Archive pour août 2008

Lectures : Jon KRAKAUER, Into The Wild

Jon KRAKAUER
Into The Wild
Voyage au bout de la solitude
Publié en 1996 (1997 pour la traduction française)
et 2008 pour la réédition aux Presses de la cité.

Le succès du film américain Into the Wild écrit et adapté par Sean Penn, sorti sur nos écrans début 2008 (en 2007 aux Etats-Unis) a été l’occasion pour les Presses de la cité de rééditer la biographie de Christopher McCandless écrite par Jon Krakauer : Voyage au bout de la solitude dont il a été tiré. Ce livre est issu de son propre article paru en 1992 dans la revue Outside relatant et expliquant la mort d’un jeune garçon en Alaska.

Christopher McCandless était un étudiant brillant venant d’obtenir son diplôme. Rejetant les principes de la société moderne, il partit, sans prévenir sa famille, sur la route, brûlant ses papiers et une partie de ses économies. D’abord en voiture puis à pied, il fit le tour des Etats-Unis, du Grand Canyon à la Californie en passant par le Mexique et le Texas pour finir par se rendre en Alaska. Il mit tout en œuvre pour y arriver et parvint finalement à Fairbanks en auto-stop. Il y passera cinq mois dans la solitude la plus complète avant d’y trouver la mort par accident.
On observe bien sûr des similitudes entre le support papier et l’adaptation grand écran, mais les deux ne sont pas pour autant identiques. Ils racontent bien sûr la même histoire vraie, mais ils ne l’abordent pas de la même façon. Si le film de Sean Penn est construit comme une fiction illustrée de paysages grandioses et découpé en plusieurs scènes significatives (parfois mélangées), la biographie de Jon Kakauer est ,elle, bâtie comme le journal de bord d’une enquête minutieuse de son auteur à la recherche de la véritable personnalité de celui dont il entreprend de narrer un morceau de l’existence.

L’histoire de Christopher est ainsi prise à rebours et augmentée de nombreux éléments qui ne sont pas forcément reliés directement au parcours du jeune homme. La construction, mélangeant ainsi prose biographique, interviews, références littéraires et réflexions personnelles de l’auteur peut donc surprendre et même désarçonner le lecteur dans un premier temps. Pourtant, cela fait aussi toute l’originalité de l’ouvrage et, s’il ne s’agit donc pas d’une lecture facile, elle n’en est pas moins intéressante et particulièrement instructive.

Le lecteur accompagne Jon Krakauer au fil de son enquête et de ses recherches. Il partage les mêmes interrogations et suit les mêmes pistes en ne sachant pas vraiment où cela va le mener. La biographie s’intéresse en effet moins à l’aventure de Christopher qu’à sa personnalité et à ses motivations. Qui était-il ? Que cherchait-il en abandonnant tout derrière lui pour vivre une utopie inspirée par London, Tolstoï et Mark Twain ? Telles sont les questions cruciales qui forment le fil conducteur du livre. Jon Krakauer confronte les opinions et les témoignages des différentes personnes qu’il interroge lors de son propre périple sur les traces de Christopher (il a tenté de refaire l’itinéraire) mais c’est au lecteur de se faire sa propre opinion à l’issue de sa lecture. Christopher était-il un de ces jeunes rebelles idéalistes sans cervelle pressés de partir vivre une aventure dont il ne mesurait pas les conséquences ? Ou s’agissait-il d’une quête intérieure et philosophique motivée par des sentiments plus profonds ? Plusieurs hypothèses ont été avancées : l’inconscience de la jeunesse, l’amour de la nature propre à certains citadins, ou encore la mode zen des expériences mystiques. Le livre ne donne pas de morale, ni ne fait l’apologie de l’entreprise de Christopher, il énonce des faits qu’il confronte avec d’autres faits.  Bien entendu, Jon Krakauer le reconnaît lui-même dans son introduction, certains propos sont subjectifs et l’auteur donne clairement son avis en se basant sur des expériences similaires et personnelles (entre autres une ascension tragique de l’Everest qui se termina par la mort de dix de ses participants – ce récit est relaté dans un autre de ses livres intitulé Into Thin Air), mais il ne l’impose pas et n’en fait pas une vérité.

Into The Wild est donc une lecture qui ne laisse pas indifférent, ne serait-ce que parce qu’elle traite de ce besoin que ressentent nombre de personnes de partir un jour sans un regard en arrière. Jon Krakauer nous livre le récit d’une expérience semblable et d’une quête de solitude absolue que nous pouvons vivre avec lui par procuration.

Et encore quelques liens !

Je posterai une petite critique de livres plus tard dans la journée mais je profite déjà de ce post pour faire un peu de pub à quelques nouveaux sites !

