octobre 2007


http://www.ritournelles.fr/
Ritournelles est un petit festival de poésie contemporaine ayant lieu tous les ans à Bordeaux (cette année du 10 au 16 octobre). Le thème abordé était cette fois ci “la poésie contemporaine dans sa relation avec la musique, les univers sonores et multimédias”. Performances, lectures, installations, concerts étaient au menu de cette manifestation que beaucoup ont qualifié d’hybride.
Grace à l’IUT qui cherchait des étudiants pour interviewer certains intervenant, j’ai pu assister au festival et converser avec trois des artistes (Patrick Bouvet, Julien Blaine et Eddie Ladoire) chose que je n’aurais peut-être pas fait naturellement vu que je n’y connais presque rien en art contemporain et qu’il s’agissait là de textes/musiques loin d’être accessibles par tous.
Ce fut pourtant extrêmement instructif et j’en garde un excellent souvenir vu que certaines discussions m’ont fait m’interroger sur plusieurs sujets dont celui de mon orientation professionnelle. De plus, j’ai particuliairement aimé les livres de Patrick Bouvet que j’ai pu lire lors de toute la période de préparations des interviews.

Bon… j’avais tapé beaucoup d’autres choses sur ce festival et il se trouve que ma clef usb m’a tout avalé par je ne sais quel prodige.
D’une part c’est très frustrant et d’autre part, je ne vais pas avoir le temps durant cette semaine de stage de taper à nouveau un compte rendu complet donc je vais essayer de résumer en une ou deux phrases la conclusion à laquelle j’étais arrivée :
“Il est important de savoir se confronter à des choses différentes de ce qui fait notre ordinaire ; on est parfois surpris de ce qu’on arrive à découvrir et à en retirer malgré la montagne d’a priori qu’on pouvait avoir au départ.”
[ce qui fait très cliché et pompeux quand on le sort des deux pages de réfléxion qui accompagnait tout ça auparavant]

“il voit
les premières lueurs de l’aube
la courbure de la Terre
il inspire
il expire
l’espace
il veut atteindre
le bien-être absolu
il va se torturer
jusqu’au coucher du soleil” (p. 11 - Client Zéro - Patrick Bouvet).

[PS] : le festival ainsi qu’une note de synthèse faite en cours m’a également fait réfléchir sur les “intellectuels” et leur rôle dans la société actuelle mais c’est encore trop frais pour que j’en tire un raisonnement au moins un peu structuré.

Les commentaires sur la note précédente ainsi qu’une discussion animée sur les bibliothèques universitaires et leur état de délabrement m’ont amené à réfléchir à tout ce qu’il reste à faire dans le petit (en fait pas si petit que ça) monde des bibliothèques.

Il y a beaucoup à faire, c’est indéniable et beaucoup d’entre nous en sont conscient. C’est vrai, que dire à l’heure de la numérisation de masse et de bibliothèque numérique européenne quand on se trouve face à une bibliothèque dont le catalogue est encore sur minitel alors qu’elle est située dans une ville de 10000 habitants ? Et ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

La formation que je suis souligne ce genre de chose et nous oblige à y réfléchir.

- Et si on ouvrait les BU la nuit comme aux Etats-Unis, en Angleterre et au Danemark ?

- Et si on ouvrait le dimanche ?

- Et si on distribuait aux premières années des fascicules leur donnant par filières les banques de données et les périodiques en ligne auxquels ils ont accès grâce à leur BU (qui paye des fortunes pour les dits-abonnements qui ne sont que peu utilisés) ?

- Et si on rendait obligatoire la formation à la recherche documentaire en BU ?

- Et si on diversifiait les taches du bibliothécaire en en faisant ainsi un médiathécaire ?

- Et si on rendait tout gratuit ?

- Et si on pouvait autoriser XX documents empruntés plutôt que seulement X et pour une durée plus longue ?

- Et si on rendait possible dans tous les établissements la réservation et la prolongation par mail ?

- Et si on organisait plus d’animations ?

- Et si on améliorait la communication (désastreuse) autour des évènements pour attirer plus de monde ?

- Et si on développait tel réseau pour donner accès aux documents à tel public ?

- Et si…

Les idées ne manquent pas et elles sont quasi toutes bonnes et appliquées ailleurs ou dans certains grands établissements.

Cependant pour que de telles améliorations soient possibles cela demande des moyens matériels et humains. C’est justement là que le bas blesse. Cette année encore le budget alloué aux BU a baissé de plusieurs millions. Au régime sec les BU.

Ensuite, il est question de ne pas remplacer les bibliothécaires partant à la retraite. Personnellement je trouve du coup difficile le renouvellement et la modernisation des structures. La moyenne d’âge des bibliothécaires était de 47 ans en 2004 je crois… Et, sans faire de généralités, mais pour y avoir assisté en tant ne serait ce qu’usager, je peux vous dire que beaucoup de bibliothécaires de petits établissements et atteignant un certain âge se désintéressent de l’informatisation et des efforts à faire dans certains domaines. Certains même ne voient pas plus loin que le livre et n’ont pas l’envie ou le courage d’aller argumenter auprès de leur élu pour réclamer plus de moyens et rendre leur établissement plus attractif (alors que c’est ce qu’il faudrait faire en ce moment ! Avec les élections, les élus sont beaucoup plus souples tout d’un coup.). Le personnel n’est souvent pas ou peu formé quand il ne s’agit pas de bénévoles sans formation du tout qui font avec les moyens du bord.

