Archive pour octobre 2008

Lectures : Muchacho (Emmanuel Lepage)

Muchacho
Emmanuel Lepage
2 volumes
Dupuis – collection air libre

Histoire
Nicaragua, 1976. Le pays est déchiré par la guerre civile et soumis à un régime extrêmement répressif.
Gabriel, jeune séminariste, arrive dans le village de San Juan pour y peindre une fresque sur le mur d’une église. Gabriel est doué – très doué même – et c’est bien pour cela qu’il a été choisi. Seulement, le prêtre local qui le loge et l’aide dans sa tache remarque très vite que si le jeune garçon possède la technique, ses peintures n’ont pas d’âmes car il ne sait pas peindre en “soulevant la peau des choses”. Il va donc lui enseigner à peindre la passion et le vivant en regardant d’un oeil neuf la vie autour de lui, en commençant tout simplement par les habitants de San Juan.
Gabriel commence donc à regarder et à dessiner. Il noircit ainsi des pages et des pages de visages et de corps plus ou moins anonymes mais découvre également la réalité d’un pays en guerre et de larépression.
De simple spectateur il va se retrouver acteur pour finir par comprendre enfin ce qu’est la réalité de ces hommes dont il couche les traits sur son cahier.

Impression personnelle
Ma première impression lorsque j’ai ouvert le livre sur la splendide première page a été de me dire : WOW ! Moi aussi un jour je veux arriver à faire ça.
je connaissais déjà Emmanuel Lepage pour son travail sur la série Névé (à lire !) mais à ma grande honte, je n’avais jamais rien lu d’autre de lui. Le gouffre entre le dessin de cette série et Muchacho est énorme. Non pas que Névé ne soit pas une très belle BD, au contraire, mais Muchacho explore les jeux de lumière en utilisant des verts vibrants mis en valeur par un jeu très riche de jaunes, d’oranges et de rouges.
Le tout est vraiment très très beau et bien entendu servi par le trait sensible et sensuel du dessinateur qui sait très bien peindre la vie en “soulevant la peau des choses”. Quelques petits exemples et la première page en question.

Si la BD n’avait été qu’un chef d’œuvre du point de vue des illustrations, elle aurait certes value la peine que l’on se penche dessus, mais Lepage réussi magistralement à allier un art consommé du dessin à un talent de conteur polémique et touchant. L’album, acclamé par la critique, vaut véritablement toutes les louanges qu’on lui fait.
Muchacho, c’est beau, c’est grand et ça fiche une monstrueuse claque ! Jamais jusqu’ici une BD ne m’avait fait une telle impression (même si j’en ai déjà lues de très très bonnes). C’est bien sûr ma sensibilité personnelle qui parle, mais je suis certaine que ce ressenti a du être partagé par de nombreuses personnes.

Je vous encourage donc vivement à ouvrir cette BD et à lui donner sa chance, vous ne serez certainement pas déçus.

Note : 10/10 (c’est le deuxième en moins d’un mois !)

Lectures : La route (Cormac McCarty)

La route
Cormac Mc Carty
Prix Pulitzer 2007

Histoire
La Route, c’est le roman de l’espoir et du désespoir et celui d’une quête impossible d’un ailleurs qui n’existe peut-être pas.
L’Apocalypse a eu lieu. On ne sait pas quand, ni comment, mais le personnage principal : L’Homme, l’a vécu. Il ne reste plus rien, la terre n’est plus que cendres, les maisons sont vides et tombent en ruine, il n’y a plus d’oiseaux, plus d’animaux et les arbres sont lourds de suie et dépourvus de feuille.
Au milieu, une route. Elle va vers le Sud et c’est pour cela qu’un père et son fils l’empruntent. Pour avoir plus chaud. Peut-être.
Ils n’ont pas grand chose à part un caddie remplit de quelques couvertures et boites de conserves, mais ils avancent quand même parce qu’il n’y a que ça a faire. Ils affrontent, le vent, le froid, la neige et la maladie ; seuls mais aussi menacé par ce qu’il reste d’une humanité tombée dans la barbarie la plus abjecte et la plus cruelle.
Désespoir donc. Mais espoir aussi, sous la forme d’un gosse qui marche et qui s’accroche à son père tout comme son père s’accroche à lui.
Espoir aussi dans le pistolet que le père transporte avec lui et qui contient deux balles ; une pour le petit et une pour lui… juste au cas où…

Appréciation personnelle

Je voulais lire ce livre depuis une éternité (au moins) quand j’ai finalement pu mettre mes pattes dessus.
En général quand j’attends un livre avec impatience, je finis toujours par être déçue parce qu’il se révèle moins bon que ce que les critiques m’en avait laissé croire.
Ici, ce ne fut pas le cas.

La Route fiche une claque monumentale à son lecteur, parce que c’est un roman d’anticipation et qu’il est “vrai”. Il est vrai dans le sens où tout ce qui est décrit pourrait très bien se produire et que cela fiche la frousse mais, il est vrai aussi à cause de l’amour égoïste d’un père pour son fils qui ne peut se résoudre à lui tirer une balle dans la tête parce que ça lui ferait trop mal de le voir mourir.
L’écriture, très hachée, sans prénoms et quasiment sans ponctuation peut surprendre au début, mais une fois qu’on a réussi à se plonger dedans, il est impossible de faire marche arrière. Les scènes d’horreurs absolues (le livre est très dur) succèdent aux accalmies dans un rythme haletant qui coupe toute possibilité de pause.
Je l’ai personnellement fini en trois allez/retour de train et une fois refermé, je me suis sentie un peu bête et désemparée par ce que je venais de lire.