- Tout d’abord : Les yeux au ciel qui est en fait ma galerie personnelle où je poste mes photos ainsi que quelques travaux de retouche graphique. Elle devrait s’enrichir graduellement. Le lien vers ce site là est disponible de mon portail. (et hop encore un coup de pub ! )
Mais bon, je ne suis pas la seule à faire des choses sur la toile en ce moment !
- Mon papa a ainsi ouvert un blog wordpress où il poste ses photographies : Photos plaisir. Si vous aimez les insectes et la macro en général, je vous conseille d’y faire un tour, il y a de très jolies choses (et plus encore sur sa galerie qui sera bientôt remise à jour).
- Célia est également en train de travailler sur son portail et sur son site d’écriture (et j’admire la façon dont tout est coordonné !) après avoir mis à jour son book graphique. Tous ses travaux personnels sont donc disponibles et maintenant regroupés sur la toile  (et comme elle est très productive dans différents domaines, c’est appréciable ! ).

Et voilà !
Je voudrais aussi vous annoncer que j’ai trouver du travail !!! Un joli petit CDI ; ce qui m’emplit de joie et me terrifie tout autant, ce qui est normal pour un premier emploi. Je commence le 02 septembre et me verrais à priori confier le secteur multimedia !
A ce propos, on m’a demandé de me renseigner sur des logiciels libres de retouche son et vidéo. Malheureusement je n’y connais pas grand chose dans ce domaine et je suis très prise en ce moment en plus. Donc, si vous en connaissez au moins de nom, ce serait très gentil de me les indiquer en commentaire pour que j’ai déjà quelques pistes. Merci beaucoup d’avance !

Sur ce, je vais retourner à la correction de mon mémoire que je soutiens lundi à 10h ! Croisez les doigts pour moi !

Verba volent, scriba manent

Avec l’aide de mon père (parce que, franchement, sans un bon coup de main, je n’y serais jamais arrivée seule), j’ai enfin réussi à mettre en ligne mon joli portail :Scriba manent

Il présente un peu toutes mes activités sur la toile et montre en gros ce que je suis capable de faire. N’hesitez pas à aller y faire un tour et à me dire ce que vous en pensez.

Lectures : Le cycle d’Ender (Orson Scott Card)

 Le cycle Ender
Orson Scott Card
1. La stratégie Ender
2. La voie des morts
3. Xenocide
4. Les enfants de l’esprit

Courronné plusieurs fois du prix Hugo et du prix Nebula

Histoire (ne se basant que sur le premier volume)
Andrew Wiggin, dit Ender, est un petit garçon de six ans que l’on pourrait croire comme les autres, mis à part qu’il est non seulement observé par un ordinateur géant, grace à une puce branchée à la base de sa nuque, mais également un troisième enfant, position disgracieuse s’il en est. En effet, dans le monde d’Ender, être le troisième d’une famille est extrêmement mal vu par la société.
Mais Ender est intelligent, très intelligent ; plus intelligent même que sa soeur Valentine et que son frère Peter et c’est pour cela qu’il sera recruté par l’armée qui projette d’utiliser ses capacités ainsi que celles d’autres enfants pour en faire une sorte de soldat parfait capable de mettre enfin un terme à la guerre contre les doryphores (espèce extra-terrestre insectoide ayant déjà fait de gros dégats lors d’une première invasion qui n’a pu être repoussée que de justesse.)
Ender se retrouve donc dans une école de guerre et de commandement alors qu’il est à peine agé de six ans. Doté d’un instinct de survie hors du commun mais également d’un très grande sensibilité  il va devoir subir d’énormes pressions aussi bien physiques que psychologiques.  Le roman suit son évolution dans l’école, et ses progrès fulgurants en matière de commandement, stratégie et tactique, tout comme la façon dont il est manipulé par les autorités militaires. Ceci dit, ce n’est pas si simple : l’armée manipule Ender qui manipule l’armée qui l’a en fait manipulé pour qu’il la manipule… On se perd donc dans les jeux de pouvoirs et les implications qu’ils comportent pour arriver à un dénouement absolument inatendu.