Il est vrai aussi qu’il est extrêmement facile de se perdre dans toutes les innovations technologiques qui nous tombent dessus mois après mois. A peine a-t-on compris à quoi servait un « blog » qu’on doit se pencher sur les « widgets » et autres « fils rss ». J’ai 22 ans et j’ai du mal parfois alors j’imagine ce que cela doit être pour des personnes atteignant la 50aine et n’ayant pas d’intérêt particulier pour l’informatique…

Les possibilités sont là mais il est extrêmement difficile de les mettre en œuvre même avec toute la meilleure volonté du monde car à moins d’être un gros établissement aux moyens conséquents et au personnel « tournant » (il est connu que rester dans une même bibliothèque trop longtemps est très mauvais pour la motivation et l’innovation *cf. Les Bibliothécaires face au public d’Anne Marie Bertrand*) il n’est pour l’instant pas possible de mettre tout cela en œuvre. Et même… si vous demandez à la BNF ou à la BPI on vous répondra que le budget est insuffisant. Le budget est toujours insuffisant (dixit ma professeur de Gestion).

Faut-il se plaindre après si la culture a une mauvaise image ? Elle n’a que peu de moyens de se vendre.

(Ceci dit et pour terminer sur une note positive : Nous sommes beaucoup à vouloir faire changer les choses et on observe depuis deux ou trois ans un rajeunissement du personnel de direction… A suivre.)

Tout d’abord, qu’est ce que Lire en fête ? Et bien, c’est l’équivalent de la Fête de la musique mais pour la lecture.

Le seul petit souci c’est que c’est une manifestation bien moins médiatisée et qu’elle n’atteint au final qu’un petit nombre d’individus (et c’est assez dommage selon moi). D’ailleurs, quand j’étais encore à Strasbourg, je n’en avais jamais entendu parler ce qui est tout de même étrange vu que je fréquentais assidument les bibliothèques qu’elles soient universitaires ou municipales pour préparer mes concours.

Enfin bref, toujours est-il qu’à Bordeaux, la communication s’est mieux faite (bon, il faut dire qu’être dans un IUT des métiers du livre qui distribue un programme aide aussi considérablement) et j’ai donc pu participer dans ce cadre à la « Nuit de l’écrit » au musée d’Aquitaine.

La « Nuit de l’écrit » c’est en très résumé une ballade dans le musée la nuit (entre 20h30 et minuit), le parcours étant agrémenté d’animations, de lectures et d’ateliers. Le petit groupe d’étudiants dans lequel j’étais n’a bien sûr pas pu tout voir, mais nous avons quand même déambulés jusqu’à la clôture entre les collections en nous arrêtant régulièrement quand nous n’étions pas tout simplement alpagués par les organisateurs qui nous guidaient vers certaines choses que nous ne serions peut-être pas allés voir de nous même.

Nous avons donc pu participer à un atelier de calligraphie, écouter des contes africains, voir la création d’une planche de BD en direct (sur écran géant) au rythme de tam-tam (qui se sont accordés sur une danseuse improvisée jaillissant de l’assistance), rencontrer une conservatrice qui nous a parlé des albâtres de St Michel (elles ont été volés en 1984 et personne ne s’en est aperçu pendant 10 ans) et assister à une adaptation théâtrale d’un livre sur les femmes du monde entier (Elles disent…).
C’est une des manifestations culturelles que j’ai le plus appréciée pour l’instant et le concept du musée ouvert la nuit m’a personnellement beaucoup plu ; le bâtiment et tout son contenu prennent tout de suite une autre dimension vers minuit. Le tout restant en plus très convivial et très accessible (ce qui n’est pas forcément le cas partout, mais je parlerai de Ritournelles un autre jour.)

A faire donc, un jour si vous en avez l’occasion. Je tiens d’ailleurs à dire que Lire en fête s’étale sur tout le week-end et que si vous habitez dans une grande ville, des activités sont forcément organisées.

Bienvenue sur Intercal{Air}e.
Ce blog est un blog à vocation professionnelle. Par là, j’entends qu’il parlera principalement de sujets ayant trait à ma formation de bibliothécaire/médiathécaire. Vous trouverez ici des réactions à l’actualité culturelle, des comptes rendus de manifestations, des observations, éventuellement des critiques de livres et même l’état d’avancement de mon futur mémoire.
Je tiens également à préciser que les opinions avancées ici n’engagent que moi et moi seule et que je suis bien sûre ouverte à la discussion dans les commentaires.

Pour me présenter simplement :
Prénom : Marie.
Etudes : En cours d’Année spéciale d’un DUT métiers du livre et des bibliothèques à Bordeaux (IUT Michel de Montaigne). Déjà détentrice d’une licence en lettres modernes.
Projet de mémoire : Etablir un parallèle entre le phénomène du colportage avant sa disprition au 19ème siècle et les actions des bibliothèques actuelles vers les personnes n’ayant pas accès à leur établissement.
Projet professionnel (sur le très long terme) : Développer les réseaux et partenariats entre les bibliothèques et les hôpitaux