Archive pour juillet 2008

Lectures : Les Chroniques de San Francisco (Armistead Maupin)

Sur les conseils de Célia je vais essayer de rendre ce blog un peu plus personnel en parlant de choses qui me plaisent (après tout, c’est bien le but d’un blog). J’ai donc décidé après reflexion de vous faire part de mes lectures dans un premier temps et peut-être plus tard d’autres de mes coups de coeurs. Enfin, vu que je lis une quarantaine de livres par ans, il va déjà y avoir de la matière de ce côté là. :)

Les chroniques de San Francisco
Tales of the city
Amistead Maupin
7 volumes (ou 6 + 1 vu que le dernier est centré sur un personnage en particulier)

Histoire
Mary Ann Singleton débarque à 25 ans à San Francisco pour fuir Cleveland et des parents bien trop envahissants. Séduite par la ville dès son arrivée, elle devra pourtant s’adapter et remettre totalement en question son éducation puritaine et discriminante.
Après quelques moments de flottement où elle manque plusieurs fois de rebrousser chemin, elle s’installe définitivement chez l’étrange et fantasque Mme Madrigal qui tient une petite pension sur Barbary Lane et cultive la marijuana qu’elle distribue généreusement à tous ses locataires dont Mary Ann ne tardera pas à faire la connaissance : Michael, jeune homosexuel à la recherche de l’âme sœur, Brian Hawkins le séducteur, ancien avocat désabusé et présentement serveur et Mona hippie mystérieuse et quelque peu perturbée.
Mary Ann trouvera ensuite du travail dans une agence de publicité ce qui lui fera rencontrer un nouveau panel de personnalités tout aussi loufoques que les résidents de Barbary Lane : M. Halcyon, mourant et désespéré, sa femme qui se noie dans ses repas bourgeois et ses invitations, sa fille délaissée par son mari volage et bien d’autres encore…

Tout se petit monde se croisent et  se décroisent au cœur de San Francisco dans les années 1970 puis les années 1980 au gré d’aventures parfois complètement folles mais toujours drôles et souvent tendres.

Avis personnel
Monument de l’écriture « gay » Les Chroniques, n’en sont pas pour autant de la grande littérature, loin  s’en faut. Cela se voit aussi bien au niveau du style que de la construction de l’histoire : les personnages sont stéréotypés, leurs aventures abracadabrantes et le tout aussi crédible qu’un soap opéra de base… Et pourtant, pourtant, on s’attache très vite à tous ses olibrius qui déambulent et grandissent dans cette ville qui finalement devient un personnage à part entière. On se laisse prendre au jeu et guider par une narration simple et dynamique qui se révèle efficace pour capter le lecteur et surtout le garder.
Beaucoup de chaleur et d’amour pour tous les protagonistes se dégagent également des romans ce qui les rend non seulement drôles et agréables mais également tendres en plus de brosser un portait « relativement » (j’insiste sur le relativement) réaliste de la société de San Francisco dans les années 70 puis dans les années 80.

Maupin aborde plusieurs thèmes, dont bien sûr l’homosexualité et sa culture, mais aussi la drogue, l’apparition du sida, l’acceptation de soi, la recherche impossible de l’âme sœur et l’évolution des personnalités. Enfin, il monstre surtout l’influence qu’une ville peut avoir sur un individu et sur la manière dont il mène sa vie.

Une agréable lecture en somme qui faute d’être littéraire fait passer un bon moment en compagnie de personnages attachants et finalement, on ne demande pas à ce cycle d’être plus que ça.

Note : 7,5/10

De la nécessité de savoir échouer

En ce moment, je cogite beaucoup. Déjà en temps normal, j’aime particulièrement à mettre les choses en perspective et à réfléchir à leur pourquoi et à leur comment, mais en ce moment, j’y passe sans doute encore plus de temps que d’habitude. Conséquence sans aucun doute d’une période riche en évolution personnelle et en changements (aahh l’entrée dans le monde du travail et le dilemme de la fin des études).
Qui suis-je ?
Où vais-je ?
Dans quel état ère-je ?
Et, c’était quand même bien plus facile à la maternelle, pourquoi donc doit-on devenir adulte alors que c’est tellement difficile ?
etc…

Bon, j’avoue, cette dernière question existentielle est surtout motivée par le fait que dans un laps de temps relativement court je me sois fait refusée sans un seul entretien à plusieurs offres d’embauches tout en apprenant que j’avais raté un énième concours où je n’avais de toute façon que très peu de chances.

Je n’aime pas échouer. Personne n’aime échouer. Après, il y a les personnes qui savent prendre l’échec avec philosophie et celles qui le prennent à cœur plus que de raison. Jusqu’à il y a peu j’appartenais plutôt à la seconde catégorie. J’aime être bonne dans ce que je fais, j’aime faire du bon travail et qu’il soit reconnu comme tel, j’aime me sentir utile… Il m’a fallu un certain temps avant de comprendre que rater un examen ne me remettait pas forcément en cause en tant que personne, ni ne signifiait que je n’étais pas bonne dans le métier que j’ai choisi. Je me rappelle même d’une époque où une simple mauvaise note en classe me mettait dans tous mes états et me plongeait dans des abîmes de stress qui me font un peu honte aujourd’hui. Pourtant, ce n’était pas la première fois que je ratais quelque chose et certainement pas la dernière.

Apprendre à rater et à continuer, s’acharner jusqu’à y arriver, franchement, ce n’est pas facile. On a beau savoir que “Non, ce n’est pas grave.” et qu’il suffit de savoir remonter en selle, parfois on a quand même envie de tout envoyer bouler et de se rouler en boule dans une bonne couverture d’auto-apitoiement parce que bon “de toute façon, c’est l’époque qui veut ça.”, “C’est pas facile pour vous les jeunes.” etc…

Mais bon, en attendant ce n’est pas ça qui va me donner du travail ni m’empêcher de me faire du mauvais sang sur mon devenir une fois septembre venu. Du coup, je vais continuer à répondre à toutes les annonces que je vois passer, continuer à passer les concours jusqu’à ce que j’en ai un et sans doute continuer à douter de moi par la même occasion pendant un petit bout de temps.

Et puis, après tout, tous ces gens qui ne me veulent pas… et bien ils ne savent pas ce qu’ils ratent ! :p

Pour finir encore sur une note positive, j’ai fini mon dernier stage avec une très bonne appréciation et j’ai passé la 50ème page de mon mémoire ! Wouhou ! Après avoir changé 36 000 fois d’arrangements de plans et m’être posé de graves questions existencielles, genre : Quand est-ce qu’on développe les nombres et quand est ce qu’on les laisse en chiffres ??? (si vous avez une réponse…).


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