La Bibliothèque Universitaire des Arts où j’effectue une partie de mon stage a été inondée dans la nuit du jeudi 13 au vendredi 14 mars. Il semblerait qu’une canalisation se soit bouchée, ce qui a provoquée une grosse fuite dans les murs. La bibliothèque étant située au sous-sol du Palais Universitaire de Strasbourg (donc pas spécialement en zone inondable), ça m’a pour le moins surprise le matin d’arriver et de voir de grosses flaques ainsi que plusieurs dizaines de livres trempés.
Toute la partie architecture a été endommagée ce qui est une catastrophe, pour une bibliothèque aussi petite que celle-ci mais contenant tout de même des ouvrages rares et chers. Une des premières choses qu’a fait la conservatrice après avoir séparé dans un premier temps les ouvrages secs des ouvrages mouillés a été de téléphoner pour voir si l’assurance pourrait couvrir les dégâts. A ma grande surprise ça n’est pas le cas. Je n’ai pas très bien compris pourquoi, mais il semblerait que ça ait avoir avec le fait que l’Etat soit son propre assureur.
Nous avons donc entrepris (à 4) de sauver le maximum de livres avec les moyens du bord qui comprenaient : quatre sèche-cheveux, une chaufferette, du sopalin (a intercaler entre chaque pages) et des étudiants volontaires. Il fallait être assez rapide et efficace pour éviter que les pages ne collent entre-elles en séchant ou ne gondolent trop mais nous avons réussi à « sauver » une vingtaine d’ouvrages sur les quarante qui avaient été mouillés. Ils ont malheureusement doublé de volume mais mis sous presse devraient dégonfler rapidement.
Le reste sera racheté vraisemblablement s’il est possible de le faire.
J’ai eu quelques cours sur la gestion d’une inondation et on nous avait entre autre parlé d’un lyophilisateur (une grosse machine qui congèle puis assèche totalement les livres). La BNF en a un et dispose d’un service d’aide en cas de sinistre (je crois) et je me suis du coup demandée si la BNUS n’avait pas le même genre de dispositif (il faudra que je demande lors de mon stage). Ce qui est certain c’est que la BU d’Art n’avait certainement ce genre de chose à sa disposition (trop petite, pas de budget, pas « assez » de dégâts).
De toute façon, elle ne devrait pas se trouver en dessous des canalisations. C’est un non-sens… Un déménagement est prévu sur le long terme, mais en attendant, faute de moyen, elle reste là où elle est, et est en plus bien trop étroite pour envisager un réaménagement de l’espace pour protéger les livres.
Je suis peut-être un peu polémique mais je me demande si la même chose se serait produit d’une telle façon, s’il ne s’agissait pas d’une bibliothèque d’Art mais d’une bibliothèque de sciences dures… Parce que force est de constater qu’à Strasbourg, ces dernières possèdent un bâtiment qui leur est dédié, spacieux et certainement pas perclus de canalisations passant juste aux dessus des étagères…