Je n’aurais donc qu’un mot à dire : Lisez La route !
C’est un chef-d’œuvre !

Note : 10/10

Oral du concours de bibliothécaire territorial

Hum… ça fait de nouveau un petit moment que je n’ai plus écrit ici et pour cause… j’étais admissible au concours de bibliothécaire territorial et j’ai donc du préparer mon oral activement !
Je suis passée hier (le 13/10) à 14h30.
[épreuve : 30mn de préparation d'un texte, 10mn de commentaire, 20mn de questions]

En gros, c’était une expérience intense mais non dépourvue d’intérêt ; dure, stressante, épuisante même, mais pas horrible ou insupportable. J’en suis ressortie littéralement vidée et à l’heure actuelle je suis bien incapable de juger ma prestation (même si je sais avoir fait une grosse grosse faute que je pense impardonnable. J’ai bêtement déclaré qu’une bibliothèque intercommunale dépendait du Conseil Général alors que je SAIS que ce n’est pas ça. Après j’ai perdu mes moyens durant une ou deux minutes et j’ai répondu de manière très évasive à quelques questions que je dominais pourtant parfaitement… mais passons.). Je me suis souvent sentie bête ou ignorante et surtout très confuse mais j’espère avoir réussi à faire passer mon amour de la profession, ma motivation et mon dynamisme mais je ne sais pas si cela suffira (je suis cependant très fière d’être restée tout le temps souriante).

J’ai aussi bien sûr été piégée plusieurs fois (sur la question de la vente du patrimoine où je n’étais pas d’accord avec certains membres du jury et sur le Mécénat où les connaissances me font cruellement défaut. Cependant j’ai essayé au possible d’assumer mes convictions en argumentant tout en en reconnaissant les failles.
Bref, à voir… les résultats sont le 27. :)

Le texte que j’ai eu a étudier en première partie d’épreuve n’était pas simple (une diatribe de Regis Debray très polémique sur l’avenir du livre) parce qu’il abordait beaucoup de points épineux sur lesquels les bibliothécaires ne sont pas tous d’accord (mécénat, avenir du dépôt légal, numérisation par google, place des best-sellers en bibliothèque, notion de patrimoine…). Cela dit, il n’était pas impossible non plus et la personne passant avant moi ayant eu un texte intitulé “QCM ou dissertation”, je m’estime chanceuse !
Le jury était composé de 9 personnes ce qui était très impressionnant, mais je ne l’ai pas trouvé “méchant” comme j’ai pu le lire ailleurs. On a cherché à me mettre en difficulté et au moins deux des personnes présentes ont joué un rôle destiné à me destabiliser (la personne n’ayant aucune connaissance du vocabulaire de la culture, ni des pratiques en bibliothèque et une autre qui n’était jamais d’accord avec moi et qui a souvent levé les yeux au ciel.). Je pense avoir bien géré ce point là mais comme je suis très expressive… à voir.
Les 20mn de questions ne m’ont pas semblé durer une eternité non plus ; sans doute parce que j’étais très concentrée. Je n’ai pas regardé une seule fois ma montre du coup ; même pas pendant le commentaire de texte, ce qui fait que je ne sais pas du tout si j’ai tenu 10mn.

En tout cas je suis contente que ça soit fini, du moins pour un temps ! :)
(et je vais essayer après ça de ne plus y penser)

- – -
Quelques questions posées (ça pourra toujours servir à d’autres):
- Comment ammener un public qui ne fréquente pas la bibliothèque à la fréquenter ?
- Comment aller vers eux ? (réponse : les bibs hors les murs :D )
- Quel est le pourcentage de fréquentation ? Et celui du nombre d’inscrits ?
- Quelle est votre définition de “démocratisation” ?
- Vous parlez beaucoup des adultes, mais que faire pour les enfants ?
- Quel interet de faire une animation chez les nourrisson vu qu’ils ne lisent pas ?
- Que pensez-vous du Mécénat en bibliothèque ?
- Quelle est la différence entre Mécénat et Sponsoring ?
- Qu’est ce qu’une entreprise peut retirer en devenant mécène d’une bibliothèque ?
- Que pensez-vous de la vente du patrimoine ?
- Pensez-vous alors que le patrimoine doit rester figé ?
- Que pensez-vous de la location du château de Versaille ?
- Quel est votre parcours ?
- Comment s’inscrit la bibliothèque où vous travaillez dans son environnement ? (et c’est LA que j’ai commencé à raconter n’importe quoi -__-)
- Quelles sont les missions du département par rapport à la culture ?
- Vous connaissez les BDP ? (… parce que j’en ai pas parlé… y repenser me crispe un peu parce que je SAIS tout ça !!!)
- Quelles sont vos motivations ?
- Préferez-vous la gestion, la communication ou l’animation ?
- Que recouvre la gestion pour vous ?
- Est-ce que vous aimez ces trois missions ?
- Comment pensez-vous encadrer une équipe ?
- Alors pour vous tout est rose grace à la communication et au dialogue ? (… ahem)
- Quels sont vos centres d’interêt ?
- En quoi sont-ils utiles à la bibliothèque/médiathèque ?
- Quel est le dernier livre que vous ayez lu ?


Introduction

Bienvenue sur Intercal{Air}e.

Vous trouverez ici des réactions à l’actualité culturelle, des comptes rendus de manifestations, des observations, éventuellement des critiques de livres.
Je tiens également à préciser que les opinions avancées ici n’engagent que moi et moi seule et que je suis bien sûre ouverte à la discussion dans les commentaires.

 

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