Avis personnel
Les qualités du Cycle d’Ender sont nombreuses. On citera en premier lieu une écriture intelligente et fluide ainsi qu’une grande documentation et une profonde maîtrise des stratégies militaires et du thème de la manipulation.
Les personnages sont extrêmement soignés et fouillés tout comme l’est le monde où ils évoluent. Les relations entre les différents protagonistes sont finement analysées et objets de longues reflexions de la part du lecteur qui assiste parfois à des réactions et des décisions qu’il ne comprend pas.
L’aspect philosophique du Cycle est également très important et pose de nombreuses questions encore valables dans notre société moderne. Qu’est ce qu’un génocide ? Ou s’arrête la défence et ou commence le massacre de masse ? Peut-on répondre à la violence par la violence ? La lutte pour la survie excuse t’elle tout ?
Un autre thème sous-jacent est celui de la religion qui prend progressivement de plus en plus d’importance au court des volumes, car ceux ci décrivent en second plan la naissance d’un culte et le rôle du prophète.
Ces deux sujets sont traités très finement et n’alourdissent en aucun cas l’histoire à coup de bonne morale ; bien au contraire. La façon dont ils sont ammenés m’a d’ailleurs fait penser à Battlestar Galactica qui aborde des thèmes similaires.
En bref, Le Cycle d’Ender est ce que j’appelle un roman de science-fiction intelligent qui tout en racontant une histoire fait reflechir le lecteur qui s’identifiera facilement à des personnages faillibles et en remise en question constante.
Un classique du genre qui mérite donc bien son statut.

Note : 9/10

Le début de la fin

Bon, donc, le mémoire, ça c’est fait, c’est fait ! (et je sentais effectivement le besoin impérieux de le dire un peu partout)
[parce que bon... c'est un peu mon bébé accouché dans la douleur ces deux derniers mois ce truc quand même.]

Un grand grand merci d’ailleurs à toutes les personnes qui m’ont aidées !

lectures : Millenium (Stieg Larsson)

Stieg Larsson (romancier suédois)

La trilogie des Millénium
1. Les hommes qui n’aimaient pas les femmes
2. La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une alumette
3. La reine dans le palais des courrants d’air.

Histoire (ne se basant que sur le premier volume)
Mikael Blomkvist est un journaliste traversant une mauvaise passe. Attaqué en justice pour diffamation par un groupe industriel puissant, sa carrière est plus que compromise et le journal qu’il dirige voit sa cote de popularité chuter avec lui. C’est à ce moment critique de sa vie qu’apparait un curieux personnage qui va lui demander d’enquêter sur la disparition de sa nièce de nombreuses années auparavant.
Autre personnage principal : Lizbeth Salander. Perturbée, officiellement psychopathe, elle a déjà séjourné dans un asile mais est également une spécialiste de l’investigation et du piratage informatique. Elle se retrouvera entrainée dans les aventures de Mikael principalement au début par curiosité.

A travers ces personnages, Stieg Larsson dresse un portrait peu flatteur de la société moderne profondément décadente et corrompue au court d’enquêtes qui ne se privent pas de verser dans l’horreur la plus concrète servie par une écriture simple, nue et parfois crue.

Avis personnel
Ayant eu une grande période polars vers 16/17 ans, j’en ai dévoré un certain nombre avant de me lasser après deux ans de consommation compulsive. J’en ai lu des bons, des mauvais, des classiques, des français, des étrangers, des best-sellers et des trucs totalement inconnus mais, j’ai remarqué bien vite ,qu’à chaque fois, on retrouvait certains éléments récurrents “conventionnels” du roman policier. En voici quelques uns :
- le héros est souvent un homme charismatique entre 30 et 50 ans. Si c’est une femme, elle sera plus jeune et en général perturbée ou traumatisée (… j’avoue que ça a tendance à me gonfler).
- s’ils sont deux, le héros finira automatiquement avec l’héroine, même si elle a 25 ans de moins de lui (surtout peut-être d’ailleurs). D’ailleurs le héros est souvent un homme a femmes.
- Il y a toujours une fausse piste.
- Il y aura un ou une meilleure amie (et il est probable que le héros ou l’héroine finisse par coucher avec lui/elle)
- S’il y a un homosexuel, il meurt (ou alors son/sa partenaire meurt)
- Le héros est à un moment à la merci du criminel mais s’en sort quand-même.
- Il y a un traitre.
etc…

Malheureusement, la série des Millenium n’échappe pas à certains de ces clichés et cela peut éventuellement énerver la lectrice de base (pas forcément le lecteur). Cependant, si l’on sait oublier ces petits défauts, la construction de l’intrigue, le suspens, le cadre, la documentation et le style sont brillants ! L’auteur fait preuve d’une grande inventivité en mêlant différentes intrigues qui se résolvent l’une après l’autre en ne gardant parfois comme point commun que la revue Millenium. Construire un roman tournant en partie autour du monde de la finance est également assez original, surtout lorsqu’il est aussi bien documenté que celui-ci. Les personnages sont agréables à suivre bien que stéréotypés comme il se doit et les retournements de situations ne se laissent pas prévoir pour la plupart ce qui est quand même fort agréable.

Pour conclure, je dirais que la série des Millenium est une bonne série policière. Elle est bien documentée, bien écrite, agréable à lire et originale par bien des points. Ce n’est pas non plus un monument de la littérature, mais elle permet de passer un agréable moment.

Note : 8/10


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