de côté)

Les amants du Spoutnik
Haruki Murakami
Editeur 10/18

Histoire (présentation de de l’éditeur)
K. est amoureux de Sumire, mais celle-ci n’a que deux passions : la littérature et Miu, une mystérieuse femme mariée. Au sein de ce triangle amoureux, chaque amant est un satellite autonome et triste, et gravite sur l’orbite de la solitude. Jusqu’au jour où Sumire disparaît… Les Amants du Spoutnik bascule alors dans une atmosphère proprement fantastique où l’extrême concision de Murakami cisèle, de façon toujours plus profonde, le mystère insondable de l’amour.

Avis personnel
J’aime beaucoup Murakami et ce n’est certainement pas le premier que je lis. L’écriture de cet auteur et son monde imaginaire dans lequel il nous invite et très particulier et peut parfois déstabiliser le lecteur occidental qui peut avoir du mal à se débarrasser de son carcan de règles trimballées depuis le primaire.
Chez Murakami, les poissons tombent du ciel, les chats parlent, les grandes roues vous transportent dans une nouvelle dimension et les disparus ne le sont jamais tout à fait, sans que cela ne choque personne. L’inacceptable est accepté et les histoires d’amour sont toujours très compliquées dans leur simplicité brute. On va donc de métaphores poétiques en réalités crues sans jamais s’attarder nul part et toujours en hésitant entre les deux.
Je pense que c’est cette hésitation constante qui me plait. On a parfois l’impression de marcher sur un fil et de ne basculer ni d’un côté ni de l’autre ; d’être juste au milieu.

Je conseille donc Les amants du Spoutnik à tous les explorateurs de littératures particulières et d’écritures originales. C’est très vite lu, joliment écrit et on peut y déceler plusieurs niveaux de lecture. En effet, derrière une histoire d’amour teintée de fantastique se cache une profonde réflexion sur le sens de l’écriture, la nature de l’ écrivain et aussi de celle du lecteur (où je me retrouve beaucoup).
En bref, ce n’est pas le meilleur Murakami à mon goût, mais peut-être un des plus accessible, à tester donc !

Note : 7/10


Introduction

Bienvenue sur Intercal{Air}e.

Vous trouverez ici des réactions à l’actualité culturelle, des comptes rendus de manifestations, des observations, éventuellement des critiques de livres.
Je tiens également à préciser que les opinions avancées ici n’engagent que moi et moi seule et que je suis bien sûre ouverte à la discussion dans les commentaires.

 

janvier 2009
L Ma Me J V S D
« déc   fév »
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031